mardi 28 avril 2009

Pierre-Marius Bérengier (Jean Hugues sculpteur)

Ayant parler hier de la famille Bérengier, je rebondis aujourd’hui en vous présentant le décor sculpté de leur tombe familiale au cimetière Saint-Pierre (carré 18, rond-point des Mobiles). Il s’agit d’un médaillon en marbre dû au ciseau de Jean Hugues (1849-1926). Voici ce que j’en dis dans mon ouvrage consacré à ce sculpteur (p.23) :
« Parallèlement à ses travaux de pensionnaires [à la Villa Médicis], Jean-Baptiste Hugues honora ses premières commandes privées. Ainsi réalisa-t-il en 1878 un médaillon en marbre de l’architecte Pierre-Marius Bérengier (1808-1876) pour la tombe de ce dernier. La demande émanait vraisemblablement de son fils Louis, également architecte ; les deux jeunes gens appartenaient à la même génération et s’étaient peut-être liés d’amitié à l’École des Beaux-Arts de Marseille. Quoi qu’il en fût, il restèrent en contact leur vie durant, et ce jusqu’au décès de Louis Bérengier en 19051. »

Jean Hugues, Pierre-Marius Bérengier, médaillon marbre, 1878
Ø 60 cm, signé et daté sur la tranche J. B. Hugues 1878

Le grand-œuvre de Pierre-Marius Bérengier reste l’église néogothique Saint-Michel, dans le quartier du Camas, inachevée faute de fonds.

1 Archives municipales de Marseille : nécrologe marseillais, t.1905-1906. La notice nécrologique de Louis Bérengier (1848-1905), décédé le 26 mars 1905, citait la présence du sculpteur aux funérailles de l’architecte.

lundi 27 avril 2009

Jean Bérengier

Voici un énième notice du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Bérengier Jean (Marseille, 4 février 1881 – ?)
Petit-fils et fils des architectes Pierre-Marius (1808-1876) et Louis (1848-1905), il se forme à la sculpture auprès de Thomas et Injalbert à l’École des Beaux-Arts de Paris. Il participe au Salon des Artistes Français de 1907 à 1911 où il reçoit une mention honorable pour un groupe en plâtre pittoresque (Sambre-et-Meuse, 1910). Il expose également au Salon des Indépendants de 1906 à 1908 ; là il présente des peintures, des portraits sculptés, des statuettes teintes ou en céramique, de l’art décoratif (La Chute, cendrier bronze ; L’Énigme, cachet céramique et bronze, 1908). Le musée des Beaux-Arts de Marseille conserve une statuette du Ténor Muratore. Il est le cousin de la sculptrice Fabienne Bérengier (1900-1975).

Jean Bérengier, Sambre et Meuse, groupe plâtre, 1910
Carte postale

mercredi 22 avril 2009

Ventes d'avril sur Internet

Dans l’actualité des ventes sur E-bay, on trouve deux sculpteurs marseillais.

Ary Bitter, Jeune fille au chevreau, terre cuite

Ce soir, vers 18 heures, est proposé à la vente une terre cuite d’Ary Bitter (1883-1973) : Jeune fille au chevreau (H. 27 cm – L. 70 cm – P. 16 cm).
Il s’agit d’une œuvre caractéristique de ce sculpteur, et vraisemblablement l’un de ses plus anciens motifs puisqu’il obtient une mention honorable au Salon des artiste français de 1910 – le premier auquel il participe – avec une statue en plâtre intitulée L’Enfant au chevreau (n°3305). L’œuvre vendue ce soir est une épreuve en terre cuite ; elle existe également en version bronze à patine verte, éditée par la fonderie Les Neveux de J. Lehmann (LNJL) à Paris en 1926.
L’œuvre, mise à prix 99 €, pourait bien s’envoler étant donné le nombre important des amateurs d’Ary Bitter.
Addenda : le petit groupe s'est vendu 168 €.




