jeudi 11 mars 2010

Le poète Victor Gélu

Six ans après la mort du poète populaire Victor Gélu (1806-1885), les félibres parisiens lui élèvent un monument dans sa ville natale. Pour ce faire, ils s’adressent à l’architecte Joseph Huot (1840-vers 1897/98) et au sculpteur Stanislas Clastrier (1857-1925). Les deux artistes qui collaborent alors à la poste Colbert appartiennent au mouvement félibréen : le premier est majoral du Félibrige et syndic de la Maintenance de Provence ; le second est membre de l’Escolo de la mar.
Averti du projet, le Conseil municipal délibère le 26 mai 1891 d’agrandir la fontaine de la place Neuve – quartier du poète (1er arrondissement) – pour y insérer le haut-relief commandé. Les événements se précipitent tant et si bien que l’on décide d’inaugurer le monument le 12 août 1891, avant même l’achèvement du bronze ; le modèle en plâtre remplace l’absent pour l’occasion. L’œuvre tire tout le parti possible de son cadre imposé, la stèle de la fontaine. Victor Gélu déclame l’une de ses chansons, à mi-corps derrière une table qui lui sert de tribune, le bras droit tendu. Malgré de fortes contraintes, le portrait sculpté paraît extrêmement vivant et correspond bien au caractère populaire du quartier.

Stanislas Clastrier, Victor Gélu, haut-relief bronze, 1891
détruit – carte postale

Dès le 4 septembre 1891, le Conseil municipal rebaptise la place Neuve du nom de Victor Gélu. Toutefois, le monument n’a pas échappé aux vicissitudes de l’Histoire : le bronze est fondu en 1942, répondant à la loi de récupération des métaux non ferreux. En 1959, un nouvel hommage répare l’injustice faite au poète marseillais : Oscar Eichacker (1881-1961) réalise un modeste bas-relief en bronze pour le jardin du quai des Belges – posé quasiment à même le sol ! – à la demande du comité Victor Gélu.

Oscar Eichacker, Victor Gélu, plaque bronze, 1959
Jardin du quai des Belges, 1er arrondissement

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