jeudi 17 avril 2008

Hôtel Aldebert (Émile Aldebert sculpteur)

Suite de Tête à tête :


Hôtel Aldebert, 11, rue Louis-Maurel (ex-rue de l’Obélisque), 6e arrondissement

Dès 1851, Émile Aldebert (Millau, 1828 – Marseille, 1924) participe aux expositions de la Société artistique des Bouches-du-Rhône où il montre de plaisantes statuettes mythologiques, des allégories et des portraits. Toutefois, c’est comme ornemaniste qu’il se forge une renommée. De fait, on le croise sur de nombreux chantiers marseillais du Second Empire, notamment ceux du Palais de Justice et de la Préfecture des Bouches-du-Rhône. Cela lui ouvre par la suite une carrière d’enseignant à l’École des Beaux-Arts de Marseille – en effet, il est nommé professeur de modelage (1874), puis de sculpture (1884) – ainsi que les portes de l’Académie de Marseille (1884).
Sa notoriété croissante justifie l’ornementation de son hôtel particulier-atelier à trois fenêtres ; elle démontre, telle une affiche publicitaire, son savoir-faire et affirme sa nouvelle notabilité. Le décor, varié, se développe sur toute la façade : un cartouche très ouvragé en dessus-de-porte, des dauphins et une tête de Neptune sur les linteaux du premier niveau, des mufles de lion au-dessus des fenêtres du second étage. Cependant, les trumeaux de l’étage noble sont plus particulièrement favorisé : Là, deux médaillons féminins, de profil et en vis-à-vis, dominent des trophées allégoriques symbolisant la Peinture (palette, pinceaux, rouleaux, rapporteur…) et la Sculpture (selle, ciseaux, maillet, vase d’orfèvrerie…) : il s’agit des portraits de l’épouse et de la fille du sculpteur. Dessous, deux cartouches rectangulaires contiennent l’un le monogramme de l’artiste propriétaire (EA) et l’autre la date du décor (1864). Enfin, il convient de noter la mise en abîme dans les trophées de deux bustes masculins, vraisemblablement inspirés du sculpteur marseillais Pierre Puget (1620-1694).

Mlle Aldebert et trophée de sculpture, médaillon et bas-relief pierre, 1864
Hôtel Aldebert, 11, rue Louis-Maurel (ex-rue de l’Obélisque), 6e arrondissement

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Votre travail sur les sculptures à Marseille est remarquable. Je ne comprends pas que la ville, la Drac et le patrimoine n'aient pas fait en sorte de publier vos travaux. Qui passionneraient autant touristes qu'érudits. Me répondre par lise.dupas -arobase-numericable.fr