François Carli, Vierge, plâtre sur socle en marbre
(face et signature au dos)

Dans la nuit de vendredi à samedi prochain, sera proposé un petit buste de Vierge en plâtre patiné signé au dos F. Carli (H. 26 cm – poids 1,6 kg). Il s’agit assurément d’une œuvre reproduite (du XVIIIe siècle d’après le style) par le mouleur plutôt que d’une œuvre originale du sculpteur François Carli (1872-1957). À ce sujet, je renvoie à mes précédents articles sur l’atelier-musée des frères Carli.
L’enchère de départ est de 10 € mais est soumise à un prix de réserve ; de fait, l’œuvre risque de ne pas trouver preneur… à suivre.
Addenda du 25 avril 2009 : le buste a fait 26,50 € mais - comme je le prévoyais malheureusement - n'a pas atteint le prix de réserve.
Addenda du 30 avril 2009 : le buste est remis en vente pour le mardi 5 mai, mais sans prix de réserve semble-t-il cette fois-ci.
Addenda du 6 mai 2009 : mauvais calcul ! le prix de réserve précédent a dû échauder les internautes. Du coup, un seul enchérisseur s'est manifesté et a emporté le buste au prix de départ, soit 10 €.

dimanche 19 avril 2009

Étienne Dantoine

Voici une énième notice du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Dantoine Étienne (Carpentras, Vaucluse, 20 février 1737 – Marseille, 23 mars 1809), sculpteur
Apprenti chez un faïencier, il suit des cours à l’Académie de Peinture de Marseille où il se distingue. En 1766, il effectue un séjour à Rome où il remporte le grand prix du Capitole. De retour en France, il reçoit plusieurs commandes prestigieuses : à Carpentras, il exécute le Tombeau de Mgr Inguimbert (1774, Hôtel-Dieu) tandis qu’à Montpellier il réalise la Fontaine des Trois Grâces (1776, place de la Comédie) et la Fontaine des Licornes (place de la Canourgue). Il se fixe en 1784 à Marseille où il est nommé professeur au Lycée en 1899. Il expose au Salon marseillais, notamment en 1803 (an XI) : La Justice, la Sagesse et la Prudence posées sur la boule du monde (groupe terre cuite), Jupiter, Junon et la vache Io (groupe terre cuite), L’Océan et la Mer Méditerranée personnifiés et réunis par le canal du Languedoc (groupe terre cuite), Pleureuse (statuette), deux portraits en médaillons, Bacchante (modèle terre cuite d’une statue en marbre destinée à Paris). Pour la cité phocéenne, il sculpte encore les bustes en hermès de Puget (1801) et d’Homère (1803). Au demeurant, il est membre de l’Académie de Marseille depuis 1799. Le musée Calvet d’Avignon conserve de lui Agrippine voilée, Berger jouant de la flûte et un Vase funèbre.

Étienne Dantoine, Pierre Puget, buste marbre, 1801
Angle des rues de Rome et de la Palud, 1er arrondissement

Étienne Dantoine, Homère, buste marbre, 1803
Intersection des rues d’Aubagne, de l’Arc et du Moustier, 1er arrondissement

