mercredi 29 décembre 2010

Le piédestal du monument à Pierre Puget (Henri Lombard sculpteur)

Henri Lombard, Monument à Pierre Puget, marbre, 1906
Carte postale

Jean-Pierre Cassely qui organise des visites guidées sur le thème de la Provence insolite (cf. son site http://www.provence-insolite.org/) et tient une chronique éponyme sur la radio France Bleu (il en consacrera d’ailleurs une à mon blog en janvier prochain, ce en quoi je le remercie vivement)… Jean-Pierre Cassely donc m’a envoyé des photos du piédestal démembré de l’ancien Monument à Pierre Puget d’Henri Lombard (1855-1929) qui trônait autrefois sur la place de la Bourse (pour l’historique du monument, je vous renvoie à mes notices des 1er et 2 février 2009). Alors que la statue de Pierre Puget a aujourd'hui les honneurs du très chic cours Puget, les trois groupes qui composaient le piédestal ont été éclatés dans divers espaces publics des quartiers Nord (14e arrondissement), notamment dans un parc à proximité du cimetière et de l’autoroute. Bien que vandalisées et taguées, les sculptures semblent en relatif bon état. Je rêve de voir un jour regroupées dans un même lieu les différentes parties du monument afin que l’ensemble retrouve sa cohérence.

Henri Lombard, La Force, marbre, 1906
Allégorie flanquant autrefois le côté gauche du piédestal
Jardin de l’Espérance, 14e arrondissement

Henri Lombard, La Gloire, marbre, 1906
Allégories flanquant autrefois le côté droit du piédestal
14e arrondissement

Henri Lombard, Génies, marbre, 1906
Allégories flanquant autrefois l’arrière du piédestal
Jardin de l’Espérance, 14e arrondissement

samedi 25 décembre 2010

Crèche (Félix Guis sculpteur)

Pour ce jour de Noël, j’ai choisi un sujet de conséquence et fais très court : en 1940, le sculpteur Félix Guis (1887-1972) fonde la société Céramia. Dans ce cadre, il fabrique des santons et de la vaisselle provençale qu’il signe Cera Guis.

Félix Guis, Crèche, terre cuite, après 1940
Ensemble et signature – collection particulière

jeudi 16 décembre 2010

La Paix (Joseph Chinard sculpteur)

Le 25 mars 1802, l’Angleterre signe un traité de paix à Amiens. Le Premier Consul Napoléon Bonaparte ressort grandit de cet événement qui met fin à la deuxième coalition européenne contre la France. À Marseille, le préfet Charles Delacroix veut aussitôt glorifier la paix retrouvée par un monument : on imagine alors une statue sise dans un temple de plan circulaire au sommet de la colline Bonaparte (aujourd’hui Puget) et bien en vue depuis le port. Faute de moyens, le projet se réduit à la seule sculpture achevée en 1810.
La commande est passée au sculpteur lyonnais Joseph Chinard (1756-1813), artiste chéri du Consulat et du 1er Empire. Il représente La Paix sous les traits hiératiques de Cérès, la déesse de l’agriculture, des moissons et de la fécondité. Elle symbolise l’espérance d’une prospérité retrouvée, le négoce phocéen ayant souffert du blocus anglais : la corne d’abondance à sa droite, les ballots sur lesquels est posé son trône et la présence à ses côtés de jeunes génies du commerce (coiffés d’un pétase) abondent en ce sens.
Malgré son état, la statue demeure l’une des plus belles œuvres néoclassiques visible sur une place publique dans le Midi de la France. Au demeurant, Chinard l’estimait suffisamment intéressante pour exposer le modèle en plâtre de la tête de La Paix au Salon de 1812, à Paris.

