dimanche 13 juillet 2008

Salomé (Édouard Pépin sculpteur)

Voici une notice issue de la brochure-catalogue de l'exposition photographique Marseille, ville sculptée qui eut lieu à la Préfecture des Bouches-du-Rhône lors des Journées du Patrimoine 2002.

Édouard Pépin, Salomé, statue plâtre, 1884
Achat de l’État au Salon de 1884

Cette figure décorative de grandeur naturelle tient une place à part dans le paysage urbain marseillais du fait que rien ne la rattache à la cité phocéenne, ni son sujet, ni son auteur. Son histoire débute en 1884, date à laquelle Édouard Pépin en présente le modèle-plâtre au Salon à Paris. L’œuvre y est remarquée, récompensée d’une médaille de 2e classe et d’une bourse de voyage pour le jeune sculpteur. Par ailleurs, l’État l’acquiert et en commande la traduction dans un matériau plus noble. La sculpture reparaît alors en bronze au Salon de 1887, puis à l’exposition d’art français de Copenhague de 1888 et à l’Exposition universelle de 1889. Par la suite, le 22 avril 1937, elle est attribuée au musée des Beaux-Arts de Marseille par arrêté ministériel. Enfin, après-guerre seulement, la municipalité la place en extérieur.
Le thème de Salomé est issu du Nouveau Testament. Vêtue d’une jupe brodée que retient une ceinture ouvragée et les seins nus, la fille d’Hérodiade est assise sur un coussin au sommet d’un socle triangulaire. Son bras droit repose sur le bassin qui recueillit la tête de saint Jean-Baptiste ; sa main gauche tient une rose sur ses genoux. Trois figurines aujourd'hui disparues, insérées dans les niches du piédestal et synthétisées par un mot latin, complètaient le récit biblique : Verbum (la parole) évoquait les prêches du précurseur du Messie, Saltus (la danse) faisait allusion à la danse de Salomé, Mors (la mort) montrait le bourreau soulevant la tête décapitée de saint Jean-Baptiste.
D’un point de vue stylistique, l’œuvre se rattache au courant néo-florentin qui se développe en France entre 1865 et 1890. En effet, le socle avec ses pilastres ornés de rinceaux de style Renaissance italienne, avec ses niches enjolivées, rappelle celui du Persée (1545-1553) de Benvenuto Cellini (1500-1571) à la Loggia dei Lanzi.

Édouard Pépin (1853- ?), Salomé, statue en bronze, 1887
Place des Baumettes, 13009

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