lundi 11 mai 2009

L'Arc de Triomphe de la Porte d'Aix - 1

À partir d’aujourd’hui, je vous livre en feuilleton un extrait de ma thèse de doctorat (Les grands prix de Rome de sculpture formés à Marseille dans la seconde moitié du XIXe siècle, soutenue à Montpellier III en 2000) :

IC1- Les chantiers de la Monarchie de Juillet
La Monarchie de Juillet, à Marseille, est fortement marquée par l’empreinte de Maximin Consolat, maire de 1831 à 1843. Sa politique architecturale est celle de l’austérité et de l’utilité. Son successeur, Élisée Reynard (1843-1848), poursuit les chantiers amorcés ; l’apport en eau et la construction d’un canal de la Durance à la cité phocéenne, un nouveau port à la Joliette, une gare ferroviaire s’avèrent plus nécessaires qu’une architecture prestigieuse d’agrément.
Néanmoins, ce régime voué à la sobriété décorative achève le premier grand et ambitieux chantier de sculpture statuaire commencé sous la municipalité du marquis de Montgrand : celui de l’arc de triomphe de la Porte d’Aix.

Michel-Robert Penchaud, Arc de la Porte d'Aix, pierre, 1825-1839
Place Jules-Guesde, 3e arrondissement

IC1a - L’Arc de la Porte d’Aix
Le projet d’un arc triomphal à Marseille date de l’Ancien Régime. Déjà sous Louis XVI, en effet, l’idée avait germé sans aboutir. Elle se concrétise enfin en 1823 pour commémorer la campagne d’Espagne et glorifier le Dauphin de France, généralissime des armées et duc d’Angoulême. Les plans définitifs sont dressés par Michel-Robert Penchaud (1772-1833), architecte de la Ville, et approuvés le 30 août 1824 ; la première pierre est posée le 6 novembre 1825 82. Par sa forme, le monument rappelle l’Arc de Titus. Ses dimensions sont harmonieuses (18,95m. x 18,55m. x 12,60m.) ; l’ouverture de son arcade mesure 5,60 mètres. Mais, si d’aspect, il apparaît très classique, son discours iconographique est très engagé. De fait, à la suite des événements du début des années 1830, le programme décoratif est remanié. L’Arc de la Porte d’Aix n’est finalement achevé qu’en 1839, soit trois années seulement après l’Arc de Triomphe de l’Étoile qui, lui aussi, a connu de nombreuses vicissitudes.

82 Masson (Paul) [sous la direction de], Bouches-du-Rhône. Encyclopédie départementale, t.VI La vie intellectuelle, 1914, p.794-795

1 commentaire:

lazaretdesiles a dit…

Merci pour cette mise en ligne édifiante

Les amis de Michel-Robert Penchaud