mardi 25 novembre 2008

Antoine Sartorio

Jusqu’à présent, j’ai très peu parlé d’Antoine Sartorio. C’est un sculpteur important du XXe siècle à Marseille, mais d’autres ont déjà beaucoup écrit sur lui. De fait, je ne m’y suis jamais beaucoup intéressé. Toutefois, comme j’ai remanié sa notice dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur, je vous la communique :

Sartorio Antoine (Menton, Alpes-Maritimes, 27 janvier 1885 – Jouques, Bouches-du-Rhône, 19 février 1988), sculpteur
Élève d’Injalbert et Hannaux, il expose au Salon des Artistes Français à partir de 1911. Il y obtient plusieurs récompenses : médaille de 3e classe en 1911 (Les Ilotes, haut-relief plâtre, déjà prix Chenavard à l’École des Beaux-Arts de Paris cette même année), bourse de voyage en 1920 (Faune et bacchante, groupe marbre), médaille d’argent en 1934 (Centaure et centauresse, groupe plâtre). En 1937, il reçoit un diplôme d’honneur à l’Exposition Internationale de Paris pour Prométhée et Le Feu. Par ailleurs, il est chevalier de la Légion d’honneur depuis 1926. Très lié à l’architecte marseillais Gaston Castel depuis l’École des Beaux-Arts, il collabore aux différents monuments ou édifices qu’érige ce dernier : Monument des Andradas (Santos, Brésil, 1922 ), attique de l’Opéra de Marseille (1924), Monument de l’Armée d’Orient (Marseille, 1927), pont de Cavaillon (La Méditerranée et La Durance, 1932), annexe du Palais de Justice (Marseille, 1933), Monument à Alexandre 1er de Yougoslavie et Louis Barthou (Marseille, 1938), la prison des Baumettes (Les sept péchés capitaux, Marseille, 1938)… D’autre part, il exécute quelques monuments aux morts tels ceux de Tournon-sur-Rhône (1922) ou de Menton (1928) ainsi que d’importants décors comme le Palais de la Méditerranée (Nice, 1929) ou L’Afrique pour le Palais de Chaillot (1937). Après la seconde Guerre mondiale, il réalise plusieurs sculptures pour des lycées : Le Rythme (lycée Tolbiac, Paris, 1950), Vers l’espace (lycée Marseilleveyre, Marseille, 1956), Athéna (lycée Périer, Marseille, 1958). De 1962 à 1966, il se consacre à la restauration de la cathédrale de Reims (Le Baptême de Clovis). En 1967, il quitte son atelier parisien et se retire à Jouques. En 1980, l’Académie de Marseille lui décerne le prix Jean Roque, célébrant une longue carrière.

Antoine Sartorio, La Gourmandise, bas-relief pierre, 1938
Prison des Baumettes, 12e arrondissement
Dans la vie de tous les jours, la gourmandise est certainement mon péché préféré. Sartorio en donne une vision originale en l’illustrant par l’alcoolisme, un fléau autrement plus dévastateur.

Bibl. : Ménard-Kiener (Violaine), Antoine Sartorio, sculpteur des corps et des âmes, Millau, 1996.

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