lundi 5 avril 2010

Atlantes (Marius Guindon sculpteur)

Voici une nouvelle notice de Florence Marciano pour l’exposition de l’Essor Figures en façades (2005) :

Marius Guindon, Atlantes, pierre,1864
Hôtel Grau, 102 la Canebière, 1er arrondissement

Ces atlantes se trouvent sur un immeuble édifié par Henri Condamin au moment de l’élargissement de la rue Noailles, en haut de la Canebière, en face de l'espace dégagé entre celui-ci et les allées Léon-Gambetta, ce qui lui confère une exceptionnelle visibilité. Le sculpteur (également peintre), Marius Guindon (1831-1919), est marseillais ; il s’agit probablement là d’une de ses première commandes de sculpture monumentale, pour laquelle l'artiste déploie tout son talent : deux figures masculines très baroques par l'attitude et la musculature. Celui de gauche, jeune et le visage souffrant, rappelle l'expression d'un des Esclaves de Michel-Ange (référence incontournable à la statuaire de la Renaissance) et celui de droite, plus digne, d'un homme mûr portant des favoris, pourrait presque être un portrait contemporain. Véritablement monumentaux, ils sont dans la continuité de la tradition baroque de la figure porteuse, dans laquelle l’atlante doit exprimer clairement son rôle : supporter le poids de la structure de la façade. Le traitement sculptural respecte ici la fonction architecturale. Malheureusement, ces atlantes ont beaucoup souffert et la disparition des bras pour les deux figures ne nous permet plus de saisir la force de leur expression dans toute son ampleur.
Par la suite, Marius Guindon va recevoir des commandes publiques pour le Palais Longchamp (un groupe dans l’escalier intérieur : le Génie des Frères Imbert, des Parrocel et d’Aubert) et le Palais des Arts (le buste d’Auguste et le médaillon représentant Roland de la Bellaudière). La réussite de ces deux figures a certainement établi sa réputation comme sculpteur. Le fait qu'elles soient signées et datées (fait rare dans la sculpture d’architecture à Marseille) montre d'ailleurs l'importance que leur auteur y attachait.

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