Joseph Chinard, La Paix, statue en marbre, 1810
Ensemble et signature (Chinard de Lyon)
Place des Capucins, 1er arrondissement

mercredi 8 décembre 2010

Thomas Cartier

Voici la notice d’un nouveau sculpteur animalier sorti de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Cartier Thomas François (Marseille, 21 février 1879 – ?, 1943), sculpteur animalier
Élève de Georges Gardet et de Victor Peter, il se spécialise dans la sculpture animalière. Il fréquente assidûment, de 1904 à 1935, le Salon des Artistes Français où il reçoit plusieurs récompenses : mention honorable en 1908 (Agonie, groupe plâtre, et Chat se léchant, statuette bronze), médaille de 2e classe en 1910 (Agonie, groupe marbre) et une médaille d’or en 1927 (Renard et Panthère, plâtres). On le croise aussi dans la section d’art décoratif avec un Chat persan en céramique en 1912 et des panneaux de Lions en 1930.

Thomas Cartier, Tigre feulant, bronze à patine verte
En vente aux enchères à Tarbes le 12 décembre 2010

Thomas Cartier, Combat de cerfs, groupe bronze
Collection particulière

Depuis la publication du Dictionnaire en 2006, j’ai trouvé de nouvelles informations concernant cet artiste : Pendant la Grande Guerre, il se fait illustrateur : il réalise alors de nombreuses cartes postales de propagande anti-allemande et de soutien aux poilus.

Thomas Cartier, La dernière lettre, carte postale

Sitôt après la guerre, il s’installe à Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre), dans une ancienne poterie. Il s’intéresse alors beaucoup au grès, créant même quelques vases dénués de décor sculpté. Enfin, il exerce son talent dans la réalisation de plusieurs monuments au morts, notamment celui de sa commune d’adoption et de quelques villages alentours (Ciez, Perroy, Saint-Verain) ; on lui doit également quelques monuments dans le Vaucluse, la Vienne et les Bouches-du-Rhône – si quelqu’un connaît les communes concernées, je suis preneur ! – ainsi que celui de Bône (Annaba) en Algérie.

Thomas Cartier, Monument aux morts de Saint-Amand-en-Puisaye
Carte postale

Thomas Cartier, Monument aux morts de Bône (Algérie)
Carte postale

dimanche 5 décembre 2010

Auguste Vimar

Voici une nouvelle notice de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur. Comme promis, il s’agit d’un artiste animalier :

Auguste Vimar, Autoportrait, dessin, vers 1900-1906

Vimar Auguste Nicolas Stanislas (Marseille, 3 novembre 1851 – Marseille, 21 août 1916), peintre, illustrateur et sculpteur animalier
Il expose au Salon des Artistes Français dès 1885 (Causerie de chiens, musée des Beaux-Arts de Marseille) ainsi que dans de nombreuses expositions en province où ses peintures sont primées (Marseille, Aix, Toulon, Bordeaux, Versailles).

Auguste Vimar, Les critiques, huile/toile
Collection particulière

À l’occasion de l’Exposition Coloniale de Marseille de 1906, il réalise une série de cartes postales publicitaires humoristiques.

Auguste Vimar, L’Algérie et L’océanographie
à l’exposition coloniale de Marseille de 1906, cartes postales

Il montre également, lors de cet événement, son talent de sculpteur ; les fondeurs Barbedienne et Siot-Decauville éditent alors ses petites statuettes : L’Âne qui brait ; Éléphant d’Asie et singe ; L’Ours brun ; Un philosophe, âne

Auguste Vimar, Éléphant d’Asie et singe, bronze , vers 1906-1914
Collection particulière

Il illustre par ailleurs des fables de La Fontaine et de Florian (Le Lion malade et le renard) ainsi que des albums dont il est l’auteur (Nos petits amis de la basse-cour ; L’Arche de Noé) ou le coauteur (avec Henri Signoret, La Légende des bêtes et Le Carnaval des animaux ; avec Léo Claretie, L’Oie du Capitole)…

Henri Signoret et Auguste Vimar, Le Mardi Gras des Animaux
Livre cartonné, vers 1902

Enfin, il collabore au Figaro illustré. Il est, au demeurant, officier du Nicham Ifticar. On trouve ses œuvres dans différents musées des Beaux-Arts : à Béziers (Promenade dans le parc), à Digne (Intérieur d’écurie), à Dijon (Ma Chienne, Salon de 1892), à Marseille (La Leçon de chant).

vendredi 3 décembre 2010

Lionne (Félix Guis sculpteur)

Plusieurs sculpteurs marseillais ont les honneurs des ventes aux enchères en cette fin d’année, certains auxquels j’ai déjà consacré de nombreuses notices et d’autres plus rares comme Félix Guis (1887-1972). Ici, il s'agit d'une oeuvre animalière, domaine dans lequel il excelle.

