jeudi 17 décembre 2009

Illuminations de Noël

Je pars demain pour Marseille où je passerai les fêtes de Noël et du Jour de l’An. J’en profiterai pour vérifier si les illuminations de la préfecture des Bouches-du-Rhône sont conformes aux projets annoncés.

Pavillon central de la préfecture
Projet d’illumination noël 2009

lundi 14 décembre 2009

Iconographie : Commerce et Navigation

Le 27 novembre dernier, j’ai évoqué la non-réalisation de deux monuments dédiés à la Navigation et au Commerce. Si ces œuvres n’ont pas vu le jour, leur iconographie n’est cependant pas absente du centre ville de Marseille. En effet, on la retrouve sur les façades de deux anciens palaces de la Canebière.
Ainsi, le Grand Hôtel Noailles édifié au début des années 1860 par les frères Pierre-Marius et Alexandre Bérengier (aujourd’hui commissariat de police ou « police-palace ») présente-t-il un superbe dessus-de-porte : le décor est sculpté par le grand prix de Rome parisien Auguste Ottin (1811-1890). Ses allégories du Commerce et de la Navigation, sous les traits d’Hermès et d’Amphitrite, rappellent la proximité du port et du palais de la Bourse.

Auguste Ottin, Le Commerce et la Navigation, dessus-de-porte, vers 1863
62 La Canebière – 1er arrondissement

Dans le même temps, l’architecte Jean-Charles Pot édifie le Grand Hôtel du Louvre et de la Paix (aujourd’hui magasin C&A), toujours sur la Canebière. La sculpture monumentale est alors confiée au sculpteur aixois Hippolyte Ferrat (1822-1882) : de part et d’autre de l’horloge du fronton, il campe deux figures michélangélesques symbolisant également le Commerce et la Navigation.

Hippolyte Ferrat, Le Commerce et la Navigation, fronton, 1863
49 La Canebière – 1er arrondissement

Les deux décors, quasiment en face l’un de l’autre, se répondent donc. Ils sont complétés par les quatre cariatides du Louvre et Paix évoquant les quatre continents, et par conséquent la richesse produite par le Commerce et la Navigation.

vendredi 11 décembre 2009

Jean-Michel Verdiguier

Voici une nouvelle notice d'un sculpteur marseillais issue de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d'Azur :

Verdiguier Jean-Michel (Marseille, 1706 – Cordoue, Espagne, 29 septembre 1796), sculpteur
Entré à l’arsenal de Toulon en 1728 comme figuriste, il est remarqué par le directeur Lange Maucord. Il en devient le collaborateur – en 1738, il sculpte un Mars, pendant d’une Minerve de Maucord, pour la grande porte de l’arsenal (aujourd’hui Musée naval) –, puis le gendre en 1743. Cette même année, il quitte Toulon pour Marseille où il réalise le fronton (La Force) du palais de Justice (pavillon Daviel) et le décor de l’église Saint-Ferréol (La Résurrection et La Pentecôte, bas-reliefs – détruits). En 1746, il donne un bas-relief pour le maître-autel de la cathédrale de Toulon (L’Ensevelissement de la Vierge). Accusé à tort d’un vol dans l’église des Minimes de Marseille, il est emprisonné du 9 janvier au 27 mars 1752 ; il rédige alors pour sa défense un mémoire racontant sa vie. Dès sa sortie de prison, il réorganise son atelier en Académie de peinture et de sculpture de Marseille, avec les peintres Fenouil et Kappeler. Il est nommé tout d’abord directeur perpétuel, puis directeur principal. Parallèlement, il poursuit ses travaux décoratifs : sculpture de l’église des Bernardines (1755-56), statues des Quatre Évangélistes (1756 – détruites) pour la chapelle Notre-Dame de la Paix dans l’église des Accoules. En 1756, il se libère de ses obligations pédagogiques à l’Académie et voyage. En 1761, il se rend à Bayonne où il réalise un autel. En 1763, il s’installe à Cordoue ; il y décore plusieurs chapelles, compose un Triomphe de saint Gabriel (patron de Cordoue) pour une place publique (Plaza del Triunfo, 1781) et tente de créer une académie locale. Au demeurant, il est reçu membre de l’Académie Saint-Ferdinand de Madrid.

Jean-Michel Verdiguier, La Force, fronton pierre, 1743
Pavillon Daviel, place Daviel, 2e arrondissement

mercredi 9 décembre 2009

Poséidon et Amphitrite (P. Robert sculpteur)

Les chantiers du Second Empire attirent nombre de sculpteurs parisiens à Marseille. Les plus célèbres participent aux décors des bâtiments prestigieux : palais de la Bourse, palais de Justice, palais Longchamp, préfecture des Bouches-du-Rhône, Notre-Dame-de-la-Garde, cathédrale de la Major… D’autres, moins connus, viennent tenter leur chance sur des chantiers privés.
C’est sans doute le cas d’un sculpteur signant P. Robert. Il s’agit peut-être du parisien Philippe Alphonse Robert (1828-1909), élève de Mathurin Moreau. On ne connaît guère de choses à son sujet sinon qu’il expose au Salon des Artistes Français de 1883 : Le Réveil du Printemps (groupe bronze).
En 1867, Robert réalise le décor d’un immeuble sis au 63, rue de la République. Situé entre le Vieux Port et les nouveaux ports de la Joliette, cet immeuble développe naturellement une iconographie maritime, notamment les figures mythologiques en très haut-relief de Poséidon et d’Amphitrite, divinités majeures de la mer. Cet ensemble surplombant la porte d'entrée, d’excellente facture malgré des accidents dus au temps, démontre la qualité des sculpteurs et ornemanistes qui gravitent autour des grands chantiers officiels durant la période faste du Second Empire à Marseille.

