lundi 12 janvier 2009

La Fontaine Cantini (André Allar sculpteur)

Aujourd’hui, je vous communique une notice de mon livre Vie et œuvre du sculpteur André Allar (1845-1926) :

Par lettre en date du 22 avril 1908, le marbrier Jules Cantini informe la Ville de son désir d’élever à ses frais une fontaine monumentale. Le 2 octobre 1908, après avoir examiné la maquette du projet, le Conseil municipal accepte l’offre généreuse. Le site retenu par l’industriel est la place Castellane, alors occupée par un obélisque érigé sous le Premier Empire. Celui-ci est transféré au rond-point de Mazargues en 1909, libérant ainsi l’espace convoité.

Chantier de la fontaine Cantini en 1911 – carte postale

L’ensemble des travaux s’effectue à Carrare, chez deux entreprises de praticiens. Tandis que la maison Nicoli entreprend la pratique des parties décoratives (groupes, statues…) d’après les modèles d’André Allar, les ateliers Beretta réalisent le bassin et la structure architectonique. Sous la direction de Renato Beretta, un ingénieux mécanisme de vidange des gros monolithes qui constitue le cœur de la fontaine est créé. Puis les blocs de marbre taillés sont acheminés par voie maritime jusqu’a Marseille – sans exonération des taxes portuaires, promise par la municipalité mais refusée par l’État – et sont mis en place en 1910-1911. Au terme des travaux, le 12 novembre 1911, le député maire Bernard Cadenat inaugure le monument ; le 7 décembre 1911, le sculpteur André Allar est élu correspondant de l’Académie de Marseille, en remerciement de sa somptueuse fontaine.
Jules Cantini a conçu lui-même le programme iconographique qu’Allar transcrit dans le marbre. Les allégories glorifient la Ville et la Région : au sommet de la colonne trône Marseille, sur les quatre faces du monument, les groupes symbolisent la Source ou l’Huveaune, le Torrent ou la Durance, le Fleuve ou le Rhône et la Mer ou Amphitrite ; sur le fut de la colonne, deux reliefs représentent la Pêche et la Chasse. De fait, l’activité du mécène n’apparaît pas dans cette splendide fontaine si ce n’est par la profusion du marbre (1 616 tonnes de marbre de Carrare).

André Allar, Fontaine Cantini – carte postale
Place Castellane, 6e arrondissement

Dans cet ouvrage néo-baroque, le statuaire retrace une histoire de la sculpture. Le Rhône, par exemple, s’avance comme l’Océan de la Fontaine de Trevi (1732-1762). Le Torrent possède, lui, toute l’énergie du David (1623) du Bernin ; à sa gauche, se tient la réplique fidèle du Jeune pêcheur napolitain jouant avec une tortue (1833) de François Rude. La Source évoque la grâce des figures féminines de Jean-Baptiste Carpeaux. La Mer, enfin, reprend la pose de la Sève (Salon de 1909) du sculpteur Art nouveau Raoul Larche.

La place Castellane sous la neige, le 6 janvier 2009

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