Félix Guis, Lionne, bronze à patine brune
Cachet ovale LAM Éditeur et signature de l’artiste
H. 16 cm – L. 34 cm

L’œuvre, proposée le 11 décembre prochain à l’hôtel des ventes de La Rochelle, est estimée entre 350 et 500 euros. Cette courte notice m’encourage à parler dans les prochains jours des sculpteurs animaliers marseillais .

mardi 30 novembre 2010

Ary Bitter sur Ebay

Cette semaine, le sculpteur marseillais Ary Bitter (1883-1973) a largement les honneur du site de vente aux enchères en ligne Ebay avec cinq dessins et une sculpture. Les dessins, dont les enchères échoiront dimanche 5 décembre, sont tous un prix de départ de 9,99 €.

Ary Bitter, Cheval fatigué, dessin original au crayon sur papier
cachet d’atelier, 21 cm x 27 cm
Addenda du 6 décembre : vendu 17,50 € après 4 enchères.

Ary Bitter, Caricatures, dessin original au crayon avec rehauts
de craie sur papier, cachet d’atelier, 27 cm x 21 cm
Addenda du 6 décembre : vendu 13,05 € après 3 enchères.

Ary Bitter, Cheval marchant, dessin original au crayon sur papier pelure
cachet d’atelier, 21 cm x 27 cm
Addenda du 6 décembre : vendu 13,50 € après 2 enchères.

Ary Bitter, Biche, dessin original au crayon sur feuille de carnet de croquis
cachet d’atelier, 19 cm x 11 cm
Addenda du 6 décembre : vendu 35,50 € après 5 enchères.

Ary Bitter, La Chevrière, dessin original à la craie avec rehauts
de gouache sur papier, signé, 21 cm x 27 cm
Addenda du 6 décembre : vendu 53 € après 7 enchères.

Pour sa part, la sculpture est un petit groupe représentant un jeune faune allongée sur une terrasse, face à un chevreau debout. Le bronze présente une patine dorée pour le faune et nickelée pour le chevreau. Quant à la base, elle est en marbre jaune veiné noir. Il s’agit d’une fonte d'édition ancienne, mais non signée, mesurant : H. 15 cm - L. 29,5 cm - P. 6 cm. L’œuvre est mise aux enchères jusqu’au mercredi 8 décembre au prix imbattable de 1 €. (Addenda du 9 décembre 2010 : l'oeuvre s'est vendue 281 € au terme de 21 enchères).

Ary Bitter, Faune et chevreau cabré, bronze, vers 1920-1930

jeudi 25 novembre 2010

Monument à Honoré Daumier (Antoine Bourdelle sculpteur)

Le sculpteur Antoine Bourdelle (Montauban, 1861 – Le Vésinet, 1929) est l’auteur de nombreux décors (théâtre des Champs-Élysées, 1913 ; opéra de Marseille, 1924) et monuments (Monument à Alvear, Buenos Aires, 1923 ; Temple de l’Héraklès archer, Toulouse, 1925) qu’il élabore jusqu’à la fin de sa vie. Cependant, faute de temps, certains ne sont pas exécutés comme un Monument à Daumier dont il ne réalise qu’une esquisse en terre du visage.
Vingt ans après la mort de l’artiste, le comité des Amis de Daumier réunit des fonds pour célébrer le caricaturiste dans sa ville natale. Il est alors décidé de reprendre l’esquisse de Bourdelle, de l’agrandir et de la couler en bronze. Ceci fait, la tête d’Honoré Daumier (1808-1879) est placée sur un haut piédestal et inaugurée le 16 juillet 1949.