P. Robert, Poséidon et Amphitrite, statues pierre, 1867
63 rue de la République, 2e arrondissement

lundi 7 décembre 2009

Le Canal de Suez (Pierre Travaux sculpteur)

Parmi les fontaines monumentales de Marseille, la plus méconnue est certainement celle symbolisant le Canal de Suez, sans doute parce qu'elle ne se situe pas dans le tissu urbain mais au coeur du parc Borély. Voici son histoire :
La ville de Marseille commence à aménager le parc du château Borely en 1862. Dans sa séance du 10 juillet 1863, le Conseil municipal fixe, entre autres, le programme décoratif. Il confie notamment l’exécution d’une maquette au 1/10e d’exécution d’un grand haut-relief faisant fontaine au sculpteur bourguignon Pierre Travaux (1822-1884). Le cahier des charges précise l’iconographie : « La France protégeant la réunion de la Mer Rouge et de la Méditerranée, lesquelles seront personnifiées par des figures allégoriques ayant le caractère égyptien et méridional. La France est assise sur la proue d’un navire, et les deux figures représentant plus particulièrement la Mer Rouge et la Méditerranée sont appuyées sur des monstres marins. » Le sujet évoque le percement de l’isthme de Suez, alors en court, dont l’ouverture devait enrichir le commerce marseillais. Un salaire de 18000 francs-or est alloué à l’exécution en pierre de Calissanne de ce motif.
Le sculpteur touche son premier acompte le 29 septembre 1863, à la réception de son modèle. Quant à la réception de l’œuvre achevée, elle intervient en juillet 1864.

Pierre Travaux, Le Canal de Suez, pierre de Callissanne, 1864
Parc du château Borély, 8e arrondissement

Pour information, Pierre Travaux participe parallèlement au chantier de la Préfecture des Bouches-du-Rhône et réalise les tombeaux des familles Barbaroux et Reynard au cimetière Saint-Pierre.

vendredi 4 décembre 2009

Henri Lombard

Bien que je lui ai consacré de nombreux articles, je me suis rendu compte que je n’avais jamais donné de biographie d’Henri Lombard. Je répare cet oubli en publiant aujourd’hui la notice que je lui ai consacrée dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Les pensionnaires de la Villa Médicis en 1885
Henri Lombard se trouve au centre, sur la rambarde de l’escalier avec une canne
Allongé sur la même rambarde, en veste claire, se trouve Claude Debussy

Lombard Henri Édouard (Marseille, 21 janvier 1855 – Paris, 23 juillet 1929), sculpteur.
Frère de l’architecte Frédéric Lombard (1850-1906), il est l’élève d’Antoine Bontoux à Marseille et de Jules Cavelier à Paris. En 1882, il obtient un 2nd prix de Rome et, en 1883, le Grand Prix avec La Mort de Diagoras de Rhodes. Dès 1878, il participe au Salon de la Société des Artistes Français. Sa Sainte Cécile (1880, médaille de 2e classe) le révèle à ses contemporains et lui gagne la confiance des édiles parisiens (Camille Corot pour l’Hôtel de Ville et deux piliers ornementés pour la place de la République). Au Salon de 1883, sa Judith (musée des Beaux-Arts de Marseille) le place dans la mouvance néo-florentine, ce que ne démentent pas ses envois romains (Diane, Judith et Holopherne devenu ultérieurement Samson et Dalila – Agen). Il expose régulièrement ses compositions commandées par l’État ou par un tiers, dont Pierre Puget (1905, Marseille) et L’Été (1906, aujourd’hui au parc de Saint-Cloud), La Tragédie et La Comédie (1910 et 1911, Opéra de Marseille)... ainsi que des sujets de taille modeste destinés à une clientèle privée. Décorateur fort apprécié, on le retrouve aux frontons du Palais de Justice de Nice (La Justice entre la Force et la Vérité, 1893) et de la Caisse d’Épargne de Marseille (La Provence rurale et maritime, 1904) ou encore, dans la capitale, à l’Opéra Comique et au Grand Palais (La Paix, 1900). Il est respectivement médaillé d’argent et d’or aux Expositions Universelles de 1889 et de 1900 et reçoit la Légion d’honneur (chevalier en 1894). Enfin, il mène une carrière d’enseignant à l’École nationale des Beaux-Arts : il succède à Laurent Marqueste comme professeur de modelage aux cours du soir en 1900 et le demeure jusqu'à sa mort.

Achats de l’État au Salon de 1883 dont la Judith d’Henri Lombard
La statue en plâtre est aujourd’hui conservée sans son socle à colonnettes
qui a été réattribué au groupe Roger et Angélique de Barye (musée du Louvre)

mardi 1 décembre 2009

Actualité des sculpteurs marseillais sur Ebay (décembre)

Le 3 décembre prochain, Ebay propose à la vente une œuvre de Louis Botinelly qui a déjà été soumise aux enchères (cf. notice du 6 octobre 2009), mais dont la mise à prix de 5000 euros avait été rédhibitoire : il s’agit du buste d’un inconnu, en plâtre, daté de 1904. Aujourd’hui, la stratégie du vendeur est tout autre : l’enchère minimale a été placée à 1 euro. Du coup, le buste trouvera preneur… à condition que le vendeur n’impose pas de prix de réserve.

Louis Botinelly, Portrait d’un inconnu, buste plâtre, 1904

Addenda du 3 décembre 2009 : le vendeur a interrompu prémarutément les enchères (2 enchères pour un montant de 1,5 €), préférant le remettre en vente directe au prix de 700 €.

Un autre habitué des ventes sur Ebay est le sculpteur Ary Bitter. Le 6 décembre prochain, ce sont quatre dessins de l’artiste, à la craie rehaussés de gouache, qui sont soumis aux enchères. Chacun est proposé à 9,99 euros, prix de base. Ces beaux dessins – notamment les deux animaliers – risquent d’enflammer les enchères.

