mercredi 5 août 2009

Valère Bernard

Il y a quelques années, j’ai découvert au cimetière Saint-Pierre une tombe décorée par Valère Bernard. On le connaît surtout comme poète félibréen et peintre, mais il a également produit plusieurs sculptures dont une Douleur pour la sépulture d’Henri Carabelli (carré 30, si je me souviens bien). Je vous donne donc la notice que mon amie Armelle Parisse a rédigé à son propos pour le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d'Azur dont j'ai dirigé la refonte:

Valère Bernard, Douleur, statue pierre
Cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

Valère Bernard (signature)

Bernard Valère François Marius, dit parfois Valère-Bernard (Marseille, 10 février 1860 – Marseille, 8 octobre 1936), peintre, sculpteur, graveur, poète et romancier
Après sa scolarité au Lycée de Marseille et l’obtention de son baccalauréat en 1877, il entre à l’École des Beaux-Arts de Marseille, jusqu’en 1881, comme élève de Magaud et de Joanny Rave ; il devient plus tard un éminent professeur de cette même école. En 1882, il intègre, après concours, à l’École des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de Cabanel où il se passionne rapidement pour le dessin et la peinture. C’est également à partir des années 1880 qu’il obtient le soutien et l’amitié du peintre Puvis de Chavannes jusqu’à la mort de celui-ci en 1898. Par ailleurs, il se forme à l’eau-forte auprès de Félicien Rops. Parallèlement à ses études artistiques, il se passionne pour la langue provençale ; à ce titre, il est reçu comme félibre en 1879, à peine âgé de 19 ans… il en devient d’ailleurs majoral – Cigalo dou Var – en 1893, puis Capoulié du Félibrige de 1909 à 1919. À Paris, il se lie avec Paul Arène, Raoul Gineste (Dr Adolphe Augier), Jules Boissière, Maurice Faure et collabore à la Revue Félibréenne fondée par Paul Mariéton. De retour à Marseille en 1884, où il demeure tout le reste de sa vie, Valère Bernard commence alors une activité intense, débordante de production artistique aussi bien dans le domaine de la peinture que dans celui de la littérature, romans (La Pouriho [La Plèbe], 1889 ; Lei Boumian [Les Bohémiens], 1907…) et poésies (L’Aubo [L’Aube], Lou Cantaire [Le Chanteur]…) tant en français qu’en provençal. Au demeurant, il orne de fresques la salle consistoriale du Museon Arlaten (La Dama del Rat-Penat, La Coumtesso et L'entrée de Pierre 1er à Toulouse), la mairie de Maillane (La Farandole) et la mairie de La Ciotat (L’Industrie). Cependant, c’est surtout comme aquafortiste qu’il est connu. À Marseille, dans les années 1920-1930, rien ne se fait dans le domaine des Arts sans qu'il ne soit consulté : il siège dans les jurys de tous les concours et expositions. Mais la reconnaissance de son talent par ses pairs avait eu lieu bien des années avant, lorsque l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille le reçoit comme membre le 22 mars 1903, dans la classe des Beaux-Arts. En 1933, sa cécité, déclarée un an auparavant, s’aggrave à la suite à une forte fièvre ; il ne perçoit alors plus que les couleurs éclatantes. Il s’éteint trois ans plus tard. On trouve ses œuvres dans plusieurs musées de la région : à Marseille (Jean-Baptiste Olive dans son atelier [peinture], Orphée [sculpture polychrome], totalité de l’œuvre gravée et dessins préparatoires – musée des Beaux-Arts / Cortège vénitien, Sérénade à Venise, Paysage à Capri, Nymphe, Vieilles maisons corses – musée Cantini / La Fondation de Marseille, Les Gueux au Soleil, Promenade au bord de mer, deux portraits de Tambourinaire, un Autoportrait, le portrait de sa fille Anna en costume de Marseillaise – musée du Vieux Marseille / Autoportrait, Jeune Gitan et des eaux-fortes – musée de Château-Gombert), à Toulon (Le Christ arrêté et conduit à Jérusalem, La Tentation de saint Antoine [peintures], La Mort de sainte Cécile [aquarelle]).

Bibliographie : Valère Bernard symboliste 1860-1936, catalogue d’exposition, Marseille, 1981 ; Nougier (Paul) & Ricard (Georges), Valère Bernard, Approche de l’artiste et de son œuvre, Comité Valère Bernard, 1987 ; Soubiran (Jean-Roger), Valère Bernard 1860-1936, éditions Jeanne Laffitte, Marseille, 1988.

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