mardi 26 février 2008

Enseigne de l'atelier Carli (Auguste Carli sculpteur)

Le 31 janvier 2008, j’ai participé à un colloque à Bordeaux sur le sujet suivant : Marché(s) de l’art en province, 1870-1914. Mon intervention portait sur « L’atelier-musée des frères Carli et la promotion de la sculpture religieuse à Marseille » ; elle était l’extension logique d’une notice que j’avais consacrée à cet atelier-musée dans le cadre d’une exposition photographique intitulée Tête à tête (Préfecture des Bouches-du-Rhône, Journées du Patrimoine 2007).


Auguste Carli, Enseigne de l’atelier Carli, 1900
6, rue Jean Roque (ex-rue Neuve), 1er arrondissement

Auguste Carli, Porte latérale du porche central,
Grand Palais, Paris, 1900

Auguste Carli (1868-1930), qui obtient un second prix de Rome en 1896 et une médaille de 3e classe au Salon de 1898, reçoit sa première commande de l’État le 30 janvier 1900 : deux figures d’enfants jouant avec un mascaron grotesque pour les linteaux des portes latérales du porche central du Grand Palais de l’Exposition universelle de Paris, moyennant une somme de 7 000 francs. Il soumet à la commission deux motifs plaisants, notamment « un enfant mutin saisissant dans ses mains la corne d’un masque de faune et s’arc-boutant de ses pieds potelés contre la joue barbue, velue, du satyre ».1
Fils d’un mouleur marseillais, l’artiste remploie ces décors, mineurs par leur taille mais importants pour l’essor de sa jeune carrière, afin d’ennoblir la façade simple de l’atelier familial. Et dès lors, sous la gestion de son frère cadet François (1872-1857) – mouleur et sculpteur lui-même –, le modeste local devient un lieu culturel important. S’il garde sa fonction d’atelier – Élie-Jean Vézien (1890-1982), futur prix de Rome de sculpture et directeur de l’École des Beaux-Arts de Marseille, y fait son apprentissage –, il est aussi boutique et salle d’exposition : ici sont organisées, entre 1902 et 1914, des rétrospectives de Vierges mêlant les moulages de Madones italiennes de la Renaissance aux productions contemporaines des frères Carli ou de leur ami Paul Gonzalès (1856-1938).
L’atelier Carli connaît bientôt une notoriété qui dépasse le cadre régional : Sarah Bernhardt (1844-1923), actrice mais aussi statuaire, le visite ainsi en octobre 1909. Aujourd’hui, l’endroit a retrouvé son anonymat et seule l’enseigne témoigne désormais de ce passé prestigieux.

1 Ponsonailhe (Charles), « L’art à l’Exposition de Paris 1900. La statuaire du Grand Palais », L’Exposition de Paris 1900, 1900, t.II, p.268

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