Ary Bitter, Nu, dessin, 27 x 21 cm
Addenda du 6 décembre : au terme de 7 enchères, le dessin est parti à 28,50 €.

Ary Bitter, Caricatures, dessin, 27 x 21 cm
Addenda du 6 décembre : au terme de 14 enchères, le dessin s'est vendu 42,50 €.

Ary Bitter, Biches, dessin signé, 31 x 24 cm
Addenda du 6 décembre : au terme de 13 enchères, le dessin s'est vendu 66 €.

Ary Bitter, En Provence, dessin signé, 21 x 27 cm
Addenda du 6 décembre : au terme de 15 enchères, le dessin s'est vendu 101,01 €.

vendredi 27 novembre 2009

Monument à la Navigation : deux projets avortés

Hier, j’ai abordé l’histoire d’un monument qui n’a jamais vu le jour. Malheureusement, le Monument des Marseillaises n’est pas une exception. Deux projets de Monument à la Navigation ont également avorté. J’ai brièvement évoqué leur destin dans une conférence que j’ai donné à Toulouse en janvier 2006 lors d’un colloque sur « Le monument public en France de 1870 à nos jours ».
Joseph Félon, La Navigation, projet de fontaine sur calque, 1859
Archives municipales de Marseille 32M28

Le peintre et sculpteur bordelais Joseph Félon (1818-1896) propose en novembre 1859 un projet de fontaine à la ville de Marseille : La Navigation apportant à toutes les parties du monde les lumières de la civilisation. Le devis estimatif s’élève à 209050 francs-or. La commission sollicitée estime que, faute de moyen, il n’y a pas lieu de donner suite. Représenté en décembre 1861, le projet reçoit de nouveau une réponse négative.

Joseph Félon, La Navigation, dessin
Publié dans L’autographe au Salon et dans les ateliers en 1865

Pour autant, l’artiste ne renonce pas : en 1865, il fait reproduire le dessin de sa figure principale (dont la pose a légèrement évolué) dans L’autographe au Salon et dans les ateliers (p.35) tandis que le buste isolé de cette même figure est exposé au Salon parisien.

Henri Ébrard et André Ramasso,
Monument à la Navigation, au Commerce et à l’Industrie
Dessin publié dans Les concours publics d’architecture de Louis Farge
(9e année, 1906)

Extrait de ma conférence :
Au début du XXe siècle, la municipalité d’Amable Chanot se lance dans la rénovation des vieux quartiers situés derrière le palais de la Bourse, impliquant d’abord leur destruction. À cette occasion, un concours est ouvert à l’échelle nationale : 125 architectes y participent générant pas moins de 225 projet. En juillet 1906, les résultats sont proclamés : Henri Ébrard – tout juste sorti de l’École des Beaux-Arts – et André Ramasso, deux architectes marseillais, remportent le premier prix tandis que le Lyonnais Tony Garnier se classe second.. Sur le papier, les lauréats envisagent notamment la construction d’un nouvel hôtel de ville devant lequel une place, dédiée au négoce, accueille un colossal Monument à la Navigation, au Commerce et à l’Industrie, lointain écho de la Fontaine de la Navigation imaginée par Joseph Felon quelques cinquante ans plus tôt. Hélas ! selon toutes vraisemblances, la mairie, la place et le monument ne verront jamais le jour faute d’un financement suffisant.

jeudi 26 novembre 2009

Le Monument des Marseillaises (Henri Lombard sculpteur)

Voici un extrait de la notice « Dames du Siège (les) » que j’ai écrite en collaboration avec Wolfgang Kaiser pour le dictionnaire Marseillaises, vingt-six siècles d’histoire (Édisud, 1999). À ce propos, je vous signale que cet ouvrage va être réédité en 2010 dans une version enrichie.

Henri Lombard, Monument des Marseillaises, maquette plâtre, 1911
Œuvre aujourd’hui non localisée

En juillet 1911, à l’instar du marbrier Jules Cantini (1826-1916) qui élève une fontaine monumentale sur la place Castellane, l’industriel Charles Verminck (1827-1911) souhaite offrir à la ville un monument digne d’elle. Afin de matérialiser son vœu, il s’attache les services du sculpteur Henri Lombard (1855-1929). Le sujet retenu rend hommage « Aux dames de Marseille de toutes conditions qui aidèrent à la défense glorieuse de la cité » en 1524 contre les troupes de Charles Quint.
Dans un premier temps, le Rond-Point du Prado devait accueillir le groupe commémoratif. Cependant, la rénovation des quartiers derrière le palais de la Bourse étant envisagée, l’idée d’ériger en centre ville le groupe sculpté séduit et le donateur et les élus municipaux. Hélas, le 13 décembre 1911, Charles Verminck décède et son testament ne mentionne pas ses volontés, oralement connues de tous, concernant le monument. Seule la maquette est alors réalisée. Les héritiers qui s’opposent fermement à la réalisation du caprice du défunt versent 10 000 francs-or au sculpteur en dédommagement et le projet est enterré définitivement. Suite à ce dénouement, Henri Lombard expose son œuvre au Salon de la Société des Artistes Français à Paris (1913, n°3747) puis l’offre au musée du Vieux-Marseille nouvellement créé.
Le sculpture s’étage sur trois registres dans une composition pyramidale au sommet de laquelle trône l’allégorie de la Victoire. Le niveau médian accueille les défenseurs de la cité, exhortés par les Marseillaises, tandis qu’aux pieds du monument l’on trouve les cadavres des assaillants les plus téméraires. Enfin, sur la face arrière, l’Histoire grave le mémorable épisode sur ses tablettes.