Antoine Bourdelle, Monument à Honoré Daumier, tête bronze, 1949
Place Daviel, 2e arrondissement

mardi 23 novembre 2010

Honoré Daumier

Voici une nouvelle notice du Dictionnaire des peintres et sculpteur de Provence Alpes Côte d’Azur :

Honoré Daumier, photographie ancienne

Daumier Honoré Victorin (Marseille, 26 février 1808 – Valmondois, Val-d’Oise, 10 février 1879), lithographe, peintre et sculpteur
Installé avec sa famille à Paris en 1816, il entre comme apprenti chez le graveur Zéphirin Belliard en 1825. Avec la publication de Passe ton chemin cochon ! (La Silhouette, juillet 1830) débute sa carrière réellement de lithographe. Il collabore bientôt à différents journaux satiriques (La Caricature, Le Charivari…). Charles Philipon, directeur de La Caricature, lui commande notamment une série de bustes modelés et coloriés des Célébrités du Juste Milieu (ensemble de terres crues, 1832-1835 – musée d’Orsay). Le 23 février 1832, il est condamné pour la publication d’une lithographie, Gargantua qui croque le roi Louis-Philippe en ogre (Bibliothèque Nationale de France), mais n’est pas incarcéré. La parution de La Cour du roi Pétaud provoque, peu après, l’exécution de la sentence ; il est emprisonné jusqu’au 27 janvier 1833. De 1834 à 1850, il réalise quelques-unes de ses gravures les plus célèbres dont Rue Transnonain, 15 avril 1834 ou Ratapoil et Casmajou (1850). En 1848, il participe au concours d’une figure peinte de La République : son esquisse (musée d’Orsay) est primée, mais il n’en exécute pas de version définitive. Son ami Jean-Philippe Jeanron, alors au gouvernement, lui commandite un tableau religieux qui ne sera jamais achevé. En 1849, il reçoit une seconde commande picturale de l’État : Saint Sébastien (musée de Soisson). L’année suivante, il expose deux toiles au Salon, notamment Silène. En 1860, il est renvoyé du Charivari et connaît une existence difficile. En 1863, il essaie d’obtenir une nouvelle commande de l’État mais n’obtient qu’une mise en demeure : il doit honorer sa commande de 1848 ; il s’en libère en livrant son Silène exposé en 1850. Cette même année, après le décès de Philipon, il réintègre Le Charivari. En 1865, un chapitre entier lui est consacré dans Histoire de la caricature moderne de Champfleury. En 1871, il est élu membre de la Commission pour la sauvegarde des œuvres des musées, menacées par le Siège de Paris. Puis délégué aux Beaux-Arts pendant la Commune, il s’oppose à Gustave Courbet qui souhaite abattre la Colonne Vendôme. En 1872, il publie sa dernière lithographie dans Le Charivari : des problèmes de vue le gênent désormais pour son art ; il devient aveugle. En 1874, il acquiert une maison à Valmondois. En 1877, le gouvernement lui accorde une pension de 1200 francs qui est doublée l’année suivante. En 1878, la galerie Durand-Ruel organise une rétrospective de son œuvre, laquelle se solde par un échec. Enfin, il est frappé d’apoplexie au début de 1879 et meurt peu après. On peut voir au musée des Beaux-Arts de Marseille une série complète des Célébrités du Juste Milieu (bronze).

Deux célébrités du Juste Milieu :
Le ministre de l’Intérieur Gizot ou L’Ennuyeux
L’avocat et homme politique Dupin aîné ou L’Orateur
Bustes en terre crue coloriée, 1832-1835, musée d’Orsay

Bibl. : Daumier 1808-1879, catalogue d’exposition, Paris (Grand Palais), 1999 ; Lévêque (Jean-Jacques), Honoré Daumier, ACR Édition / Poche couleur, 1999 ; Daumier. Les célébrités du ‘Juste Milieu’ 1832-1835, catalogue d’exposition, Paris (musée d’Orsay), 2005 ; Klein (Charles-Armand), Honoré Daumier roi de la caricature, peintre et sculpteur, Mémoire du Sud / Équinoxe, 2005.

dimanche 21 novembre 2010

Pierre Puget

Je viens de me rendre compte qu’en trois années d’exercice je n’ai jamais donné de notice biographique du plus connu des artistes marseillais. Je me rattrape aujourd’hui avec celle que je lui ai consacrée dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Pierre Puget, Autoportrait, huile sur toile, 1668
Musée Granet, Aix-en-Provence

Puget Pierre (Marseille, 16 octobre 1620 – Marseille, 2 décembre 1694), sculpteur, peintre et architecte
Apprenti de Jean Roman, menuisier et sculpteur sur bois à l’arsenal des galères de Marseille, dès 1634, il parfait son éducation en Toscane, à Livourne puis Florence, en 1638. En 1639, il intègre l’atelier florentin de Pierre de Cortone ; il y reçoit sans doute ses premières leçons de peinture. Il rentre à Marseille en 1644. L’année suivante, il rejoint son frère Gaspard, tailleur de pierre, à Toulon et collabore avec Nicolas Levray, maître sculpteur à l’arsenal, à la réalisation d’une galère. En 1647, il se marie à Toulon et honore plusieurs commandes d’embellissement urbain. En 1649, il signe un contrat pour la décoration d’un retable pour la chapelle de la Confrérie Saint-Joseph de La Valette. La Fronde nuisant à l’activité de l’arsenal à partir de 1648 et ce jusqu’en 1652, il s’adonne davantage à la peinture : ainsi, en 1651, réalise-t-il Sainte Cécile musicienne (musée des Beaux-Arts de Marseille) et apparaît dans les archives comme maître peintre de la ville de Toulon. En 1656, il exécute les Atlantes de l’hôtel de ville de Toulon et reçoit pour la première fois le titre d’architecte. En 1659, Claude Girardin lui commande pour le jardin du château de Vaudreuil en Normandie deux sculptures, dont Hercule terrassant l’Hydre de Lerne (musée des Beaux-Arts de Rouen). Deux ans plus tard, Nicolas Fouquet lui demande un Hercule au repos dit aussi Hercule gaulois (musée du Louvre) pour Vaux-le-Vicomte ; le surintendant disgracié, la statue entre dans les collections de Colbert au château de Sceaux. De 1661 à 1668, il s’installe à Gênes, rejoint par sa famille et son élève Christophe Veyrier. Il honore alors de nombreuses commandes pour les familles Sauli, Lomellini, Brignole et Spinola. Durant ce séjour, sa peinture évolue notamment au contact de l’art de Giovanni Benedetto Castiglione et de Van Dyck. De retour à Toulon en 1668, il entre au service du roi en tant que directeur de l’atelier de sculpture de l’arsenal. Avec le peintre Jean-Baptiste de La Rose, il donne plusieurs esquisses de navires (Le Monarque, Le Soleil Royal, Le Paris, L’Isle-de-France…), décore plusieurs vaisseaux et forme quelques 92 sculpteurs ainsi que 39 peintres. En 1671, il entreprend son Milon de Crotone (achevé en 1689 – musée du Louvre) pour le parc de Versailles ; suivent Alexandre et Diogène (bas-relief, 1676-1689 – musée du Louvre) et Persée et Andromède (groupe, 1678-1684 – musée du Louvre). En 1679, il quitte l’arsenal de Toulon, ayant exaspéré Colbert avec ses projets toujours plus onéreux ; il s’installe à Marseille et entame la construction de la chapelle de La Charité (1679-1707). Il envisage alors la création d’une place royale à Marseille dans le goût du Bernin ; la guerre de la Ligue d’Augsbourg en 1688 anéantit le projet, les échevins offrant au roi les fonds réservés à la construction. En 1692, il débute un Faune (musée des Beaux-Arts de Marseille) destiné au jardin de sa demeure de Fongate ; cette œuvre reste inachevée. Le musée des Beaux-Arts de Marseille conserve de lui de nombreuses sculptures (Les Armes du Roi, haut-relief marbre ; Louis XIV, médaillon marbre ; Louis XIV à cheval, bas-relief marbre ; Salvator Mundi, buste marbre ; Lapidation de saint Étienne, bas-relief terre cuite ; Saint Charles Borromée priant pour la cessation de la peste de Milan, bas-relief marbre) et peintures (Le Baptême de Clovis ; Le Baptême de Constantin ; Le Sacrifice de Noé ; Le Sauveur du Monde ; Portrait de Gaspard Puget ; Le Sommeil de l’Enfant Jésus ; La Vierge apprenant à lire à l’Enfant Jésus ; L’Éducation d’Achille par le centaure Chiron).

Pierre Puget, Le Faune, statue en marbre, 1692-1693
Musée des Beaux-Arts de Marseille

Bibl. : Gloton (Marie-Christine), Pierre et François Puget peintres baroques, Édisud, Aix-en-Provence, 1985 ; Pierre Puget (1630-1694) peintre, sculpteur, architecte, catalogue d’exposition, Marseille (Vieille Charité), 1994 ; Connaissance des arts, hors série n°63 : Puget, 1994 ; Lagrange (Léon), Pierre Puget peintre, sculpteur, architecte, décorateur de vaisseau, Paris, 1868, reprint éditions Jeanne Laffitte, Marseille 1994

jeudi 18 novembre 2010

Le fonds Jean-Barnabé Amy au musée des Beaux-Arts de Marseille

En 1909, Marius Amy, fils du sculpteur tarasconnais Jean-Barnabé Amy (1839-1907), donne à la Ville de Marseille plus d’une centaine d’œuvres de son père. En majorité, il s’agit de masques représentants des portraits, des allégories, des figures grotesques, des expressions type.

Jean-Barnabé Amy, panneau de masques en bronze
Salon des artistes français de 1899

Jean-Barnabé Amy dans son atelier, vers 1900-1907

Le visage du sculpteur est encadré à gauche par une caricature de l’employé modèle intitulée Le Rond de cuir (musée des Beaux-Arts de Marseille, inv.514-37) et à droite par une allégorie de La Servitude (musée des Beaux-Arts de Marseille, inv.514-46).

Jean-Barnabé Amy, La Tarasque, bas-relief, 1883

Fidèle à sa Provence natale, le sculpteur perpétue ses mythes et notamment celui de La Tarasque dont un exemplaire en étain polychrome est conservé au musée des Beaux-Arts de Marseille (inv.538).

mercredi 10 novembre 2010

Monument aux morts des armées d'Orient et des terres lointaines (Antoine Sartorio sculpteur)

À la veille de la commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918, il me semble opportun de présenter un monument aux morts de 14-18. Marseille en compte de nombreux, mais j’ai décidé de m’arrêter ce matin sur le plus célèbre : le Monument aux morts des armées d'Orient et des terres lointaines. Labellisé « patrimoine XXe siècle » après l’avis favorable de la Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) du 28 novembre 2000, il est depuis le 23 juillet 2009 inscrit sur la liste des Monuments historiques. Je vous soumets aujourd’hui la notice de la Drac le concernant :

Antoine Sartorio, Monument aux morts des armées d'Orient et des terres lointaines
Bronze, granit blanc de Corse, béton et pierre, 1927
60 Corniche du président J. F. Kennedy, 7e arrondissement

En novembre 1921, le gouvernement français donne l’autorisation d’ériger à Marseille un monument national aux Poilus d’Orient pour commémorer les victimes des armées françaises tombées loin du sol français pendant la grande guerre. Un concours est lancé peu après l’Exposition coloniale de 1922. Gaston Castel (1888-1971), architecte en chef du département et grand prix de Rome, est choisi parmi 17 concurrents. Il propose, avec son ami sculpteur Antoine Sartorio (1885-1988), les plans d’un monument formant un portique dressé sur le rocher promontoire devant la mer, comme pour rappeler que Marseille est la porte de l’Orient, mais aussi pour qu’il puisse être vu de loin. Le monument, conçu comme « un portique en plein ciel » est inauguré le 24 avril 1927.
Cette arche massive comporte en son centre un croissant et une étoile, son intrados est décoré de palmes stylisées. Elle est flanquée de part et d’autre de personnages en pied assurant la mémoire de l’armée de Terre et celle des combattants aériens, tandis que deux figures féminines aux ailes massives, plaquées sur le fruit des jambages, représentent leur héroïsme. Sur un socle, au centre de l’arche, se dresse la Victoire en bronze, les bras tendus vers le ciel. Sur les flancs de l’arche sont inscrits les noms et les dates des grandes campagnes du premier conflit mondial. Le tout est conçu en granit blanc, béton armé et pierre. Les conditions atmosphériques ont dégradé l'ensemble.

vendredi 5 novembre 2010

Tombe de Louis Rouffe (Émile Aldebert sculpteur)

L’une des tombes les plus originales du cimetière Saint-Pierre est, à mon sens, la stèle funéraire aux formes tarabiscotées du mime Louis Rouffe (1849-1885). En juin 1874, à l’Alcazar, le public décerne à ce jeune artiste de 25 ans une palme d’or et le sacre « roi des Pierrots ». En une vingtaine de créations, il donne à son personnage fétiche une dimension tragique inédite, l’effroi devenant un ressort du burlesque. Atteint de phtisie, il meurt à seulement 36 ans tout auréolé de gloire.

Émile Aldebert, Tombe de Louis Rouffe, stèle en marbre, 1886
Cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

Émile Aldebert (1828-1924) qui sculpte la tombe en 1886 réalise un double portrait du défunt. Il le représente d’abord de façon traditionnelle, de profil en médaillon ; mais il le représente également de face, au sommet de la composition, grimé en Pierrot (bonnet et collerette) avec la devise de la pantomime : « Tout dire sans parole ». Une palme et un rameau de laurier rappellent les succès du mime.
Pour finir, il convient de signaler que la tombe accueille une autre artiste : Alida Rouffe (1874-1949), fille de Louis Rouffe, meneuse de revue, chanteuse comique et créatrice du rôle d’Honorine dans la trilogie marseillaise de Marcel Pagnol (1895-1974) Marius-Fanny-César.

mardi 2 novembre 2010

La Religion soutenant la Douleur (Pierre Travaux sculpteur)

Comme nous sommes au lendemain de la Toussaint, une escale au cimetière Saint-Pierre me paraît de saison. Je m’attarde ce matin sur la belle sépulture de la famille Barbaroux réalisée dans les années 1860 par le sculpteur bourguignon Pierre Travaux (1822-1869). Sculpteur officiel sous le Second Empire, il travaille à la décoration du Louvre de 1856 à 1859. Il est ensuite appelé à Marseille pour l’ornementation du Palais de Justice (La Sagesse et La Vigilance, façades latérales) et de la Préfecture des Bouches-du-Rhône (façade sur jardin). La Ville lui commande par ailleurs L’Isthme de Suez, une fontaine pour le parc Borély (cf. notice du 7 décembre 2009). Ces œuvres séduisent le public phocéen, motivant deux commandes privées pour le cimetière Saint-Pierre : les tombeaux des familles Reynard et Barbaroux. Pour celle-ci , il conçoit un groupe très séduisant intitulé La Religion soutenant la Douleur.

Pierre Travaux, La Religion soutenant la Douleur
Groupe pierre, vers 1862-1866
Tombe Barbaroux, cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

jeudi 28 octobre 2010

Saint Michel Archange (sculpteur inconnu)

L’archange Michel est un saint populaire à Marseille. L’actuelle place Jean Jaurès lui était autrefois consacrée sous le vocable de Plaine Saint-Michel. De même, à partir de 1849, l’architecte Pierre-Marius Bérengier (1808-1876) érige à l’extrémité de la rue Terrusse l’église néogothique Saint-Michel. Il n’est donc pas surprenant de croiser la statuette du saint entre ladite place et ledit lieu de culte, à l’intersection des boulevards Chave et Eugène Pierre. Le chef des anges apparaît ailé, une épée très dégradée à la main avec la dépouille du dragon – un dragonneau selon tout toute vraisemblance ! – à ses pieds. Son originalité réside dans son costume de légionnaire romain. L’œuvre, si elle reste aujourd’hui anonyme, n’en est pas moins dater : 1862.

Sculpteur inconnu, Saint Michel Archange, statuette pierre, 1862
Angles des boulevards Chave et Eugène Pierre, 5e arrondissement

lundi 25 octobre 2010

La Géographie (André Allar sculpteur)

J’ai acquis la semaine dernière un médaillon en cuivre, d’un diamètre de 24 centimètres, œuvre du sculpteur André Allar (1845-1926) : La Géographie. C’est l’occasion pour moi d’évoquer les débuts de la Société de Géographie de Marseille.
Ferdinand de Lesseps (1805-1894), de passage dans la cité phocéenne pour une conférence sur le Canal de Suez, suggère la création d’une Société de Géographie à Marseille. Celle-ci est fondée en 1876 et ses statuts sont déposés en février 1877. Elle accueille alors l’élite des scientifiques et des négociants marseillais, malgré une cotisation élevée de 25 francs-or : il est vrai que les intérêts économiques de l’expansion coloniale française incitent la bonne société à adhérer. En 1878, la jeune Société de Géographie de Marseille demande à André Allar de lui modeler une médaille. Le président Alfred Rabaud (1828-1886) offre le modèle, réalisé en galvanoplastie avant d’être réduit et frappé par la Monnaie de Paris, au Cabinet des médailles de la Ville le 1er octobre 1878. Le sculpteur, pour sa part, expose un autre exemplaire au Salon marseillais de 1880 tandis que le graveur Paulin Tasset (1839- ?) expose la médaille d’Allar au Salon des artistes français (1880, n°6770).

André Allar, La Géographie, médaillon en galvanoplastie, 1878
Collection personnelle

L’iconographie du médaillon représente l’allégorie de Massilia – le nom en grec apparaît sur un cartouche porté par un putto et le blason de la ville figure à la poupe du navire – navigant sur les flots pour explorer le monde dans un but commercial – un caducée trône en évidence à la proue du bateau. Elle tient d’une main le compas sur un globe et de l’autre indique le cap à suivre. Des putti l’aide dans son équipée : un premier barre le gouvernail, un deuxième utilise le sextant, un troisième scrute sa boussole flottant dans une cuvette. Dans l’eau, des dauphins stylisés nagent le long de la coque.

samedi 23 octobre 2010

Gustave Martin

Aujourd’hui je vous donne quelques bribes biographiques d’un artiste qui est absent de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur. Or j’ai trouvé quelques informations le concernant dans la Revue belge de numismatique et de sigillographie de 1908.

Martin Gustave (Marseille, 2 novembre 1868 – Marseille, après 1948 ?), dessinateur et médailleur
Après des cours à l’école des Beaux-Arts de la Ville de Marseille, Gustave Martin devient l’adjoint, à l’âge de 21 ans, de Joseph Laugier (1828-1901), le conservateur du Cabinet des médailles ; il lui succède d’ailleurs à ce poste en 1903. Il débute sa carrière artistique comme illustrateur : il collabore ainsi aux ouvrages de l’archiviste numismate Louis Blancard (1831-1902), du naturaliste Antoine-Fortuné Marion (1846-1900) et du paléobotaniste Gaston de Saporta (1823-1895). Parallèlement, il réalise une multitude de médailles et de plaquettes qui évoquent des événements ou des personnalités phocéens. Ses maquettes en plâtre sont ensuite coulées, réduites, frappées et patinées à Paris, à la Monnaie de France. La dernière œuvre connue de sa main date de 1948.

Gustave Martin, Le Petit Marseillais
Plaquette bronze célébrant l’un des quotidiens de Marseille
Gustave Martin, Commission administrative des Hospices de Marseille
Médaille bronze (face), avant 1908

Gustave Martin, Société pour la défense du commerce de Marseille
Médaille bronze (face et pile), 1910

Gustave Martin, Professeur François Arnaud (1856-1932)
Médaille bronze (face et pile), 1926