vendredi 18 juillet 2008

Jeu de Sirènes (Gaston Cadenat sculpteur)

Nouvelle notice issue de l’exposition Figures en façades, présentée lors de l’exposition photographique qui eut lieu à la Préfecture des Bouches-du-Rhône pour les Journées du Patrimoine en septembre 2005 :
Gaston Cadenat, Jeu de Sirènes, bas-relief, 1954
50, rue de Rome, 6e arrondissement
Cet immeuble, commandé par l’Association Syndicale de Marseille Centre-Ville, est édifié en 1954 par Charles Lestrade (actif à Marseille de 1946 à 1974). Pareillement à beaucoup d’autres, il abrite des commerces au rez-de-chaussée, notamment un bureau de poste implanté dès mars 1956, et des logements dans les étages. En fait, seul un bas-relief inattendu rompt son apparence banale. Il est inséré dans un mur en béton, au niveau des deux premiers étages, quasiment à l’angle des rues de Rome et Davso, sans le moindre rôle architectonique.
L’auteur de cette sculpture est Gaston Cadenat (1905-1966), un ancien élève d’Auguste Carli et de Paul Landowski. Il met en scène de manière sensuelle, presque érotique, les ébats de deux sirènes. Il réemploie ici des personnages marins familiers à Marseille mais leur ôte toute connotation mythologique. Le sujet sert simplement de prétexte à une œuvre plastique jouant sur les courbes et les arabesques. Dès lors, le bas-relief, à la fois privé de fonction et de sens, n’est plus guère qu’une œuvre d’art accrochée à un mur… par exemple la version minérale des gouaches découpées d’Henri Matisse (années 1950), assez proche par certains aspects stylistiques.
Les Sirènes de Gaston Cadenat marquent ainsi la fin du décor monumental dans l’architecture privée marseillaise. Cela est d’autant plus vrai qu’a partir des années 1960 débute le rapatriement des Français d’Algérie ; dès lors, des barres d’habitation – à la Madrague et à Montredon pour commencer – s’élèvent dans l’urgence. La sculpture décorative n’est plus à l’ordre du jour.

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