Bibl. : Thomas E. « À la mémoire des Marseillaises », Le Petit Marseillais, 10 août 1913

dimanche 22 novembre 2009

Lucien Chauvet

Voici une nouvelle notice du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur, suivie d’une court historique d’œuvre :

Chauvet Lucien (Pertuis, vers 1832 – ?, après 1900), sculpteur
Il expose à Marseille dès 1851 : Hyacinthe blessé par Apollon (1851), L’Amour vaincu par Bacchus (groupe plâtre, 1852), Madame C… (buste, 1862). Le 3 novembre 1854, il obtient une bourse municipale de 400 francs pour poursuivre ses études à Paris. De retour à Marseille, il participe aux grands travaux du Second Empire : deux Griffons pour le parc Borély (1864), Les Génies de Duparc et de Réattu ainsi que des mascarons pour le Palais Longchamp (1867), Tritons portant les armes de Marseille pour la fontaine Espérandieu de l’École des Beaux-Arts – Bibliothèque (1870). En avril 1900, il participe au concours de la statue de la République destinée à l’escalier d’honneur de la Préfecture des Bouches du Rhône.

Jules Cavelier et Lucien Chauvet, Fontaine Espérandieu, 1868
Boulodrome du Palais des Arts, place Carli, 1er arrondissement

Le chantier de l’École des Beaux-Arts – Bibliothèque (dite aujourd’hui Palais des Arts) annonce la fin des grands travaux du Second Empire. Le décor sculpté est dorénavant moins luxuriant – donc moins coûteux – et confié à des artistes locaux. La fontaine Espérandieu fait exception puisqu’elle est réalisée pour moitié par un statuaire parisien grand prix de Rome, Jules Cavelier (1814-1894) ; pour son mascaron il ne touche cependant que 1800 francs-or, très loin des 130000 francs-or reçus pour ses travaux du Palais Longchamp. De son côté, Lucien Chauvet perçoit 2500 francs-or pour l’ornementation du fronton de ladite fontaine. Commandée en 1868, le procès-verbal de réception de l’œuvre est dressé le 7 mai 1870.

mardi 17 novembre 2009

Liotard de Lambesc

Voici une nouvelle notice issue du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Liotard de Lambesc, Pascal Liotard dit (Lambesc ?, Bouches-du-Rhône, 1804 – ?, 1886), sculpteur
Élève de David d’Angers, il expose au Salon parisien de 1835 à 1837. Il participe, sous le Second Empire, aux expositions marseillaises de 1859 (cinq bustes dont celui de Frédéric Mistral) et de 1860 (Le Chanoine de Molières). Le 21 mai 1861, la ville de Tarascon inaugure sa statue en pied du Chanoine de Molières, placée dans une niche à l’entrée principale de l’hospice de La Charité (aujourd’hui dans le jardin de l’hôpital Saint-Nicolas). Le 18 octobre 1867, la ville de Marseille lui commande un buste en marbre (Napoléon Ier) et un médaillon en plâtre (Honoré Bouche) pour le décor de la nouvelle École des Beaux-Arts – Bibliothèque (aujourd’hui Conservatoire de Musique, dit aussi Palais des Arts). En 1874, il postule pour un emploi de professeur de modelage dans ladite école ; le poste est cependant attribué à Émile Aldebert.

Liotard de Lambesc, Napoléon Ier, buste marbre, 1869
Palais des Arts, place Carli, 1er arrondissement

Liotard de Lambesc, Honoré Bouche, médaillon plâtre, vers 1868
Escalier d’honneur, Palais des Arts, place Carli, 1er arrondissement

samedi 14 novembre 2009

Augustin Fabre (Émile Aldebert sculpteur)

Le 24 octobre dernier, j’ai brièvement parlé du transfert des sculptures de l’Hôtel-Dieu (métamorphosé en palace) au Conservatoire du Patrimoine Médical à l’hôpital Salvator, dans le quartier de Sainte-Marguerite. Mon amie Odile Gabbay m’a envoyé les photos d’un buste qui a ainsi été déménagé.

Émile Aldebert, Augustin Fabre, buste en bronze, 1893
Anciennement à l’Hôtel-Dieu, 2e arrondissement

Augustin Fabre (1836-1884) est le frère de l’armateur marseillais Cyprien Fabre. Il effectue son internat de médecine à Paris (1856-1861) avant de revenir exercer dans la cité phocéenne. Professeur suppléant à l’École de Médecine en 1864, il devient titulaire de la chaire de pathologie en 1868. Puis, à partir de 1871, il préside la Société de Médecine. Par ailleurs fervent chrétien, il exprime sa foi par la charité : il soigne gratuitement les nécessiteux deux jours par semaine, devenant ainsi le « bon docteur » ou encore le « médecin des pauvres ». Sa popularité est telle que, lorsqu’il meurt brusquement, ses obsèques sont suivies par 20000 personnes et prennent l’allure d’un deuil public.
En 1893, le sculpteur Émile Aldebert (1828-1924) réalise son buste pour un monument commémoratif érigé dans l’Hôtel-Dieu, au pied de l’escalier monumental de l’aile gauche. Le portrait en bronze a une hauteur de 79 cm, une largeur de 60 cm et une profondeur de 30 cm. Il est signé et daté E. Aldebert / 1893 sous l’amorce du bras gauche.

Émile Aldebert, Augustin Fabre, buste en bronze, 1893
Conservatoire du Patrimoine Médical, hôpital Salvator, 9e arrondissement

mercredi 11 novembre 2009

Le concours pour la statue de La République

Le 25 septembre dernier, je vous avais livré la notice de ma thèse concernant La République de Constant Roux. Depuis, mon ami Olivier Gorse des Archives départementales des Bouches-du-Rhône m’a communiqué le dossier concernant cette statue (4N63) révélant tous les détails du concours et un incroyable coup de théâtre. Je reprends donc la genèse de cette œuvre :

Le 22 octobre 1898, le Conseil Général des Bouches-du-Rhône décide d’ériger un buste de La République dans la niche de l’escalier d’honneur de la Préfecture. Le 15 avril 1899, le Conseil général et l’administration préfectorale adopte le devis de l’architecte en chef du département Buyron, évalué à 2018,80 francs-or.

