vendredi 19 mars 2010

Jean-Baptiste Colbert (sculpteur inconnu)

Le percement de la rue Colbert, qui débute en 1886-1887, est l’une des rares réalisations urbaines de la fin du XIXe siècle à Marseille. Il s’agit alors de désenclaver le quartier de la Blanquerie, situé derrière le palais de la Bourse. Toutefois, les travaux menés sur fond de crise économique sévère ne vont pas sans heurts : le chantier, déjà très long (quatre ans) et trop cher, mécontente les catholiques qui protestent vainement contre la destruction de l’église Saint-Martin qui se trouve sur le tracé de la nouvelle artère.

Jean-Baptiste Colbert, médaillon pierre, 1893
Angle des rues Colbert et Sainte-Barbe, 1er arrondissement

Comparativement, son lotissement s’avère rapide, essentiellement entre 1891 et 1896. L’architecte Frédéric Lombard (1850-1906) mène ainsi de front la construction des immeubles n°1, 3, 5, 12 et 20. Pour sa part, l’immeuble élevé à l’angle des rues Colbert et Sainte-Barbe, malgré une belle facture, reste anonyme aujourd’hui. Bien dégagé et faisant face par la diagonale à la grande poste (1889-1891) de Joseph Huot (1840- vers 1897/1898), il sert d’écrin au portrait de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683). Le ministre de Louis XIV qui a donné son nom à la rue apparaît de profil sur un médaillon en cuir enroulé. Deux rameaux accompagnent cette effigie, l’un d’olivier (symbole de paix) et l’autre de laurier (symbole de gloire). Enfin, pour assurer l’identification du sujet, son nom en toutes lettres trône au-dessus.

Aucun commentaire: