samedi 30 mai 2009

L'actualité des ventes de Louis Botinelly

Louis Botinelly est à l’honneur cette semaine.
Lundi 1er juin, l’hôtel des ventes de Morlaix propose trois médaillons du sculpteur. Par ordre chronologique, nous avons le portrait, daté de 1917, de Mlle Nicolet – sœur de la future seconde épouse de Botinelly, morte enfant de la typhoïde (n°22 de mon catalogue raisonné). Il s’agit d’un médaillon en marbre d’un diamètre de 18 cm, placé dans un cadre de pitchpin. L’estimation (que je trouve haute) est de 700/800 €.

Louis Botinelly, Mlle Nicolet, médaillon marbre, 1917

Suivent les portraits de M. et Mme Nicolet – beaux-parents du sculpteur remarié en 1921 – datés de 1922 (n°43 et 44 de mon catalogue raisonné). Il s’agit de deux médaillons de terre cuite d’un diamètre de 24 cm dans des cadres en pitchpin. Le 1er est estimé (surestimé ?) à 200/300 € et le second, à cause d’une fêlure, à 150/200 €.


Louis Botinelly, M. Nicolet, médaillon terre cuite, 1922


Louis Botinelly, Mme Nicolet, médaillon terre cuite, 1922

Parallèlement, un marchand propose en vente directe sur Ebay un grand groupe en plâtre de Botinelly : Suzanne au bain (n°69 de mon catalogue raisonné). L’artiste renouvelle le motif biblique : la jeune femme est surprise non pas par des vieillards mais par deux bambins espiègles. L’œuvre proposée provient d'un casino Niçois et dispose de son socle d'origine en bois. Ses dimensions sont conséquentes : socle (H. 70.8 cm – L. 215 cm – P. 58 cm) ; sculpture (H. 126 cm – L. 204 cm – P. 58 cm).

Louis Botinelly, Suzanne au bain, groupe plâtre, vers 1925-1928

Le vendeur en demande un prix astronomique : 13 900 € ! Un exemplaire similaire de la statue – certes sans le socle en bois – s’était vendu 6 000 € à l’hôtel Spendid de Dax le 15 décembre 2002.
L’œuvre existe également en d’autres matériaux :
* Le groupe en pierre de Lens, aux mêmes dimensions, figura au Salon de la Société des artistes français de 1928 (n°3153) où il obtint une médaille d’or.
* Des réductions en bronze ont été réalisées par la fonderie Susse frères (fondeurs à Paris) dès 1929 ; d’autres réductions en bronze ont été effectuées ultérieurement par la maison Barbedienne.
* Il existe aussi des réductions en marbre.

samedi 23 mai 2009

Francis André

Voici une courte notice du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Corse :

André Francis (Marseille, XIXe-XXe), sculpteur
Élève de l’École des Beaux-Arts de Marseille, il est mobilisé à Digne en 1914. Il y réalise un buste de Mgr Lenfant ainsi que la vignette des coupures de la Chambre de Commerce. Après la guerre, il revient à Marseille et participe à l’Exposition Coloniale de 1922 pour laquelle il réalise la fontaine monumentale du Grand Palais en collaboration avec l’architecte Étienne Bentz.

Francis André, Fontaine monumentale du Grand Palais
Exposition coloniale de Marseille, 1922 (détruite)

Depuis, j’ai appris que ce sculpteur avait réalisé en 1921 le buste de Raymond Cayol enfant (1917-1997), futur député des Bouches-du-Rhône (élu en 1946).

Francis André, Raymond Cayol, buste, 1921
versions plâtre sur piédouche bois et bronze sur piédouche marbre
collections particulières

dimanche 17 mai 2009

L'Arc de Triomphe de la Porte d'Aix - 4 & fin

IC1b - Les prémices du parisianisme
Après l’achèvement de l’arc de triomphe, certains s’interrogent tardivement sur un discours iconographique plus approprié. En effet, « il est peut-être à regretter [...] qu’au lieu d’élever un nouveau témoignage d’admiration à des gloires que la capitale avant nous et mieux que nous a déjà magnifiquement consacrées, nous n’avons pas pensé alors, nous capitale du Midi, aux vieilles illustrations de la Provence, aux gloires de notre propre histoire » 92. À ce propos, l’Arc de la Porte d’Aix sert de leçon : par la suite, les constructions monumentales décorées de statuaire arboreront une imagerie plus en rapport avec les activités de la Ville et de la région avoisinante.
La municipalité, pour ce premier chantier de son histoire privilégiant grandement la sculpture, s’adresse à des artistes formés à Paris - il est vrai qu’alors, dans les Bouches-du-Rhône, aucun sculpteur de quelque talent ne se démarque - et titulaires du Grand Prix de Rome. Ainsi s’instaure une pratique qui va perdurer sous le Second Empire alors même que la situation s’avère différente puisqu’une École aixoise émerge à ce moment.

