mardi 17 février 2009

Élie-Jean Vézien

Vézien Élie-Jean (Marseille, 18 juillet 1890 – Marseille, 7 septembre 1982), sculpteur et médailleur
En 1904, il entre en apprentissage chez un maître graveur et orfèvre qui le recommande à François Carli et l’inscrit à l’École des Beaux-Arts de Marseille. Talentueux, il reçoit très tôt sa première commande, un Saint Michel terrassant le dragon (bas-relief marbre, 1906), pour une façade, à l’angle des rues Tilsit et des Trois Frères Barthélemy. En 1911, il obtient une bourse pour poursuivre ses études à Paris mais il est rattrapé par ses obligations militaires. Son service est néanmoins écourté grâce aux relations d’Auguste Carli. Il peut donc enfin présenter le concours d’entrée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts en mai 1914 : il est reçu premier. Il entre dans l’atelier de Coutan. Hélas, la guerre éclate et il est mobilisé dès le 2 août. Le 21 mars 1916, il est blessé et fait prisonnier à Verdun. Libéré en octobre 1919, il reprend avec fougue ses études : en 1921, il remporte le 1er grand prix de Rome avec Les Fiançailles (bas-relief plâtre, ENSB-A). Cette même année, il débute au Salon des Artistes Français qu’il fréquente jusqu’en 1937. Il y glane plusieurs récompenses : mention honorable en 1921 (Le Printemps, bas-relief plâtre devant décorer une fontaine), médaille d’argent en 1924 (L’Éveil, haut-relief décoratif) et médaille d’or en 1931. Il obtient une autre médaille d’or lors de l’Exposition Internationale de Paris en 1937. Par ailleurs, il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1935. Sa carrière connaît alors un formidable essor, tant en France (décor de la chapelle de l’Ossuaire de Douaumont à Verdun ; La Peinture, bas-relief pour le Palais de Chaillot ; statues de Pierre Antoine Berryer et de Gustave Ganay pour Marseille ; statue du Bailly de Suffren pour Saint-Cannat…) qu’à l’étranger (statues du Cardinal Lavigerie pour Tunis et Alger ; buste de Champlain pour Port-Champlain au Canada ; chemin de croix pour l’École des Frères d’Alexandrie en Égypte ; chemin de croix pour l’Institut Catholique de Rome ; décor d’une piscine à Los Angeles…). S’il maîtrise l’art le plus monumental comme pour La Source, une figure de 8m de hauteur décorant la façade du pavillon de la France à l’Exposition Internationale de Liège en 1939, il se révèle également excellent médailleur. Pendant la seconde Guerre mondiale, il remporte le concours national des nouvelles monnaies de l’État (pièces de 10 et 20 francs). On lui doit en outre de nombreuses médailles telles que les professeurs Cornil, Tian, Roger, Le Débarquement des Alliés à Saint-Tropez, La Provence ou encore la médaille d’honneur de la Ville de Marseille Gyptis et Protis. Enfin, il se consacre à l’enseignement : professeur de sculpture à l’École des Beaux-Arts de Marseille, il exerce les fonctions de directeur de 1942 à 1961, puis, à partir de 1962, de directeur honoraire. Depuis 1943, il occupe le siège laissé vacant par Constant Roux à l’Académie de Marseille. Il est également membre correspondant de l’Institut ainsi que président d’honneur de l’Union des Artistes de Provence et vice-président de la revue Arts et Livres de Provence.

Élie-Jean Vézien, Gyptis et Protis, médaille
Collection particulière

Bibl. : Chamant (Francis J.-P.), « Élie-Jean Vézien (1890-1982) », Marseille, n°130-131, 1982.

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