mercredi 5 mars 2008

60, rue de la République (Adolphe Royan sculpteur)

Je poursuis aujourd'hui le dépouillement de mes notices pour Figures en façades :
dessus-de-porte, 60 rue de la République, 2e arrondissement


dessus-de-porte, 60 rue de la République (2nde entrée), gravure
La rue de la République, ex-rue Impériale, est percée en 1862-1864. Pour autant, elle n’est pas entièrement lotie dans la foulée : seuls dix-huit immeubles à loyers sont construits en 1866. Les appartements, sombres et organisés autour de courettes minuscules, n’incitent pas la riche bourgeoisie à louer. De fait, l’opération immobilière se transforme en fiasco, entraînant de graves difficultés financières même chez des spéculateurs aussi aguerris que les banquiers Pereire. Finalement, le lotissement de cette artère de type haussmannien s’échelonne jusqu’à la première Guerre mondiale.
L’immeuble Boyer, du nom de son propriétaire André Boyer, est bâti en 1895. Deux entrées desservent une trentaine de logements. Selon toute vraisemblance, il s’agit là encore d’un placement : en effet, André Boyer déménage dès 1899, sans doute pour investir ailleurs. Toutefois, il se démarque de ses homologues investisseurs par l’important traitement plastique qu’il accorde aux dessus-de-porte.
Pour ce faire, il sollicite Adolphe Royan (actif à Marseille de 1889 à 1906) qui, jusqu’alors ornemaniste, gagne ici ses galons de sculpteur. Ses figures – une jeune fille d’un côté et un garçonnet de l’autre – s’inscrivent dans un fronton interrompu, sur des cuirs enroulés maniéristes, et sont entourées des produits de l’agriculture provençale (blé, raisin, olives, laurier). L’ensemble, d’un goût néo-baroque, se révèle fort décoratif. L’un des motifs, gravé puis publié dans la revue Matériaux et documents d’architecture (vol.7, n°353, 1901-1902), devient même le modèle-type du couronnement de porte… Une chance puisque ce décor est aujourd’hui détruit ; seul subsiste son pendant.

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