Buyron, buste de La République, dessin, avril 1899
Archives Départementales 4N63

Dès le 23 mai 1899, la Commission départementale exprime le désir d’une statue en pied à la place du buste. L’architecte Buyron est donc prié de dresser un nouveau projet. Il rend alors un devis estimé à 9500 francs-or à la mi-juin.

Buyron, statue de La République, dessin, juin 1899
Archives Départementales 4N63

Le Conseil Général, dans sa séance du 10 octobre 1899, décide de mettre au concours ladite statue. Les sculpteurs nés ou vivants dans le département ont seuls le droit d’y participer. Les maquette en plâtre blanc, au tiers de l’exécution (76,6 cm) sont a envoyées à la Préfecture au plus tard le 10 avril 1900. Neuf artistes y participent : Auguste Carli (1868-1930), Constant Roux (1865-1942), Henri Lombard (1855-1929), Stanislas Clastrier (1857-1925), Valentin Pignol (1863-1912), l’Aixois Philippe Solari (1840-1906), Marius Guindon (1831-1919), Lucien Chauvet (vers 1832 - ?) et Philippe Poitevin (1831-1907).
Le 27 avril 1900, un jury de neuf membres procède au choix du lauréat, la majorité absolue étant de cinq voix. Avant le scrutin, un premier vote élimine les maquettes de Guindon, Chauvet et Poitevin qui n’apparaissent pas satisfaisantes.
1er tour de scrutin : Carli, 4 voix ; Roux, 3 voix ; Pignol, 1 voix ; Solari, 1 voix
2e tour de scrutin : Carli, 4 voix ; Roux, 3 voix ; Pignol, 2 voix
3e tour de scrutin : Carli, 4 voix ; Roux, 3 voix ; Pignol, 2 voix
Il est donc procédé à l’élimination de la maquette de Pignol par 2 voix contre 7 voix.
4e tour de scrutin : Roux, 5 voix ; Carli, 4 voix
Constant Roux est déclaré vainqueur du concours. Une prime de 500 francs-or est allouée à Carli et d’autres d’un montant de 300 francs-or à Lombard, Pignol et Solari.

Auguste Carli, Juvénal Deleuil, buste marbre, 1901
Cimetière Saint-Pierre, carré 26, 10e arrondissement

Mais – coup de théâtre ! – le président du Conseil Général Juvénal Deleuil demande l’annulation du jugement dès le mois de mai suivant, alors même qu’il faisait partie du jury. Il estime que la présence de neuf jurés imposés par le préfet n’était pas conforme à une décision du Conseil Général qui n’en prescrivait que cinq. En fait, il est vraisemblablement mécontent de la défaite de son poulain, à savoir Auguste Carli auquel il commande son buste peu après. S'en suivent des mois de procédure, Constant Roux ayant saisi la Société des Artistes Français pour défendre ses intérêts moraux et matériels. Toutefois, il est finalement rétabli dans ses droits et réalise la statue qui, désormais, n’investit plus la niche mais trône devant elle sur un piédestal.

Constant Roux, La République, statue marbre, 1903
Escalier d’honneur de la Préfecture des Bouches-du-Rhône
6e arrondissement

jeudi 5 novembre 2009

Marius Malan

Voici la notice d’un artiste provençal, actif à Marseille et dans sa région, issue de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Malan Marius, Benoît Marius Malano dit (Mane, Alpes-de-Haute-Provence, 19 mai 1872 – ?, 11 juin 1940), sculpteur
Essentiellement portraitiste, il montre ses premières œuvres aux expositions de l’Association des Artistes Marseillais auxquelles il se montre fidèle de 1900 à 1914 : L’Ami Mein (buste plâtre, 1901) ; Ferdinand Servian (buste plâtre, 1908)… Il expose à Toulon (1903, 1ère médaille) et au Salon des Artistes Français en 1904 (Mme Ph…, buste plâtre), 1913 (Fillette, buste marbre) et 1926 (Vieille femme, buste marbre ; M. Ch. B…, buste bronze – mention honorable). Vers 1902, il réalise un haut-relief en marbre – La Visite au cimetière – pour la tombe de la famille Jean-Baptiste Robin à Ivry-sur-Seine. Il exécute par ailleurs un portrait du peintre Joseph Ravaisou d’après son masque funéraire. On lui doit enfin plusieurs monuments aux morts dont ceux d’Aix-en-Provence et des Milles (Bouches-du-Rhône).

Marius Malan, Monument aux morts des Milles, 1920
Carte postale

dimanche 1 novembre 2009

Faune et cabri (Ary Bitter sculpteur)

Décidément, Ary Bitter (1883-1973) est le sculpteur le plus régulièrement présent sur Ebay. Il est vrai que sa large production de petits groupes ou de statuettes en plâtre, terre cuite et bronze contribue largement à ce fait.
Cette semaine, l’artiste est représenté par Faune et cabri, un adorable groupe en terre cuite émaillée et polychrome. Les dimensions (H. 21 cm – L. 68 cm – P. 24,5 cm) en font une œuvre très décorative, en dépit de petits accidents (oreille droite du faune restaurée et une patte du cabri cassée/recollée). Elle est signée sur la terrasse ary bitter. Sa datation la situe vraisemblablement dans la décennie 1920-1930, la bonne période du sculpteur pour les amateurs.