lundi 13 avril 2009

Barthélemy Chardigny

Voici une longue notice du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Chardigny Barthélemy François (Rouen, 4 septembre 1757 – Paris, 1813), sculpteur
Fils d’un marbrier, il est l’élève de Pajou et d’Allegrain à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture dès 1773. En 1782, il remporte le Grand Prix de Rome avec La Parabole du Bon Samaritain. En route pour l’Italie, il fait halte à Toulon en décembre 1783. Là, l’architecte et ingénieur Sigaud lui commande un grand bas-relief et vingt petits pour le décor de l’église Saint-Louis ; le contrat n’ayant pas été ratifié par les consuls de la ville, la commande est annulée en 1786. Le 24 janvier 1784, il arrive enfin à Rome, mais se montre rapidement indiscipliné : il est finalement renvoyé en 1785 pour avoir projeté de s’enfuir avec l’une des filles de Lagrenée, directeur de l’École de Rome, dont il s’était épris. Il revient alors en France et se fixe à Aix-en-Provence. Toujours en relation avec Toulon, il signe le 13 mars 1786 un nouveau traité par lequel il s’engage à livrer avant septembre 1787 un grand bas-relief, deux statues, une descente de croix en pierre d’Arles et un modèle de chaire. À la date butoir, il n’a envoyé que des modèles et propose de réaliser les ouvrages moyennant une augmentation ; les consuls font alors exécuter par le sculpteur Marc Roux, en stuc et d’après le modèle de Chardigny, le bas-relief Saint Louis sur son lit de mort. L’artiste intente donc un procès à la ville : après délibération, la Municipalité décide de lui rendre ses modèles et de ne conserver que celui de la chaire. Il livre cependant les deux statues en pierre de Calissanne, La Religion (disparue à la Révolution) et La Vierge écrasant la tête du serpent (aujourd’hui sur la façade postérieure de la chapelle de l’hôpital maritime de Saint-Mandrier), alors achevées ; elles sont placées dans les absides de l’église Saint-Louis. Entre deux démêlés avec Toulon, il obtient des commandes privées dont un buste en marbre du Comte Joseph Balthasar Siméon enfant en 1787 ou celui d’Alexandre Jules Antoine Fauris de Saint-Vincens (modèle en terre crue au musée Granet d’Aix) vers 1790. En juillet 1788, la ville d’Aix lui commandite l’exécution de quatre frontons et de quatre statues (Louis XVI, Henri IV, Charles III et le Roi René) pour son nouveau palais de Justice ; la commande avorte avec la Révolution et les deux modèles terminés (Henri IV et René d’Anjou – musée Granet) sont mis sous séquestre. Il épouse toutefois les idées révolutionnaires : il sculpte une statue colossale en plâtre de La Patrie, figure éphémère installée en haut du cours Mirabeau pour la fête civique de septembre 1793. En 1795, il déménage à Marseille. En juillet 1796, il obtient la commande d’une statue de La Liberté pour l’hôtel de ville. Avec la nomination de Charles Delacroix comme préfet des Bouches-du-Rhône en 1800, il entre dans une période faste : buste de Bonaparte (1801, musée des Beaux-Arts de Marseille), fontaine commémorative de la peste de 1720 avec le Génie de l’Immortalité (statue marbre, 1802 – musée des Beaux-Arts de Marseille), fontaine du Commerce avec La Pêche et La Cueillette des olives (bas-reliefs marbre, 1802 – musée des Beaux-Arts de Marseille). Au demeurant, il est élu membre de l’Académie de Marseille (1800), participe aux expositions locales, portraiture la bourgeoisie (Claude François Achard, buste terre cuite – Académie de Marseille). En 1806, il travaille à une statue de l’impératrice Joséphine pour la serre du Jardin Botanique mais le blocus continental l’empêche de s’approvisionner en marbre ; il prend du retard et se retrouve dans l’embarras, d’autant plus que son passé le rattrape : il aurait détourné de l’argent en 1800 sur la comptabilité des étapes et convois militaires dont il avait la charge. Sommé de s’expliquer devant la cour criminelle de la Seine, il quitte définitivement Marseille tandis que son atelier est placé sous scellés jusqu’en juin 1809. Ses affaires avec la Justice réglées, on le retrouve au Louvre en 1812 où il taille deux bas-reliefs pour l’escalier Nord (Jupiter et Junon). Il meurt l’année suivante d’une chute de son échafaudage au Louvre. On peut voir ses œuvres au musée Granet d’Aix-en-Provence (Le Clergé et la Noblesse vaincus par le Tiers-État sous la protection de la Loi, groupe terre crue, vers 1790-1794 ; La Justice, statuette cire, vers 1802) et au musée des Beaux-Arts de Marseille (Le Mariage Samnite, groupe plâtre, 1802).

Barthélemy Chardigny, Le Génie de l’Immortalité, copie marbre, vers 1877
Boulodrome surplombant la place Carli, 1er arrondissement

