lundi 3 août 2009

Atlantes (François Gilbert sculpteur)

Aujourd’hui, je vous communique une notice de mon amie Florence Marciano issue de l’exposition photographique Figures en façades qui eut lieu à la préfecture des Bouches-du-Rhône pour les journées du patrimoine 2005.

Laurent Déonna, négociant, consignataire des Bateaux à Vapeur Siciliens et co-fondateur des Messageries Nationales, est le commanditaire en 1864 d’un immeuble à double fonction : il abrite à la fois ses bureaux et son logement. Il fait appel à deux architectes marseillais, les frères Pierre-Marius (1808-1876) et Alexandre (1819-1899) Bérengier dont l’agence est l’une des plus importantes à Marseille ainsi qu’à François Gilbert (1816-1891), sculpteur parisien alors en charge de plusieurs commandes publiques (Palais de la Bourse, Palis de Justice) ; ce choix est révélateur de la volonté de Déonna d’exposer sa réussite.
Seul signe de richesse dans une façade particulièrement sobre, les deux atlantes véritablement monumentaux affirme le rang de leur commanditaire. Mais ils sont en rupture avec les habituelles références baroques et sont remarqués pour cela : « M. Gilbert a donné à ses torses une beauté surhumaine, une admirable tranquillité, et à ses visages l’expression sérieuse de la force immortelle » selon Louis Brès (Le Courrier de Marseille, 8 décembre 1865).

François Gilbert, Atlantes, pierre, 1865
22, rue Breteuil, 6e arrondissement

En choisissant cet emplacement, Laurent Déonna respecte la règle qui rassemble cours Bonaparte (actuel cour Puget) l’essentiel du milieu des négociants et armateurs marseillais ; ils logent en effet dans des hôtels particuliers dont le rez-de-chaussée est souvent dévolu à leurs bureaux. Mais la surface du terrain autorise les architectes à développer un bel immeuble d’angle dont la façade principale se trouve rue Breteuil et qui offre des espaces spacieux, éclairés, fonctionnels, aux circulations clairement définies par trois portes, une principale et deux secondaires (bureaux, logement et services). L’ordonnance classique et équilibrée d’une façade de six travées porte également le témoignage des idées nouvelles, en particulier dans la présence du comble brisé ardoisé, modèle parisien qui se répand avec les immeubles de la rue Impériale (actuelle rue de la République).

Bibliographie : Pour ce qui concerne l’architecture privée dans la Marseille du XIXe siècle, je recommande le livre de Florence Marciano L’architecture domestique à Marseille au XIXe siècle (La Thune, 2005).

1 commentaire:

Anonyme a dit…

a noter que celui de Toulouse (Façade de l'Hotel de Pierre, atlante de Nicolas Bachelier) ne porte l'édifice que d'une main, l'autre contenant une barbe abondante cf MoIse de M.A