Ary Bitter, Faune et cabri, terre cuite émaillée polychrome
(face, dos et signature)

La vente échoie mercredi prochain, 4 novembre. Le prix de base (250 euros) ne devrait pas décourager les connaisseurs. Moi-même, je l’ajouterais volontiers à ma collection…
Addenda du 5 novembre : bizarrement (et tant mieux !) je suis le seul internaute que cette oeuvre intéressait. Je l'ai donc acquise à l'enchère minimale.

mercredi 28 octobre 2009

La Vierge de l'Immaculée Conception (Eugène Guillaume sculpteur)

Voici un court extrait de ma thèse portant sur la Vierge de l’Immaculée Conception (tome I, p.61) :

Il [le sculpteur Eugène Guillaume, 1822-1905] n’est pas réellement un nouveau venu dans la cité phocéenne : en effet, il réalise pour 4000 francs-or la figure de la Vierge de l’Immaculée Conception en bronze doré devant coiffer une colonne ouvragée conçue par Henry Espérandieu (1829-1874) et commémorant la proclamation du nouveau dogme par Pie IX le 8 décembre 1854 : désormais la Vierge est exemptée du péché originel. De fait, sur la statue, le lys, symbole de pureté, s’oppose au serpent, symbole du péché.
Le monument est inauguré le 8 décembre 1857. Projeté pour orner l’escalier reliant le boulevard Gazzino (actuel boulevard Aune) et le chemin du sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde ainsi que divers autres lieux, il a été érigé en haut du boulevard du Nord (actuel boulevard d’Athènes). Déplacé en 1922 pour permettre la construction de l’escalier de la gare, il se trouve aujourd’hui à l’angle des boulevards de la Liberté et Camille Flammarion.

Eugène Guillaume, Vierge de l’Immaculée Conception
statue bronze doré, 1857
angle des boulevards de la Liberté et Camille Flammarion, 1er arrondissement

samedi 24 octobre 2009

Édouard Delanglade (Charles Delanglade sculpteur)

Maintenant que l’Hôtel-Dieu va devenir un hôtel de luxe, l’ensemble des œuvres d’art qui s’y trouvait – des sculptures notamment – a été transféré au Conservatoire du Patrimoine Médical de Marseille, sis dans l’hôpital Salvator à Sainte-Marguerite (12e arrondissement). C’est le cas du monument dédié au docteur Édouard Delanglade.

Charles Delanglade, Monument à Édouard Delanglade
Buste bronze, vers 1918
Photographié avant son transfert de l’Hôtel-Dieu (2e arrondissement)

Édouard Delanglade (1868-1917) est le condisciple d’Edmond Rostand au Lycée de Marseille avant de s’orienter vers la médecine. En 1900, il devient chirurgien des Hôpitaux de Marseille et, en 1905, obtient la chaire de clinique chirurgicale à l’école de médecine sise à l’Hôtel-Dieu. Il s’engage dans le conflit de la première Guerre mondiale : il est mortellement blessé sur le front alsacien le 24 décembre 1917 (il meurt le lendemain), tout juste quelques mois après le décès de son fils Jules, étudiant en médecine, tué à Vadelaincourt dans la nuit du 4 au 5 septembre 1917. Une rue du 6e arrondissement de Marseille porte aujourd’hui son nom.
C’est à Charles Delanglade (1870-1952) que revient la charge de portraiturer son frère Édouard. La commande du buste émane soit des Hôpitaux de Marseille, soit du sculpteur lui-même qui veut commémorer son aîné. En tous les cas, l’exécution du buste se double par la réalisation d’une médaille commémorative connue en deux versions, une en bronze et une en argent. L’avers présente le portrait de trois-quart d’Édouard Delanglade ; le revers figure une allégorie intitulé Caritas una (Un seul amour). On y observe la présence à l’arrière-plan de l’Hôtel-Dieu et du champ de bataille, évoquant ainsi les carrières de médecin civil et de médecin militaire du défunt. Charles Delanglade évoque certainement la mort de son neveu Jules dans l’évocation du jeune soldat mort au combat. Ainsi, entremêle-t-il les destins croisés du père et du fils.

Charles Delanglade, Édouard Delanglade, médaille bronze, avers, 1918
Collection personnelle

Charles Delanglade, Caritas una, médaille bronze, revers, 1918
Collection personnelle

mercredi 21 octobre 2009

Jean-Marie Baumel

Voici une nouvelle notice du Dictionnaire des Peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Baumel Jean-Marie (Marseille, 2 novembre 1911 – Neuilly, Eure, 2 juin 1978), sculpteur
Élève de Bouchard à Paris, il expose au Salon des Artistes Français où il reçoit de nombreuses récompenses : médaille d’argent en 1935 (L’Aumône, bas-relief plâtre), prix Chenavard et médaille d’or en 1936 (Idylle, groupe pierre), prix Puvis de Chavannes en 1965 (portail de l’église Notre-Dame de la Salette, Paris) et médaille d’honneur en 1978 (Grand nu debout, statue plâtre). En 1937, il décore l’une des façades du Pavillon du Vatican à l’Exposition Internationale de Paris ; L’Action catholique des jeunes chrétiens de différentes conditions (l’Artiste, l’Intellectuel, le Paysan et le Marin) lui vaut alors une médaille d’argent et une bourse de voyage. En 1939, il réalise pour la ville d’Annecy le Monument à Claudius Gallet (buste bronze). Après-guerre, il fréquente le Salon d’Automne dès 1945 ainsi que le Salon de la Jeune Sculpture de 1959 à 1964. En 1950, il orne le tunnel autoroutier de Saint-Antoine de deux bas-reliefs en béton : Marseille et la mer Méditerranée d’un côté et La Provence et ses principaux monuments de l’autre. En 1956, il est l’auteur à Agde d’un Monument à la République (buste pierre, déposé au musée d’Agde depuis 1995 et remplacé par une copie). Il sculpte par ailleurs le Monument aux morts de 1939-1945 de la gare de Dieppe, un groupe de Baigneuses (pierre) pour un square de Bandol, un Grand nu accroupi (statue pierre) pour le parc du grand ensemble Montmédy à Créteil, les cariatides en bois de six mètres de haut d’une salle d’audience du Palais de Justice d’Abidjan ainsi que des médailles (Photographie au sol de la planète Mars par la sonde Viking, 1976).