David d'Angers, La Mort d’Épaminondas, 1811, bas-relief plâtre
(110 x 150 cm)
Collection particulière

Le premier de ces statuaires est Pierre-Jean David dit d’Angers (1788-1856). Il obtient un Second Prix en 1810 avec Othryades mourant et, l’année suivante, il sort premier du concours de sculpture avec La Mort d’Épaminondas. Très actif sous la monarchie de Juillet dont il est l’un des sculpteurs officiels, il donne de nombreux monuments publics ainsi qu’une multitude de portraits en buste ou en médaillon de ses contemporains.

Étienne-Jules Ramey, Ulysse reconnu par son chien, 1815, statue plâtre (109 x 44 x 39 cm)
École nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris

Tout aussi officiel bien que moins connu, Étienne-Jules Ramey (1796-1852) est le fils d’un sculpteur dijonnais, Claude Ramey, lui-même lauréat du concours de Rome en 1782 93. Très jeune, il reçoit tous les honneurs dont le Grand Prix en 1815 - il n’a que 19 ans - avec Ulysse reconnu par son chien. En 1829, à 33 ans, il intègre l’Institut au siège prestigieux de Houdon. C’est donc à un maître fort bien introduit dans les milieux parisiens que s’adresse la Ville de Marseille.
Déjà, précédemment à la commande des bas-reliefs et des statues, la municipalité avait commandité les éléments décoratifs (rosaces, chapiteaux, frises, clés, modillons, moulures...) à deux sculpteurs d’ornements installés à Paris : Plantar et Fontaine. Ils s’engagent à réaliser dans le délais d’une année l’ensemble des motifs ornementaux de l’arc de triomphe moyennant la somme très précise de 65771,86 francs 94.Ainsi, l’ensemble du décor sculpté est élaboré dans la capitale. Une clause dans les soumissions réclame des modèles à l’échelle pour les ornements et au demi d’exécution pour les sujets statuaires. Toutefois, hormis dans la conception de l’iconographie qui relève du commanditaire et de l’architecte, les artistes semblent avoir bénéficié d’une relative liberté. Et, bien que, le 12 décembre 1829, une commission « composée du baron Gérard, de Percier et de Cartellier rejette plusieurs dessins de David et de Ramey [...], ils peuvent fournir eux-mêmes certains dessins et quand, avec le changement de régime, il fallut modifier les reliefs ils en discutèrent avec l’architecte » 95.

92 A.M.Marseille 32M3 : arc de triomphe - construction : procès verbaux de réception des ornements ; projet de transformation (1836-1859) : copie de la délibération du Conseil municipal du 27 juin 1842
93 Cette année-là, deux Grand Prix de sculpture furent décernés, l’un à Claude Ramey et l’autre à Chardigny dont la carrière artistique se déroule essentiellement en Provence.
94 A.M.Marseille 32M2 : arc de triomphe - construction : sculpture, ornement, procès verbaux de réception (1828-1835) : devis de la sculpture d’ornement d’architecture du 15 février 1827 et soumission Plantar - on note une double orthographe de ce nom, avec ou sans D final - du 12 avril 1827
95 Geoget (Luc) « Sculpture et architecture, un modèle marseillais » dans Marseille au XIXe. Rêves et Triomphes, Musées de Marseille/RMN, Marseille, 1991, p.221-222