lundi 6 avril 2009

Adolphe Royan

Voici une nouvelle notice du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Royan Pierre Adolphe André (Marseille, 21 juin 1869 - Marseille, 16 novembre 1925), sculpteur.
Il est le fils d’Auguste Royan (Marseille, 1er juin 1837 - Marseille, 24 mars 1908), ornemaniste sur pierre et carton-pierre, collaborateur de l’architecte Joseph Letz (façade de l’église des Augustins et banque de France à Marseille, château de Jules Charles-Roux à Sausset-les-Pins…). De fait, au début des années 1890, il entame sa carrière de sculpteur ornemaniste et de staffeur dans la cité phocéenne au sein de l’atelier familial A. Royan & Cie. Vers 1895, il conçoit notamment le décor des couronnements des portes d’entrée des immeubles Boyer au 60, rue de la République. Parallèlement, il s’essaie à une carrière de portraitiste : il expose alors ses bustes au Salon marseillais entre 1893 et 1897 (Colonel Gay de Taradel, 1893 ; Madame Vimar, 1894 ; Antonin Palliès, 1896…) et tente une fois sa chance au Salon des Artistes Français à Paris en 1894. Son œuvre majeure reste cependant le Monument à la mémoire des conquérants de Tombouctou, commémorant l’anéantissement de la colonne Bonnier cinq jours seulement après la prise de la ville : en 1897, il remporte avec l’architecte Auguste Lombard, le concours du monument qui est élevé, l’année suivante, dans le cimetière Saint-Pierre de Marseille.


Auguste ou Adolphe Royan, Mercure, dessus-de-porte
26 rue de la Corse (anciennement boulevard de la Corderie), 7e arrondissement

Auguste ou Adolphe Royan, Mercure, dessus-de-porte, gravure
Documents et matériaux d’architecture, volume 8, n°413, 1907

La légende attribue ce décor à un certain Royance ; il s’agit d’une erreur d’orthographe, ce nom ne correspondant à aucun artiste marseillais.

jeudi 2 avril 2009

Jacques Daviel (Alphonse Guilloux sculpteur)

Suite de mes recherches et découvertes salonnières :
J’ai trouvé mention au Salon des artistes français de 1891 (n°2576) d’une statue en bronze de l’oculiste Jacques Daviel (1693-1762) sculptée par le Rouennais Alphonse Guilloux (1852-1939) et destinée à la ville de Bernay. Cette statue a été commandée par souscription en 1887 par la Société libre de l’Eure ; en 1890, elle est fondue en bronze par la maison Thiébaut moyennant 4200 francs-or.

Alphonse Guilloux, Monument à Jacques Daviel, statue bronze, 1891
Détruit en 1942 – carte postale

Et Marseille dans tout cela ! Eh bien, cette même année 1891, la cité phocéenne accorde à un comité une subvention de 300 francs-or pour l’érection d’un buste à Jacques Daviel (archives municipales 1D147, p.85-86, délibération du 10 novembre 1891). Or le sculpteur de ce portrait n’est autre qu’Alphonse Guilloux ! Il semble qu’il ait profité de sa première commande pour en initier une seconde à Marseille où le médecin débute sa carrière pendant la célèbre peste de 1720.

Alphonse Guilloux, Monument à Jacques Daviel, buste bronze, 1891
Esplanade de l’Hôtel-Dieu, 1er arrondissement

mercredi 1 avril 2009

Antoine Berryer (Auguste Barre sculpteur)

Je travaille à un essai sur « les représentations sculptées de Salomé sous la Troisième République » qui s’insérera dans un ouvrage collectif consacré au mythe de Salomé. J’aurai l’occasion de vous en reparler cet été lorsque le projet sera mieux défini. Quoi qu’il en soit, je dépouille actuellement les catalogues du Salon des artistes français ce qui m’a permis de trouver plusieurs informations sur des sculptures marseillaises auxquelles je ne m’étais guère attaché jusqu’à présent.
Il en va ainsi du sculpteur parisien Auguste Barre (1811-1896) et de sa statue en bronze de l’avocat et homme politique Antoine Berryer (1790-1868). Ce dernier a été plusieurs fois député de Marseille, aussi la ville lance-t-elle une souscription publique pour ériger un statue place Montyon.

Auguste Barre, Antoine Berryer dans le jardin des sculptures au Salon de 1874
Archives Nationales F/21/*7644, planche 38

Inauguration de la statue d’Antoine Berryer, 1875
Carte postale

La sculpture est exposée au Salon de 1874 sous le n°2659. Elle est ensuite envoyée à Marseille où elle est inaugurée en 1875. Fondue sous l’Occupation, elle est remplacée en 1948 par une statue en marbre due au ciseau du sculpteur marseillais Élie-Jean Vézien (1890-1982).