Jean-Marie Baumel, Marseille et la mer Méditerranée, béton, 1950
Tunnel autoroutier de Saint-Antoine, 15e arrondissement

Le tunnel, construit pour le premier tronçon de l'autoroute A7 au départ de Marseille, a été mis en service en 1947 et inauguré en 1951. Les deux bas-reliefs ornant chaque tête ont été probablement taillés dans le béton armé frais, selon la technique dite "sculpture à fresque".

Bibl. : Anonyme, « In memoriam. Jean-Marie Baumel », Club français de la médaille, n°64, 3e trimestre 1979, p.104-106.

samedi 17 octobre 2009

Oscar Eichacker

Voici une nouvelle notice biographique issue du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Eichacker Oscar (Avignon, 21 janvier 1881 – Marseille, 23 juin 1961), sculpteur et peintre
Élève de l’École des beaux-Arts de Marseille, il reçoit une bourse pour poursuive ses études à Paris. Il débute à l’exposition de l’Association des Artistes Marseillais de 1913 avec un portrait et deux têtes d’expression ; on le croise, du 2 avril au 2 mai de la même année, à la galerie Centrale où il se signale par des peintures et des dessins, notamment un Centaure. Après-guerre, il participe dès janvier 1919, à une exposition d’art moderne à la galerie marseillaise Nadar-Detaille où sont présentées des œuvres de Cézanne, Renoir, Vlaminck, Dufy, Kisling, Camoin, etc. Dans l’Entre-deux-guerres, il collabore à la reconstruction de l’Opéra de Marseille (La Musique, la Tragédie, la Danse, frise pierre, hall, 1924) et au chantier de l’escalier monumental de la gare Saint-Charles (1925-1927). En 1932, associé à l’architecte Gaston Castel, il sculpte le Monument à Jean Jaurès d’Istres. Le 1er octobre 1937, il devient professeur de sculpture à l’École des Beaux-Arts de Marseille, succédant à Henri Raybaud. Toutefois, ses activités militantes au sein du Front Populaire, puis sous l’Occupation, font qu’il est moins en vue dans les milieux artistiques pendant une dizaine d’années.

Oscar Eichacker, Monument à Henri Tasso, buste en bronze, 1951
Place de Lenche, 2e arrondissement

Mais on le retrouve dans la statuaire monumentale avec le Monument à Henri Tasso, maire de Marseille (buste bronze, 1951), le buste de Valère Bernard au plateau Longchamp (marbre, 1954), un bas-relief commandé par le Comité Victor Gélu pour le jardin du quai des Belges (1960). Il ne cesse pas, par ailleurs, de dessiner et de sculpter des œuvres qu’il montre dans divers Salons. Le visage humain le fascine : il expose des masques dès 1913 et, encore en 1959, un superbe Beethoven au Salon du Conseil Général des Bouches-du-Rhône. Il décède à 80 ans passés des suites d’une baignade.

Oscar Eichacker, La Méditerranée, bas-relief en béton moulé, vers 1950-1955
5 rue de la Prison, 2e arrondissement

mercredi 14 octobre 2009

actualité des ventes sur ebay (octobre)

L’actualité des sculpteurs marseillais est intense cette semaine sur ebay.

Constant Roux, Achille, buste bronze sur socle marbre
Édition Susse frères, 24 cm x 25 cm hors socle

Ce soir s’achève la vente directe d’un buste en bronze de Constant Roux (1865-1942) : Achille édité par la fonderie parisienne Susse frères. C’est une réduction du buste exposé au Salon des Artistes Français de 1931 (n°3941) et acquis par la Ville de Marseille moyennant 10000 francs de l’époque (musée des Beaux-Arts de Marseille). Le prix demandé est de 1700 €, de fait je ne pense pas qu’il trouve preneur.
Addenda du 20 octobre : vente reconduite.

Charles Delanglade, Charles de Gaulle médaillon terre cuite
24 cm x 24 cm

Jeudi 15, c’est une œuvre de Charles Delanglade (1870-1952) qui est proposée au prix de départ de 49 €. Le bas-relief en terre cuite est légèrement endommagé, mais rien d’irréparable. Le prix est raisonnable. À suivre donc pour les fidèles du général…
Addenda du 20 octobre : aucun enchérisseur ne s'est manifesté.
Cette semaine également deux œuvres d’Ary Bitter (1883-1973), toujours séduisantes.

