lundi 1 septembre 2008

Henriette Étienne-Albrand

En 1999, j’ai collaboré au dictionnaire Marseillaises, 26 siècles d’histoire, ma première publication. Il se trouve que cet ouvrage va être réédité l’année prochaine, riche de nouvelles notices. Pour la première édition, j’avais rédigé six notices auxquelles s’ajouteront bientôt deux autres. Comme certaines évoquent des sculptures ou des sculptrices, j’ai décidé de vous en faire part :

Albrand Henriette, née Étienne (Marseille 30.10.1821-Marseille 30.05.1907)
Mécène.
Fille d’un armateur, Joseph Étienne, et veuve d’un docteur en médecine, Louis Albrand, Henriette Étienne-Albrand connaît une aisance financière confortable dont elle use, à la fin de sa vie, afin de promouvoir les arts.
En 1901-1902, elle fait construire par Frédéric Lombard un petit hôtel sur l’avenue du Prado, au n°84 (aujourd’hui le n°130) : la fondation Étienne-Albrand. L’édifice, dès lors, accueille, selon les souhaits de la donatrice, le siège de la Société des Architectes des Bouches-du-Rhône et les expositions d’art industriel ou d’art décoratif que cette dernière organise. D’ailleurs, l’iconographie de la façade est entièrement vouée à l’architecture. De plus, Henriette Étienne-Albrand crée un prix annuel de 500 francs destiné au lauréat d’un concours ouvert aux élèves architectes et architectes de moins de 28 ans du département.
En 1904, elle désire, à la fois, commémorer le souvenir de son père et embellir sa ville natale. Elle commande alors au sculpteur Auguste Carli un projet de fontaine, Le Triomphe d’Amphitrite, pour la place Dumarsais, aujourd’hui place Joseph Étienne. D’un projet en marbre et bronze, on évolue rapidement vers un groupe complètement en marbre de Carrare ; le mécène y investit ainsi 50 000 francs. La fontaine, inaugurée en 1906, se compose sur deux registres. Au sommet, la déesse de la mer apaise les flots tandis qu’un triton sonne dans sa conque la volonté d’Amphitrite. Le piédestal, quant à lui, présente quatre rostres de navires dont les noms sont inscrits dans un cartouche (Le Cèdre, La Clarisse Louise, Le Goéland, Le Nicolas Étienne Jeune), possessions de l’armateur célébré. Ce don diffère des fontaines offertes par d’autres Marseillais (fontaine Estrangin, 1890 ; fontaine Cantini, 1911) par son emplacement dans un quartier populaire.

Auguste Carli, Le Triomphe d’Amphitrite, fontaine en marbre, 1906
Place Joseph Étienne, 7e arrondissement

1 commentaire:

Anonyme a dit…

A l'origine, Amphitrite tenait dans sa main droite un trident aujourd'hui cassé au niveau de son poignet. il n'en reste que la partie basse.