dimanche 14 décembre 2008

Valentin Pignol à la Caisse d'Épargne

Hier, je n’ai pas montré de décor urbain de Valentin Pignol. Je me rattrape aujourd’hui avec des extraits de mon livre Bâtir un palais pour l’épargne, paru en 2004 pour le centenaire de l’hôtel central de la Caisse d’Épargne des Bouches-du-Rhône :

[p.54] Soudain, courant octobre, une polémique inattendue voit le jour : la presse locale annonce que Valentin Pignol, « le distingué professeur de sculpture » chargé du cours de mise au point et de moulage ainsi que de la classe de modelage pour les jeunes filles est « l’auteur des travaux importants actuellement en cours à la Caisse d’Épargne[1]. » Eugène Rostand [président de la Caisse] rectifie aussitôt la vérité ; le sculpteur lui-même publie un démenti, mais fort ambigu : « Pour le moment je n’ai aucun travail à exécuter directement à la Caisse d’Épargne[2]. » Faut-il en déduire qu’il intervient en tant que praticien ? Auprès de Pierre Rey, cela paraît peu vraisemblable ; en revanche, œuvrer pour le compte de Lombard ou de Carli semble tout à fait envisageable. Quoi qu’il en soit, cette controverse porte ses fruits : le 13 mars 1904, Valentin Pignol obtient en propre la commande d’un modèle en plâtre, destiné à la fonte, du motif d’imposte de la porte centrale et l’exécution des quatre médaillons ovales suspendus aux têtes de lions sur la façade principale du nouvel hôtel. Une somme de 670 francs lui est allouée pour ces ouvrages.
Valentin Pignol, médaillons ovales, pierre de l’Estaillade, 1904
Place Estrangin-Pastré, 6e arrondissement

[p.56] Quant aux quatre médaillons ovales présentant tour à tour une nef, un taureau furieux, un lion rugissant et un buste de Diane, ils évoquent les effigies gravées sur les antiques monnaies massaliotes.

[1] Le Soleil du Midi, 10 octobre 1903 ; Le Sémaphore de Marseille, 12 octobre 1903.
[2] Pignol Valentin, « Une rectification », Le Soleil du Midi, 13 octobre 1903.

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