samedi 16 mai 2009

L'Arc de Triomphe de la Porte d'Aix - 3

· Les aménagements envisagés
La Ville réceptionne les ouvrages de David d’Angers en juin 1835 85, Ramey n’achève ses travaux qu’en 1839 86, soit l’année de l’inauguration. Dès ce moment, une nouvelle question que l’on avait éludée jusque là se pose : l’aménagement des abords. En effet, il semblait alors que « le monument eut été jeté là au hasard, sur la route, sans que l’œil put en deviner le motif » 87.
L’arc de triomphe se dresse effectivement à une extrémité de la ville, sur un chemin très fréquenté pas les hommes, les troupeaux et les charrois. Pour de nombreuses personnes, la construction présente une entrave à la circulation avant de glorifier des héros modernes. « Une occasion qui, peut-être, ne se représenterait plus était enfin donnée de régulariser et d’embellir l’entrée de Marseille » 88.
Le sculpteur Ramey propose spontanément plusieurs projets d’aménagement visant à transformer la Porte d’Aix en une vaste place circulaire ornée de fontaines majestueuses, le tout mettant l’arc en valeur. Le Conseil des Bâtiments Civils auquel ces projets d’embellissement sont soumis applaudit chaudement. Toutefois, Rivaud, l’architecte de la Ville, tempère l’enthousiasme des Parisiens : « dans sa détermination », dit-il, « le Conseil des Bâtiments Civils a été grisé peut-être par la pensée que la place d’Aix était un lieu habituel de réunions pour la population bourgeoise tandis qu’elle n’est en réalité qu’un carrefour de grand chemin et qu’il est au moins douteux qu’elle perde jamais ce caractère » 89.
Le rapporteur d’une commission spéciale concernant ce sujet s’inquiète de l’élégance de fontaines vouées en définitive à l’abreuvement des bestiaux, de la largeur importante des bassins qui ajoute encore à l’embarras de la circulation dans cette zone ou encore du fort mistral qui, fouettant l’eau desdits bassins, risque de dégrader rapidement les fins reliefs de l’arc 90. Les suggestions du rapport, très pragmatiques, proposent une circulation passant sous l’arcade ainsi que des vasques plus longues, plus étroites, moins ornées : un aménagement davantage en adéquation avec le lieu.
Ainsi, malgré une volonté permanente d’aménagement de la Porte d’Aix sous la Monarchie de Juillet, et ce jusqu’au Second Empire, les alentours de l’arc de triomphe changent peu et les gracieuses fontaines imaginées par Ramey ne se matérialisent pas dans le marbre ou le bronze.
Alors que la construction de l’Arc de la Porte d’Aix aurait pu ouvrir une « ère des réalisations monumentales dans lesquelles la sculpture est appelée à jouer un rôle de premier plan » 91, elle apparaît en définitive isolée du fait de la politique d’austérité menée par la municipalité dans les années 1830-1840. Par ailleurs, son caractère « parisien » tant dans son iconographie que dans le choix des artistes annihile l’espoir de faire du monument un modèle à suivre.

85 A.M.Marseille 32M2 : arc de triomphe - construction : sculpture, ornement, procès verbaux de réception (1828-1835) : procès verbal de réception des œuvres de David d’Angers du 4 juin 1835
86 A.M.Marseille 32M2 : arc de triomphe - construction : sculpture, ornement, procès verbaux de réception (1828-1835) : procès verbal de réception des œuvres de Ramey du 11 juin 1839
87 A.M.Marseille 32M3 : arc de triomphe - construction : procès verbaux de réception des ornements ; projet de transformation (1836-1859) : copie de la délibération du Conseil municipal du 27 juin 1842
88 A.M.Marseille 32M3 : idem
89 A.M.Marseille 32M3 : arc de triomphe - construction : procès verbaux de réception des ornements ; projet de transformation (1836-1859) : devis de l’entourage de l’arc de triomphe de Rivaud daté du 15 décembre 1843
90 A.M.Marseille 32M3 : arc de triomphe - construction : procès verbaux de réception des ornements ; projet de transformation (1836-1859) : observations sur le projet d’entourage de l’arc de triomphe par M. Ramey en date du 23 décembre 1839
91 Georget (Luc) « Sculpture et architecture, un modèle marseillais » dans Marseille au XIXe. Rêves et Triomphes, Musées de Marseille/RMN, Marseille, 1991, p.213

mercredi 13 mai 2009

L'Arc de Triomphe de la Porte d'Aix - 2

· Le programme décoratif
L’iconographie est établie dans une convention le 24 juin 1828 83. Complexe, elle se découpe en cinq lots différents. Tout d’abord, huit figures de 2,75m. de hauteur, en ronde-bosse, habillent l’attique telles des acrotères dans le prolongement des colonnes corinthiennes de l’arc. Ses allégories symbolisent les vertus militaires : Le Dévouement, La Résignation, La Valeur, La Prudence côté nord et La Force, La Tempérance, La Vigilance, La Clémence côté sud. Chaque statue est estimée à 8000 francs, soit 64000 francs pour l’ensemble.
Quatre Renommées 2,75m. de hauteur en demi-relief ornementent les écoinçons de l’arcade. Une somme de 3000 francs est allouée pour chacune de ces figures ailées, soit un total de 12000 francs.
Quatre trophées, couplés avec une victoire, d’un format de 3,55m. pour 0,47m. de saillie ornent l’entrecolonnement des piédroits de l’édifice. Chacun de ses motifs est payé 10000 francs, soit une commande globale de 40000 francs. Là s’achève l’iconographie traditionnelle de circonstance.
Viennent ensuite les reliefs historiés qui surmontent les trophées d’armes. Un ensemble de quatre panneaux de 3,07m. sur 2,20m. illustrent la campagne d’Espagne : La Prise de Pampelune, La Soumission de Barcelone, L'Attaque du Trocadéro et Le Prince victorieux offrant la Paix et la Concorde à l’Espagne délivrée. Une allocation de 9000 francs recouvrent les frais de chaque relief, soit 36000 francs pour la totalité.
Enfin, pour le décor sis sous l’arcade elle-même, constitué de deux grands bas-reliefs de 6,00m. sur 2,60m., les sujets choisis représentent, d’une part L’Armée d’Espagne triomphante repassant les Pyrénées sous les ordres du Prince généralissime et d’autre part Le Prince et la Princesse son épouse recevant l’hommage de l’admiration et de la reconnaissance des Marseillais. 14000 francs sont attribués pour chacune des frises historiées, soit 28000 francs les deux.
L’ensemble de la commande statuaire de l’arc de la Porte d’Aix se chiffre à 180000 francs auxquels il convient d’ajouter 4000 francs destinés aux travaux d’épannelage des blocs de pierres. Malgré l’importance de l’ouvrage, l’exécution est répartie entre deux artistes seulement : David d’Angers (1788-1856) et Étienne-Jules Ramey (1796-1852).
La révolution de 1830 affecte le programme décoratif alors à peine commencé. Si les allégories de l’attique, les renommées et les trophées échappent à toute transformation du fait de leur caractère neutre, les bas-reliefs célébrant le précédent régime disparaissent définitivement. Par délibération du Conseil municipal du 31 août 1831 84, les grandes batailles menées sous la 1ère République et du 1er Empire (Fleurus, Héliopolis, Marengo et Austerlitz) se substituent au panneaux narrant les épisodes glorieux de la campagne d’Espagne tandis que, sous l’arcade, l’iconographie devient La Patrie appelant ses enfants à la défense de la Liberté à l’est et Les Braves recevant de la Patrie la récompense de leurs exploits à l’ouest.

83 A.M.Marseille 32M2 : arc de triomphe - construction : sculpture, ornement, procès verbaux de réception (1828-1835)
84 A.M.Marseille 1D56, délibération du Conseil municipal du 31 août 1831, p.298-302 : arc de triomphe


(PS. : je rajouterai les photos ultérieurement... voir la chronique du 24 juillet 2009)

lundi 11 mai 2009

L'Arc de Triomphe de la Porte d'Aix - 1

À partir d’aujourd’hui, je vous livre en feuilleton un extrait de ma thèse de doctorat (Les grands prix de Rome de sculpture formés à Marseille dans la seconde moitié du XIXe siècle, soutenue à Montpellier III en 2000) :

IC1- Les chantiers de la Monarchie de Juillet
La Monarchie de Juillet, à Marseille, est fortement marquée par l’empreinte de Maximin Consolat, maire de 1831 à 1843. Sa politique architecturale est celle de l’austérité et de l’utilité. Son successeur, Élisée Reynard (1843-1848), poursuit les chantiers amorcés ; l’apport en eau et la construction d’un canal de la Durance à la cité phocéenne, un nouveau port à la Joliette, une gare ferroviaire s’avèrent plus nécessaires qu’une architecture prestigieuse d’agrément.
Néanmoins, ce régime voué à la sobriété décorative achève le premier grand et ambitieux chantier de sculpture statuaire commencé sous la municipalité du marquis de Montgrand : celui de l’arc de triomphe de la Porte d’Aix.

Michel-Robert Penchaud, Arc de la Porte d'Aix, pierre, 1825-1839
Place Jules-Guesde, 3e arrondissement

IC1a - L’Arc de la Porte d’Aix
Le projet d’un arc triomphal à Marseille date de l’Ancien Régime. Déjà sous Louis XVI, en effet, l’idée avait germé sans aboutir. Elle se concrétise enfin en 1823 pour commémorer la campagne d’Espagne et glorifier le Dauphin de France, généralissime des armées et duc d’Angoulême. Les plans définitifs sont dressés par Michel-Robert Penchaud (1772-1833), architecte de la Ville, et approuvés le 30 août 1824 ; la première pierre est posée le 6 novembre 1825 82. Par sa forme, le monument rappelle l’Arc de Titus. Ses dimensions sont harmonieuses (18,95m. x 18,55m. x 12,60m.) ; l’ouverture de son arcade mesure 5,60 mètres. Mais, si d’aspect, il apparaît très classique, son discours iconographique est très engagé. De fait, à la suite des événements du début des années 1830, le programme décoratif est remanié. L’Arc de la Porte d’Aix n’est finalement achevé qu’en 1839, soit trois années seulement après l’Arc de Triomphe de l’Étoile qui, lui aussi, a connu de nombreuses vicissitudes.

82 Masson (Paul) [sous la direction de], Bouches-du-Rhône. Encyclopédie départementale, t.VI La vie intellectuelle, 1914, p.794-795

mardi 5 mai 2009

Pierre Rey

Voici une nouvelle notice du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur, celle de Pierre Rey dont le nom présente une coquille dans l’ouvrage (Resy).

Rey Pierre (XIXe-XXe siècle), sculpteur ornemaniste
Il exerce comme professeur de sculpture ornementale à l’École des Beaux-Arts de Marseille de 1885 à 1917. À ce titre, en 1903-1904, il réalise toute la sculpture ornementale du nouvel hôtel de la caisse d’épargne de Marseille. Par ailleurs, il est le praticien d’André Allar pour la Fontaine Estrangin, tout comme son collègue Stanislas Clastrier. Enfin, il expose deux fois au Salon marseillais : le modèle d’une pendule à exécuter en faïence décorée (1893) et un portrait en médaillon (1895).

Valentin Pignol, Artémis, médaillon en pierre, 1904
Pierre Rey, Mufle de lion et cadre enrubanné, pierre, 1904
Caisse d’épargne, place Estrangin-Pastré, 6e arrondissement

Pierre Rey est peut-être originaire de Nîmes. Une inscription sur la façade en béton de la chapelle Sainte-Eugénie (circa 1877-1885), à Nîmes, tendrait à le prouver : Spécialité de travaux en ciment Gissler et Bimber 77 cours Lieutaud à Marseille, représentés à Nîmes par P. Rey sculpteur 3 rue de Chaffoy.

vendredi 1 mai 2009

Pierrot (Auguste Carli sculpteur)

Hier s’est vendue pour 89 € une statuette en céramique d’Auguste Carli (1868-1930) : Pierrot. Haute de 29,5 cm, elle a été éditée en grès émaillé par la maison Mougin frères à Nancy. Le prix modeste s’explique sans doute par l’aspect accidenté de la pièce : la tête a été recollée et la main droite est manquante.

Auguste Carli, Pierrot, statuette en grès émaillé, vers 1920

Je ne connaissais pas ce modèle de Pierrot, le bras levé ; je connaissais par contre une autre version – également édité en grès émaillé par Mougin frères – représentant Pierrot saluant. Je n’ai malheureusement pas de photos de ce motif qui a également été reproduit en bronze.
Le sujet de Pierrot est par ailleurs à rapprocher du buste Paillasse – que beaucoup nomme également Pierrot – exposé pour sa version en marbre au Salon des artistes français de 1919. Il s’agit en fait d’un portrait du chanteur lyrique Thomas Salignac dans le rôle-titre de l’opéra Paillasse de Ruggiero Leoncavallo (1858-1919).

Auguste Carli, Paillasse, buste plâtre, 1919-1920
Dédicacé à la mère d’Élie-Jean Vézien
Académie de Marseille, 40 rue Thiers, 1er arrondissement

D’autres œuvres d’Auguste Carli ont été éditées en grès par Mougin frères. C’est le cas de deux motifs créés pour la fontaine lumineuse de l’Exposition d’Électricité qui s’est tenue à Marseille en 1908 : Le Rhône et La Durance… sur lesquels je reviendrai un jour.


Auguste Carli, La Durance, statuette en grès, 1907
Collection personnelle