mercredi 13 mai 2009

L'Arc de Triomphe de la Porte d'Aix - 2

· Le programme décoratif
L’iconographie est établie dans une convention le 24 juin 1828 83. Complexe, elle se découpe en cinq lots différents. Tout d’abord, huit figures de 2,75m. de hauteur, en ronde-bosse, habillent l’attique telles des acrotères dans le prolongement des colonnes corinthiennes de l’arc. Ses allégories symbolisent les vertus militaires : Le Dévouement, La Résignation, La Valeur, La Prudence côté nord et La Force, La Tempérance, La Vigilance, La Clémence côté sud. Chaque statue est estimée à 8000 francs, soit 64000 francs pour l’ensemble.
Quatre Renommées 2,75m. de hauteur en demi-relief ornementent les écoinçons de l’arcade. Une somme de 3000 francs est allouée pour chacune de ces figures ailées, soit un total de 12000 francs.
Quatre trophées, couplés avec une victoire, d’un format de 3,55m. pour 0,47m. de saillie ornent l’entrecolonnement des piédroits de l’édifice. Chacun de ses motifs est payé 10000 francs, soit une commande globale de 40000 francs. Là s’achève l’iconographie traditionnelle de circonstance.
Viennent ensuite les reliefs historiés qui surmontent les trophées d’armes. Un ensemble de quatre panneaux de 3,07m. sur 2,20m. illustrent la campagne d’Espagne : La Prise de Pampelune, La Soumission de Barcelone, L'Attaque du Trocadéro et Le Prince victorieux offrant la Paix et la Concorde à l’Espagne délivrée. Une allocation de 9000 francs recouvrent les frais de chaque relief, soit 36000 francs pour la totalité.
Enfin, pour le décor sis sous l’arcade elle-même, constitué de deux grands bas-reliefs de 6,00m. sur 2,60m., les sujets choisis représentent, d’une part L’Armée d’Espagne triomphante repassant les Pyrénées sous les ordres du Prince généralissime et d’autre part Le Prince et la Princesse son épouse recevant l’hommage de l’admiration et de la reconnaissance des Marseillais. 14000 francs sont attribués pour chacune des frises historiées, soit 28000 francs les deux.
L’ensemble de la commande statuaire de l’arc de la Porte d’Aix se chiffre à 180000 francs auxquels il convient d’ajouter 4000 francs destinés aux travaux d’épannelage des blocs de pierres. Malgré l’importance de l’ouvrage, l’exécution est répartie entre deux artistes seulement : David d’Angers (1788-1856) et Étienne-Jules Ramey (1796-1852).
La révolution de 1830 affecte le programme décoratif alors à peine commencé. Si les allégories de l’attique, les renommées et les trophées échappent à toute transformation du fait de leur caractère neutre, les bas-reliefs célébrant le précédent régime disparaissent définitivement. Par délibération du Conseil municipal du 31 août 1831 84, les grandes batailles menées sous la 1ère République et du 1er Empire (Fleurus, Héliopolis, Marengo et Austerlitz) se substituent au panneaux narrant les épisodes glorieux de la campagne d’Espagne tandis que, sous l’arcade, l’iconographie devient La Patrie appelant ses enfants à la défense de la Liberté à l’est et Les Braves recevant de la Patrie la récompense de leurs exploits à l’ouest.

83 A.M.Marseille 32M2 : arc de triomphe - construction : sculpture, ornement, procès verbaux de réception (1828-1835)
84 A.M.Marseille 1D56, délibération du Conseil municipal du 31 août 1831, p.298-302 : arc de triomphe


(PS. : je rajouterai les photos ultérieurement... voir la chronique du 24 juillet 2009)

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