mercredi 15 février 2017

Musée subaquatique (Jason deCaires Taylor sculpteur)

Jason deCaires Taylor (né le 12 août 1974) est un sculpteur figuratif britannique, spécialisé dans les sculptures sous-marines. En 2006, il crée le premier musée sous-marin de sculptures à Molinere Bay, dans l’île de la Grenade, aux Antilles. Il récidive en 2010 avec son musée subaquatique d’art situé dans les eaux turquoises de Cancún, au Mexique. Il semble que Marseille ambitionne d’accueillir à son tour un parc aquatique de sculptures et de s’inscrire ainsi dans un circuit international de musées sous-marins.
La Provence, 15 février 2017

jeudi 2 février 2017

Diane et Actéon (Auguste Carli sculpteur)

Le mois dernier, j’ai acheté aux enchères un grand bas-relief en plâtre (66 x 95 cm) d’Auguste Carli (1868-1930) représentant Diane et Actéon. Le sujet mythologique s’inspire des Métamorphoses d’Ovide (livre III, vers 131-252) au moment où le chasseur surprend la nudité de la chaste déesse et de ses nymphes au sortir du bain. Diane tend un doigt accusateur vers jeune homme avant de le transformer en cerf que ses chiens dévoreront.

Auguste Carli, Diane et Actéon
Bas-relief plâtre, 1904, collection personnelle

Carli l’expose dans l’atelier familial, sis n° 6 de la rue Neuve (auj. rue Jean Roque), en décembre 1904. Elzéard Rougier (1857-1926) en parle de la sorte : « Les amateurs apprennent avec joie que l’éloquente maquette du haut-relief de la Caisse d’épargne d’Auguste Carli est offerte à leur acquisition. Rien de plus grandiose pour l’ornementation d’une cheminée. Du même jeune et célèbre auteur, rappelons la Chloé, buste idyllique ; La Fuite en Égypte, Diane et Actéon (bas-reliefs) si expressifs. »[1]
Eugène Rostand (1843-1915), le président de la Caisse d’épargne des Bouches-du-Rhône, s’opposera à la commercialisation de la maquette de son décor. Par contre, Diane et Actéon finit bien en dessus de cheminée dans une propriété cossue du quartier Monticelli. Récemment descellée comme le montrent quelques accidents sur les bords et des traces de mortier, l’œuvre s’est ainsi retrouvée sur le marché de l’art.


[1] Elzéard Rougier, « L’atelier-musée de François Carli », Le Petit Marseillais, 16 décembre 1904

vendredi 6 janvier 2017

Le poète marseillais Paul Rougier (Henri Lombard dessinateur)

J’ai acquis en décembre dernier un portrait à l’encre et rehauts de gouache du poète marseillais Paul Rougier (1849-1899) par le sculpteur Henri Lombard (1855-1929).

Henri Lombard, Paul Rougier
Dessin, vers 1899, collection personnelle

Paul Rougier (Marseille, 18 octobre 1849 – Marseille, 15 mars 1899) est le fils de l’architecte marseillais Joseph Jérôme Rougier (1823-1874). Célibataire et rentier, il est poète (Les Rêves, 1887 ; Dixains sur des fleurs de Provence, 1899). Plusieurs de ses poésies sont mises en musique et deviennent des mélodies à la mode dans la bonne société phocéenne à laquelle il appartient : « Si vous aviez des ailes » (1883), « Berceuse » (1894), « Rêve silencieux » (1894)…
Henri Lombard est un proche de la famille de Paul Rougier. Il réalise ce portrait dessiné sans doute peu après la mort du poète. En 1901, l’éditeur marseillais Henri Michel (1861-1944) publie les derniers poèmes de Rougier avec, en frontispice, la gravure dudit dessin… lequel fait alors partie de sa collection.
Quelques années plus tard, le sculpteur réalise un buste intitulé Les Lauriers à la mémoire du poète. Ce buste allégorique qui existe en différents matériaux (terre cuite, plâtre, pâte de verre…) est exposé dans diverses manifestations : Salon de la Société des artistes français (1907, n°3085) ; exposition internationale d’électricité de Marseille (1908, n°551) ; exposition franco-britannique (1908, n°984). Par ailleurs, le sculpteur offre un buste en marbre à Marguerite Rougier (1891-1949), nièce de Paul Rougier, à l’occasion de son mariage à Marseille avec Henri Eiglier (1885-1916) le 25 avril 1911. L’œuvre est dédicacée « à Henri et Marguerite / Eiglier affectueusement / H Lombard ». Elle figure une jeune femme mélancolique entourée de fleurs – à mon sens des pivoines – et fait sans doute référence à un poème de Rougier tirée des Dixains sur des fleurs de Provence, tout comme Les Lauriers susmentionnés.

Henri Lombard, Les Pivoines
Buste en marbre réapparu sur le marché 
de l’art parisien en avril 2016
Ensemble et dédicace


Addenda du 11 janvier 2017 : J’ai trouvé sur Ebay un exemplaire des Dixains sur des fleurs de Provence. Apparemment, le buste que j’ai intitulé Les Pivoines ne puise pas son inspiration dans ce recueil. Par contre, j’ai découvert que chaque poème est dédicacé ; « Les Lauriers » sont dédiés à Henry [sic] Lombard et « Les Lauriers-Roses » à son frère, l’architecte Frédéric Lombard (1850-1906).

lundi 2 janvier 2017

L’archer (Gaston Cadenat sculpteur)

J’ai trouvé sur Internet une carte postale ancienne représentant L’Archer de Gaston Cadenat (1905-1966). La statuette haute de 42 cm, exposée au Salon de la Société des artistes français de 1933, a été acquise par la Ville de Marseille pour le tout nouveau musée Cantini en cours d’aménagement.

