lundi 8 septembre 2008

Berthe Girardet

Pour la réédition de Marseillaises, 26 siècles d’histoire, j’ai rédigé deux nouvelles notices dont celle de Berthe Girardet. En fait, j’ai repris celle écrite pour le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur et l’ai développée. La voici :

Girardet Berthe, née Imer (Marseille 08.04.1861 – Neuilly-sur-Seine 06.12.1948)

Sculpteur, elle a pour parents Charles Gustave Imer, riche négociant d’origine suisse installé à Marseille, et Hélène Rogers, fille d’un négociant américain implanté à Naples. Elle se forme à la sculpture dans l’atelier d’Émile Aldebert avant de compléter brièvement – trois mois ! – sa formation artistique à Paris auprès d’Antonin Carlès.
Elle expose ses œuvres sous son nom de jeune fille jusqu’à son mariage en 1893 avec le peintre-graveur suisse Paul Girardet (1859-1915). Elle présente ainsi, de 1890 à 1893, des bustes aux expositions de l’Association des artistes marseillais. Parallèlement, à Paris, elle figure au Salon des artistes français auquel elle demeure fidèle jusqu’en 1944 ; elle y obtient une mention honorable en 1901. Elle paraît également au Salon d’automne (1904) et à l’Union des femmes peintres et sculpteurs (1928). Lors de l’Exposition universelle de 1900, elle exhibe trois de ses œuvres dans la section helvète et reçoit une médaille d’or. En février 1925, la galerie parisienne Jean Charpentier lui consacre une importante exposition rétrospective (31 pièces) ; elle partage alors cet espace avec son gendre Luc Lanel (1893-1965), orfèvre chez Christofle et céramiste.
Son œuvre se compose principalement de portraits (Paul Girardet, 1894 – musée de Neufchâtel ; Mes enfants, 1901 ; la décoratrice Arlette Vogue, 1929…) et de types (Pêcheur du Tréport, 1891 ; Le Torero, 1897 ; La Vieille, vers 1900 – musée de Neufchâtel…) ainsi que de scènes de genre (La Veille de Noël, 1898 ; La Convoitise, 1904 ; La Maternelle, 1908 – collection de la Ville de Paris, dépôt d’Ivry…). Si elle réalise quelques sculptures en pied, elle se spécialise surtout dans les groupes à mi-corps : La Bénédiction de l’aïeule, 1902 ; L’Enfant malade, 1904 – collection de la Ville de Paris, dépôt d’Ivry ; Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien, 1913 – The Detroit Institut of Art, USA... Après la première Guerre mondiale dans laquelle disparaît son fils aviateur, la commémoration des victimes du conflit (À l’hôpital pendant la grande Guerre, 1919 ; Aux héros inconnus, 1923 – ossuaire de Douaumont…) et la religion (Vierge douloureuse des pays dévastés, 1921 ; Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, 1927…) occupent une part important de sa production même si, dans la même période, elle réalise pour la Ville de Marseille un bas-relief intitulé Sérénité (1933 – allée Ray Grassi). Enfin, soucieuse de l’édition de ses œuvres, elle collabore entre autres avec les manufactures de Sèvres et de Charenton (biscuit, grès polychrome) ainsi que la maison Christofle (bronze galvanisé).

Berthe Girardet, Aux héros inconnus (dit aussi Le Silence ou La Résignation), terme en pierre, 1923
Ossuaire de Douaumont, Meuse

Aucun commentaire: