jeudi 1 avril 2010

César

Il y a longtemps que je n’ai pas donné de nouvelles notices biographiques issues de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur. Je répare cela avec un artiste marseillais mondialement connu :

César, César Baldaccini dit (Marseille, 1er janvier 1921 – Paris, 1998), sculpteur
Élève d’Élie-Jean Vézien à l’École des Beaux-Arts de Marseille à partir de 1935, il poursuit ses études à Paris de 1943 à 1948. Délaissant les matériaux traditionnels de la sculpture (terre, plâtre, marbre), il s’essaie à la soudure au début des années 50, d’abord à Trans-en-Provence puis dans une usine de Villetaneuse : il assemble des déchets de ferraille et en tire un bestiaire fabuleux (L’Esturgeon, 1954, Musée National d’Art Moderne). Au Salon de Mai 1960, il crée l’événement en renonçant à la figuration et aux pratiques artisanales avec trois Compressions d’automobiles. La critique le classe alors dans le groupe des Nouveaux Réalistes. De 1960 à 1966, il alterne les compressions et les figures classiques (La Victoire de Villetaneuse, 1965). De cette époque datent également les empreintes humaines agrandies au pantographe (Le Pouce, 1964 ; Le Sein, 1966). Les moulages préalables aux empreintes lui font découvrir la mousse de polyuréthane aux propriétés expansives. Dès lors, ce matériau s’impose : Grande expansion orange (Salon de Mai 1967). De 1967 à 1969, il multiplie les happenings, réalisant ses Expansions en public ; la dernière marque le dixième anniversaire de Nouveau Réalisme à Milan (1970). En 1970, il reprend les compressions : compressions de motocyclettes, de bijoux en or et argent (1971), de feuilles de plexiglas transparent. En 1972, il entame la série des masques avec le moulage de son propre visage. Par ailleurs, il réalise plusieurs monuments publics dont la Pale d’hélice du mémorial des Rapatriés (Marseille, 1970), l’Hommage à Eiffel (Fondation Cartier, Paris, 1984), Le Centaure (place de la Croix Rouge, Paris, 1985), Le Pouce (Marseille, 1993). Tout au long de sa carrière, les honneurs se sont enchaînés : en 1958, il reçoit un 3e prix lors d’une exposition aux États-Unis ; en 1967, il refuse un prix à la Biennale de Sao Paolo pour le laisser au sculpteur Raymond ; en 1968, il est nommé professeur de sculpture à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, poste qu’il occupe jusqu’en 1986 ; en 1976, il est fait chevalier de la Légion d’honneur ; en 1980, il reçoit le Grand Prix national de sculpture ; en 1982, il est promu officier de l’ordre national du Mérite puis, en 1984, commandeur des Arts et Lettres. Enfin, il est titulaire des médailles d’honneurs des villes de Paris et de Marseille. En 1993, il effectue une donation de 187 œuvres (67 compressions, 31 expansions, 4 empreintes et 85 bronzes) à la cité phocéenne ; malheureusement le projet de musée César, prévu pour 1995 et devant valoriser ce fabuleux ensemble, n’a jamais abouti.

César, Mémorial des Rapatriés, 1970
Corniche Président Kennedy , 7e arrondissement

César, Le Pouce (la nuit), 1993
Rond-point Pierre Guerre, 8e arrondissement

1 commentaire:

Tietie007 a dit…

Il aurait eu de la matière première, sur le chemin de la Nerthe !