Gaston Cadenat, L’Archer
Carte postale


L’évocation de ce sculpteur rare à Marseille est l’occasion de vous souhaiter une belle et heureuse année 2017… Une dixième année de chasse à la statue marseillaise est officiellement ouverte !

mercredi 14 décembre 2016

Paul Gondard à l’école des beaux-arts de Marseille

En septembre dernier, on m’a proposé l’acquisition d’un petit fonds d’archives privées liées au sculpteur marseillais Paul Gondard (1884-1953). Dans ce lot, se trouve une très belle photographie du jeune artiste, âgé de 22 ans, à l’école des beaux-arts de Marseille en 1906 (légende au dos). On le voit à côté de sa sellette sur laquelle repose un buste en terre en cours de réalisation.

Anonyme, Paul Gondard à l’école des beaux-arts de Marseille
Photographie, 1906, collection personnelle

Cette même année 1906, Paul Gondard reçoit plusieurs prix à l’école des beaux-arts, notamment le prix Cantini de la tête d’expression en sculpture doté de 100 francs... peut-être le buste de la photo. C’est également à cette époque qu’il réalise ses premières œuvres connues, les bustes de son père (1906) et de sa mère (1907) ; leurs photos sont conservées aux archives municipales de Marseille, dans un important fonds d’archives privées du sculpteur (95 ii).

Paul Gondard, Mon Père (1906) et Ma Mère (1907)
Archives municipales de Marseille, 95 ii 5

jeudi 1 décembre 2016

Jean-Baptiste Dellepiane

La fondation Regards de Provence est assurément le musée qui offre aux Marseillais la programmation la plus riche et la plus intéressante. Elle le prouve encore avec sa nouvelle exposition qui, du 7 octobre 2016 au 23 avril 2017, met à l’honneur le peintre et affichiste David Dellepiane (Gênes, 1866 – Marseille, 1932).

Affiche de l’exposition Dellepiane – arts et modernité

Je me souviens bien de l’exposition consacrée à ce peintre qui s’était tenue au palais de la Bourse en 1999 ; eh bien, l’exposition de Regards de Provence évite la simple redite. Mieux ! Elle m’a fait découvrir un sculpteur que je ne connaissais pas : Jean-Baptiste Dellepiane (Gênes, 1864 – Marseille, ?), frère de David.
Les deux garçons sont les fils de Vittorio Dellepiane, un ébéniste d’art réalisant de la sculpture sur bois pour orner les navires. Jean-Baptiste suit la voie paternelle et devient sculpteur sur bois dans l’atelier de l’ébéniste de marine Chabrol. Durant l’Entre-deux-guerres, il produit des pièces d’art, mais – à ma connaissance – ne participe à aucune exposition artistique locale ou nationale. Les sculptures exposées appartiennent à la famille de l’artiste.

Jean-Baptiste Dellepiane, David Dellepiane, buste en bois, 1933

Jean-Baptiste Dellepiane, Dolce riposo, statuette en bois, 1921

Jean-Baptiste Dellepiane, Moine en prière, statuette en bois, 1929

vendredi 25 novembre 2016

Dénouement inattendu du monument à Gyptis et Protis

C’est au tribunal que s’est terminée l’histoire du Monument à Gyptis et Protis, ce que révèle La Marseillaise du 23 décembre 1970. Il s’agit en effet de déterminer s’il y a eu tromperie !

La Marseillaise, 23 décembre 1970

Paul Goyet, président du comité dudit monument, prend contact au début des années 1960 avec le sculpteur et peintre Jean-Charles Lallement (Paris, 1914 – Le Grau-du-Roi ?, 1970), surnommé Bacchus. Cet artiste installé au Grau-du-Roi, lauréat en 1942 du Grand  Prix de Rome de gravure en médailles, prétend alors côtoyer les géants de son temps tels Le Corbusier (1887-1965) ou Picasso (1881-1973). Or Goyet souhaite justement qu’il serve d’intermédiaire auprès du peintre catalan.
Lallement et Picasso se rencontrent en 1964, parlent de leurs travaux. Abordant au passage le Monument à Gyptis et Protis, Picasso griffonne une idée sur un bout de papier que Lallement ramène comme un trophée. Il s’autoproclame aussitôt exécuteur de la pensée du maître et le comité croit dès lors avoir engagé les services de Picasso.
Lorsque la maquette réalisée par Lallement est présentée au palais du Pharo comme étant une œuvre de Picasso, le bruit remonte jusqu’aux oreilles de celui-ci qui aussitôt dément. Le comité licencie brutalement le sculpteur parisien qui, immédiatement, riposte par une demande de dommages et intérêts à titre de préjudice.
Au final, aucun monument n’est à ce jour érigé à la gloire des fondateurs mythiques de Marseille !