jeudi 26 novembre 2009

Le Monument des Marseillaises (Henri Lombard sculpteur)

Voici un extrait de la notice « Dames du Siège (les) » que j’ai écrite en collaboration avec Wolfgang Kaiser pour le dictionnaire Marseillaises, vingt-six siècles d’histoire (Édisud, 1999). À ce propos, je vous signale que cet ouvrage va être réédité en 2010 dans une version enrichie.

Henri Lombard, Monument des Marseillaises, maquette plâtre, 1911
Œuvre aujourd’hui non localisée

En juillet 1911, à l’instar du marbrier Jules Cantini (1826-1916) qui élève une fontaine monumentale sur la place Castellane, l’industriel Charles Verminck (1827-1911) souhaite offrir à la ville un monument digne d’elle. Afin de matérialiser son vœu, il s’attache les services du sculpteur Henri Lombard (1855-1929). Le sujet retenu rend hommage « Aux dames de Marseille de toutes conditions qui aidèrent à la défense glorieuse de la cité » en 1524 contre les troupes de Charles Quint.
Dans un premier temps, le Rond-Point du Prado devait accueillir le groupe commémoratif. Cependant, la rénovation des quartiers derrière le palais de la Bourse étant envisagée, l’idée d’ériger en centre ville le groupe sculpté séduit et le donateur et les élus municipaux. Hélas, le 13 décembre 1911, Charles Verminck décède et son testament ne mentionne pas ses volontés, oralement connues de tous, concernant le monument. Seule la maquette est alors réalisée. Les héritiers qui s’opposent fermement à la réalisation du caprice du défunt versent 10 000 francs-or au sculpteur en dédommagement et le projet est enterré définitivement. Suite à ce dénouement, Henri Lombard expose son œuvre au Salon de la Société des Artistes Français à Paris (1913, n°3747) puis l’offre au musée du Vieux-Marseille nouvellement créé.
Le sculpture s’étage sur trois registres dans une composition pyramidale au sommet de laquelle trône l’allégorie de la Victoire. Le niveau médian accueille les défenseurs de la cité, exhortés par les Marseillaises, tandis qu’aux pieds du monument l’on trouve les cadavres des assaillants les plus téméraires. Enfin, sur la face arrière, l’Histoire grave le mémorable épisode sur ses tablettes.

Bibl. : Thomas E. « À la mémoire des Marseillaises », Le Petit Marseillais, 10 août 1913

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