lundi 13 avril 2009

Barthélemy Chardigny

Voici une longue notice du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Chardigny Barthélemy François (Rouen, 4 septembre 1757 – Paris, 1813), sculpteur
Fils d’un marbrier, il est l’élève de Pajou et d’Allegrain à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture dès 1773. En 1782, il remporte le Grand Prix de Rome avec La Parabole du Bon Samaritain. En route pour l’Italie, il fait halte à Toulon en décembre 1783. Là, l’architecte et ingénieur Sigaud lui commande un grand bas-relief et vingt petits pour le décor de l’église Saint-Louis ; le contrat n’ayant pas été ratifié par les consuls de la ville, la commande est annulée en 1786. Le 24 janvier 1784, il arrive enfin à Rome, mais se montre rapidement indiscipliné : il est finalement renvoyé en 1785 pour avoir projeté de s’enfuir avec l’une des filles de Lagrenée, directeur de l’École de Rome, dont il s’était épris. Il revient alors en France et se fixe à Aix-en-Provence. Toujours en relation avec Toulon, il signe le 13 mars 1786 un nouveau traité par lequel il s’engage à livrer avant septembre 1787 un grand bas-relief, deux statues, une descente de croix en pierre d’Arles et un modèle de chaire. À la date butoir, il n’a envoyé que des modèles et propose de réaliser les ouvrages moyennant une augmentation ; les consuls font alors exécuter par le sculpteur Marc Roux, en stuc et d’après le modèle de Chardigny, le bas-relief Saint Louis sur son lit de mort. L’artiste intente donc un procès à la ville : après délibération, la Municipalité décide de lui rendre ses modèles et de ne conserver que celui de la chaire. Il livre cependant les deux statues en pierre de Calissanne, La Religion (disparue à la Révolution) et La Vierge écrasant la tête du serpent (aujourd’hui sur la façade postérieure de la chapelle de l’hôpital maritime de Saint-Mandrier), alors achevées ; elles sont placées dans les absides de l’église Saint-Louis. Entre deux démêlés avec Toulon, il obtient des commandes privées dont un buste en marbre du Comte Joseph Balthasar Siméon enfant en 1787 ou celui d’Alexandre Jules Antoine Fauris de Saint-Vincens (modèle en terre crue au musée Granet d’Aix) vers 1790. En juillet 1788, la ville d’Aix lui commandite l’exécution de quatre frontons et de quatre statues (Louis XVI, Henri IV, Charles III et le Roi René) pour son nouveau palais de Justice ; la commande avorte avec la Révolution et les deux modèles terminés (Henri IV et René d’Anjou – musée Granet) sont mis sous séquestre. Il épouse toutefois les idées révolutionnaires : il sculpte une statue colossale en plâtre de La Patrie, figure éphémère installée en haut du cours Mirabeau pour la fête civique de septembre 1793. En 1795, il déménage à Marseille. En juillet 1796, il obtient la commande d’une statue de La Liberté pour l’hôtel de ville. Avec la nomination de Charles Delacroix comme préfet des Bouches-du-Rhône en 1800, il entre dans une période faste : buste de Bonaparte (1801, musée des Beaux-Arts de Marseille), fontaine commémorative de la peste de 1720 avec le Génie de l’Immortalité (statue marbre, 1802 – musée des Beaux-Arts de Marseille), fontaine du Commerce avec La Pêche et La Cueillette des olives (bas-reliefs marbre, 1802 – musée des Beaux-Arts de Marseille). Au demeurant, il est élu membre de l’Académie de Marseille (1800), participe aux expositions locales, portraiture la bourgeoisie (Claude François Achard, buste terre cuite – Académie de Marseille). En 1806, il travaille à une statue de l’impératrice Joséphine pour la serre du Jardin Botanique mais le blocus continental l’empêche de s’approvisionner en marbre ; il prend du retard et se retrouve dans l’embarras, d’autant plus que son passé le rattrape : il aurait détourné de l’argent en 1800 sur la comptabilité des étapes et convois militaires dont il avait la charge. Sommé de s’expliquer devant la cour criminelle de la Seine, il quitte définitivement Marseille tandis que son atelier est placé sous scellés jusqu’en juin 1809. Ses affaires avec la Justice réglées, on le retrouve au Louvre en 1812 où il taille deux bas-reliefs pour l’escalier Nord (Jupiter et Junon). Il meurt l’année suivante d’une chute de son échafaudage au Louvre. On peut voir ses œuvres au musée Granet d’Aix-en-Provence (Le Clergé et la Noblesse vaincus par le Tiers-État sous la protection de la Loi, groupe terre crue, vers 1790-1794 ; La Justice, statuette cire, vers 1802) et au musée des Beaux-Arts de Marseille (Le Mariage Samnite, groupe plâtre, 1802).

Barthélemy Chardigny, Le Génie de l’Immortalité, copie marbre, vers 1877
Boulodrome surplombant la place Carli, 1er arrondissement

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