Ary Bitter, Éléphants, serre-livres bronze

On commence par un classique des salles de vente : les serre-livres Éléphants. Ils ont vraisemblablement été édités par Susse frères durant l’entre-deux-guerres. Le prix de départ des enchères est de 500 €. Il faut savoir qu’un exemplaire en bronze (éléphants) et bois (serre-livres) s’est vendu 11980 € aux enchères à Marseille le 20 janvier 2007.
Addenda du 20 octobre : pas d'acquéreurs

Ary Bitter, Fillettes et biches, groupe terre cuite
Édité par Susse frères, 57 cm de long

La fonderie Susse frères, au XXe siècle, diversifie ses activités et édite également des terres cuites. Ici, le sujet est typiquement art déco, dans l’esprit bucolique qu’affectionne Ary Bitter (cf. Enfant au chevreau, 1910 ; Pastorale : fillette et cabris, 1921…). Une bonne occasion pour les nombreux amateurs de cet artiste, d’autant que la mise de départ est d’un euro ! Pour cette vente, les enchères se clôtureront le mardi 20 octobre.
Addenda du 20 octobre : véritable succès de cette semaine. L'oeuvre est partie à 556 € au terme de 21 enchères.

lundi 12 octobre 2009

Raymonde Martin

Mon dernier article sur Jacques Martin m’a rappelé que d’autres sculpteurs marseillais s’appellent Martin (sans lien de parenté), notamment une femme qui a relativement peu produit et dont, hélas ! je ne connais pas d’œuvres à Marseille. Je vous livre la notice que je lui ai consacrée dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Martin Raymonde Charlotte Marie (Marseille, 15 janvier 1887 – Marseille, 27 décembre 1977), sculpteur
Élève de Laurent Marqueste à Paris, elle expose au Salon des Artistes Français entre 1913 et 1923, notamment des groupes glorifiant le lien maternel : Femme et enfant, étude plâtre, 1913 ; Jeune fille et enfant, plâtre, 1914 ; Maternité, plâtre, 1920 ; Mère et enfant, plâtre, 1922. En 1920, elle reçoit le Prix du Palais Longchamp. En 1923, elle sculpte pour le monument aux morts de Néris-les-Bains (Allier) deux bas-reliefs en marbre, La Douleur et L’Hommage, dont les modèles figurent au Salon de 1921. Elle cesse d’exposer au début des années 1930.

Raymonde Martin, La Douleur et L’Hommage, bas-relief marbre, 1923
Monument aux morts de Néris-ls-Bains (Allier)

jeudi 8 octobre 2009

Jacques Martin

Voici une nouvelle notice de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d'Azur :

Martin Jacques Marie Alexandre (Marseille, 7 août 1885 – ?, 31 décembre 1976), sculpteur et médailleur
Élève de François Carli à Marseille, puis de Coutan (sculpture) et Patey (gravure en médaille), il remporte le 1er 2nd Prix de Rome de gravure en médaille et pierre fine en 1914. Après la guerre, de 1920 à 1928, il expose au Salon des Artistes français où il obtient une mention honorable en 1920 (Saint François d’Assise, médaillon plâtre) et une médaille de bronze en 1925 (Notre-Dame de Metz, modèle de la statue érigée sur la place Saint-Jacques à Metz le 13 août 1924). Durant l’Entre-deux-guerres, il produit quelques monuments aux morts des Bouches-du-Rhône (Les Olives, Martigues, quartier de Saint-Barnabé à Marseille) mais surtout des œuvres religieuses : à Paris, La Mort de saint Joseph et huit scènes de la Vie de saint Jean Eudes pour l’église du Saint-Esprit, Saint Martin pour l’église Saint Jean-Baptiste de la Salle ou encore des hauts-reliefs pour Saint-Hippolyte ; à Marseille, Sainte Thérèse pour la façade de l’église des Chutes-Lavie, Saint Antoine pour l’église du Roucas-Blanc ; Sacré Cœur, statue en béton pour la façade de l’église de Tergnier dans l’Aisne ; Le Christ pleuré par les anges, bas-relief marbre pour l’autel de l’église de Fassieux en Moselle ; Saint Tarcisius, statue marbre pour l’église du Sacré-Cœur de Dijon… Dans les années 1960-1970, il grave de nombreuses médailles : Qu’heureuses sonnent les heures pour vous (1964), Il fit route avec eux (1965), Les Pèlerins d’Emmaüs (1965), Marivaux (1966), Le Mime Marceau (1970)…

Jacques Martin, Monument aux morts
Saint-Barnabé, 12e arrondissement

mardi 6 octobre 2009

Portrait d'homme inconnu (Louis Botinelly sculpteur)

Louis Botinelly (1883-1962), Portrait d’homme inconnu
buste en plâtre, 1904

Un buste en plâtre sculpté par Louis Botinelly est proposé à la vente sur ebay, lundi 12 octobre. Il s’agit d’une œuvre de jeunesse, signée et datée au dos du piédouche Louis Botinelly / 1904.
À l’automne 1903, le jeune homme âgé de 20 ans s’émancipe de la tutelle paternelle. Il loue alors un atelier au 35 rue Ferrari, dans le quartier de la plaine Saint-Michel (aujourd’hui place Jean-Jaurès). Il s’octroie ce luxe grâce à l’argent gagné dans divers concours de l’école des Beaux-Arts et à l’exécution, moyennant finances, de quelques portraits de particuliers.
À l’issue de sa 5e année d’étude, il apparaît comme l’élève le plus méritant de l’école des Beaux-Arts de Marseille. À ce titre, le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts lui décerne, le 20 juin 1904, une bourse de voyage d’une valeur de 400 francs-or. Botinelly part pour l’Italie et revient plein d’ambition : il désire désormais poursuivre ses études dans la capitale. Il sacrifie son atelier de la rue Ferrari et regagne le domicile parental, sis 22 chemin de Saint-Pierre. Tout l’argent économisé est désormais thésaurisé pour Paris.
Ce buste d’inconnu date de cette époque. Il s’agit très vraisemblablement d’un bourgeois marseillais. Il s’agit certes de la plus ancienne œuvre de Botinelly identifiée, mais la facture en est très scolaire et le personnage banal. Par ailleurs, l’œuvre est en plâtre (original), toutefois c’est la pierre qui fait la renommée de l’artiste… notamment au cours des années art déco, sa meilleure période. Tout cela fait que la mise à prix de 5000 € est ridicule : ce buste est surestimé de dix fois sa réelle valeur au minimum. En toute logique, il ne devrait pas trouver preneur. À suivre…