mardi 3 juin 2008

L’atelier-musée des frères Carli - 1

Au mois de janvier dernier, j’ai participé à un colloque à Bordeaux sur le thème suivant : Marché(s) de l’art en province (1870-1914). Ce matin, j’ai envoyé aux organisateurs dudit colloque le texte de ma communication pour la publication des actes. J’ai décidé de vous donner mon article en plusieurs livraisons :
L’atelier-musée des frères Carli et la promotion de la sculpture religieuse à Marseille
Le 29 mars 1962, le Conseil municipal de Marseille rebaptise la place de la bibliothèque, sise devant l’école des Beaux-Arts, place Auguste et François Carli. Hormis Pierre Puget, aucun sculpteur n’a alors reçu si insigne honneur. D’autres statuaires pourtant, plus titrés, auraient pu y prétendre.[1] Ce choix honore en fait deux artistes fortement impliqués dans la vie artistique phocéenne, à l’aube du XXe siècle : à travers leurs œuvres, à travers leur enseignement, à travers leurs engagements, ils ont durablement marqué les mémoires.

Anonyme, François et Auguste Carli, photographie, 1900
Publiée dans la Revue de Provence, n°19, juillet 1900

Auguste Carli (1868-1930) et son frère cadet François (1872-1957) se retrouvent très jeunes orphelins de père, un mouleur marseillais prénommé Louis. Leur mère dirige alors le petit atelier paternel, situé au n°6 de la rue Neuve (aujourd’hui rue Jean Roque), jusqu’à ce que les deux enfants soient en mesure de prendre la relève.De fait, Auguste entame très tôt sa formation. Il intègre la classe de sculpture de l’école municipale des Beaux-Arts à l’âge de 12 ans, pour l’année scolaire 1880-1881.[2] Si, dans les premiers temps, il exprime son désir de devenir sculpteur dans le registre d’inscription, il affirme se destiner au métier de mouleur à partir de l’automne 1883. Pour autant, son palmarès jalonné de prix témoigne d’un réel talent artistique. Sans doute encouragé par ses professeurs, il monte à Paris à l’été 1890. Après un court séjour à l’Académie Julian, il s’inscrit dans l’atelier de Jules Cavelier le 25 octobre 1890.[3] Ses aptitudes se confirment rapidement : il monte en loge pour la 1ère fois en 1892 et remporte le 2e 2nd prix de Rome en 1896 ; par ailleurs, ses débuts au Salon des artistes français en 1898 – Dante aux enfers. Le Combat de démons, haut-relief plâtre (n°3249) – sont gratifiés d’une médaille de 3e classe, d’une bourse de voyage et d’un achat de l’État à compte à demi avec la Ville de Marseille.[4]


Auguste Carli, Dante et Virgile aux Enfers : le combat de démons, haut-relief plâtre
Photographie au Salon de 1898 (oeuvre partiellement [partie basse] conservée au musée des Beaux-Arts de Marseille)

[1]. Parmi les contemporains des frères Carli, Marseille compte quatre lauréats du grand prix de Rome de sculpture : André Allar (1845-1926), Jean Hugues (1849-1930), Henri Lombard (1855-1929) et Constant Roux (1865-1942).
[2]. Archives municipales de Marseille (A.M.M.) 31R19*R : registre d’inscription de la classe de sculpture (1864-1892) : Auguste est inscrit le 23 mars 1881 ; il est le 103e élève de la classe de sculpture.
[3]. Archives nationales (A.N.) AJ/52/248 : registre des inscriptions dans les ateliers.
[4]. A.M.M. 1D167, délibération du Conseil municipal du 26 juillet 1898, p.340-341 : musée des Beaux-Arts – acquisition du bas-relief Combat de démons, œuvre d’Auguste Carli.

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