samedi 5 septembre 2009

Le cours du Chapitre à la Belle Époque - I

Le directeur de la Brasserie des Danaïdes Nicolas Durcin, après avoir lu sur mon blog l’article du 24 février 2008, m’a demandé d’animer une visite-conférence en marge des prochaines journées du patrimoine. Le sujet portera sur « Le cours du Chapitre à la Belle Époque : histoire de la fontaine des Danaïdes ».

Rendez-vous le vendredi 18 septembre 2009, à 18 heures, devant la Brasserie des Danaïdes (4-6, square de Stalingrad – 13001 Marseille / métro : Réformés-Canebière). Contact et renseignements : Brasserie des Danaïdes – 04 91 62 28 51 / www.lesdanaides.fr

J’ai décidé de vous livrer en avant-première (et en plusieurs livraisons) le canevas de ma conférence :

I

Sous la IIIe République, la Ville de Marseille poursuit sa politique d’embellissement urbain commencée sous le régime précédent (cf. Palais Longchamp, élargissement de la rue Noailles pour former l’actuelle Canebière…). Toutefois, son budget est lourdement grevé par le remboursement des emprunts à long terme contractés sous le Second Empire et qui ne sera soldé qu’après la 1ère Guerre mondiale.
De fait, les projets somptueux sont-ils abandonnés, faute de moyens, à des comités (cf. Monument des Mobiles, 1894 – J. Turcan) ou à des mécènes privés (Fontaine Estrangin, 1890 – A. Allar ; Fontaine Amphitrite, 1906 – A. Carli ; Fontaine Cantini, 1911 – A. Allar). La Ville se contente alors de projets plus modestes comme pour le 1er aménagement du cours du Chapitre.
Au milieu du XIXe siècle, le Chapitre était encore un vaste carré sans issue où l’on jouait au boules tandis qu’aux environs (Cinq Avenues, Chartreux) on chassait le lapin. À l’origine, il s’agit d’un domaine appartenant aux chanoines de Saint-Victor, vendu comme bien national le 26 mai 1791. La place prend le nom de « cours du Chapitre » le 8 avril 1808, mais il faut attendre la 2nde du siècle pour qu’elle soit rattachée à l’urbanisme marseillais ; elle reste cependant excentrée (reproche que l’on faisait également au Palais Longchamp). Néanmoins, au tournant du XXe siècle, les platanes touffus font du lieu une oasis, l’un des coins les plus ombragés et les plus frais de la cité phocéenne qui attire les promeneurs ; ceux-ci s’attablent ensuite, pour boire ou manger, à la terrasse de la grande Brasserie du Chapitre (l’actuelle poste). À partir de 1908, un bar s’installe en face, au n°6 (à l’actuel emplacement de la Brasserie des Danaïdes, sise 4-6 square de Stalingrad).

La Brasserie du Chapitre, carte postale, avant 1910

La Ville intervient donc une 1ère fois dans l’embellissement du cours en 1896. Elle installe un bassin (dont le pourtour existe toujours) pour commémorer la visite en France du tsar Nicolas II et de la tsarine Alexandra du 5 au 9 octobre 1896 (pour sa part, Paris construit le pont Alexandre III !). Telle est l’ambiance du Chapitre en 1900 : un lieu d’agrément.

Le Cours du Chapitre et les Réformés, carte postale, avant 1907
Vue du bassin avant l’érection de la fontaine des Danaïdes

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