vendredi 18 avril 2008

Jeanne d'Arc (Adolphe Royan sculpteur ?)

Voici une notice issue de l’exposition Figures en façades (Préfecture des Bouches-du-Rhône, journées du patrimoine 2005) :

Adolphe Royan ?, Jeanne d’Arc, statue en pierre, 1895
Immeuble Casile, 35 rue de la Bibliothèque, 1er arrondissement

Cet immeuble, sis à l’angle de la rue de la Bibliothèque et de la place Jean-Jaurès (ex plaine Saint-Michel), est construit à l’instigation d’un certain Pierre Casile. Celui-ci n’y réside que quelques années, le temps de faire fructifier son investissement. Il perçoit notamment les loyers de ses locataires et des bains publics qui occupent dès l’origine le local commercial.
À l’instar de nombreux bâtiments de Marseille, l’immeuble abrite une statue d’angle. Il s’agit traditionnellement d’une effigie religieuse – une Vierge ou un saint protecteur – placée dans une niche. Cependant, le traitement diffère ici par sa monumentalité : couronnant une colonne et un chapiteau ouvragé, une Jeanne d’Arc plus grande que nature se dresse fièrement, épée à la main et bannière au vent. La sculpture, vraisemblablement œuvre d’Adolphe Royan (actif à Marseille de 1889 à 1906) d’après les traces de signature, apparaît totalement solidaire de l’architecture et date assurément de la construction.
Le choix de cette iconographie soulève toutefois plusieurs questions. En 1895, la Pucelle d’Orléans n’est encore qu’une héroïne populaire (béatification en 1909 ; canonisation en 1920). De fait, elle ne répond sans doute pas à la montée de l’anticléricalisme en France. Par contre, elle est strictement contemporaine du Monument des Mobiles de la guerre de 1870, sis à l’intersection de la Canebière et des allées de Meilhan. Elle semble donc relever davantage de l’esprit revanchard consécutif à la perte de l’Alsace-Lorraine. Reste le blason présent sur le chapiteau : peut-être désigne-t-il la famille Casile puisque ce ne sont pas les armoiries de Jeanne d’Arc.

Aucun commentaire: