mardi 13 janvier 2009

Jules Cantini

Hier, en parlant de la fontaine Cantini, je me suis promis de vous communiquer la notice que j’ai consacrée à Jules Cantini dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur. Dans ma notice, je ne me suis intéressé qu’aux aspects de sa personnalité liées aux arts :

Cantini Jules (Marseille, 4 février 1826 – Marseille, 2 février 1916), marbrier, mécène et sculpteur.
Fils d’un maçon italien immigré, il suit les cours d’Augustin Aubert à l’École gratuite de dessin de Marseille au début des années 1840. Parallèlement, il se forme dans l’atelier de sculpture de Pierre Cantini, son frère aîné, auteur d’une Fontaine dédiée au préfet Villeneuve-Bargemon en 1831, avant de lui succéder en 1851. Dès lors, il s’agrandit et acquiert des carrières tout autour de la Méditerranée. Il entreprend alors de promouvoir ses marbres et ses onyx par le biais de l’art : au Salon marseillais de 1855, il présente deux plateaux de tables en mosaïques de pierres dures. Plus tard, il s’adjoint les services de sculpteurs lauréats du prix de Rome pour la réalisation de grandes statues polychromes (Hélène par Henri Lombard, musée des Beaux-Arts de Marseille, 1885 ; La Nature se dévoilant devant la Science par Barrias, musée d’Orsay, 1899) avant de se lancer seul (Le Bon Accueil, musée des Beaux-Arts de Marseille, 1906). Par ailleurs, il sculpte avec Ingénu Frétigny le piédestal en marbre du Monument à Henry Espérandieu (cour du Conservatoire de musique, 1882). Il est également l’auteur d’un buste en marbre de l’architecte Léon Vaudoyer (cathédrale de Marseille). De manière très exceptionnelle, il donne des modèles pour la fonte : porte du caveau d’Étienne Zafiropulo au cimetière Saint-Pierre (1895) ou buste du Monument au marquis de Villeneuve-Trans à Roquefort-la-Bedoule. Enfin, en tant que mécène, il offre à sa ville natale plusieurs œuvres importantes : la monumentale Fontaine Cantini, sculptée par André Allar (1911), une copie du David de Michel-Ange (1913) et une seconde du Milon de Crotone de Puget (1916).

Ernest Barrias, La Nature se dévoilant devant la Science, marbres polychromes, onyx et lapis-lazuli, 1899 – Musée d’Orsay
(dans le fond, on aperçoit une œuvre d’un sculpteur marseillais : Œdipe à Colone de Jean Hugues, groupe marbre, 1885)

Jules Cantini, porte du caveau d’Étienne Zafiropulo, bronze, 1895
Cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

Ateliers de Jules Cantini, Milon de Crotone d’après Pierre Puget, groupe marbre, 1916
Cours Jean Ballard, 1er arrondissement

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