dimanche 25 avril 2010

Monument à Franz Mayor de Montricher (Philippe Poitevin sculpteur)

J’ai enrichi ma collection en achetant aux enchères, hier à Marseille, un petit groupe en terre cuite (H. 46 cm – L. 33 cm – P. 20 cm). Il s’agit d’un projet de Monument à la gloire de Franz Mayor de Montricher (1810-1858) par le sculpteur provençal Philippe Poitevin (1831-1907). Franz Mayor de Montricher est un ingénieur suisse bien connu la cité phocéenne puisqu’il est l’auteur du canal de Marseille, tâche colossale qu’il réalise en neuf années seulement (1840-1849) : grâce à lui, le 18 novembre 1849, les eaux de la Durance arrivent au plateau Longchamp.

Philippe Poitevin, Monument à la gloire de Franz Mayor de Montricher
projet non réalisé, groupe en terre cuite, 1882

L’iconographie de la sculpture évoque cela. Assise sur une plate-forme centrale, l’allégorie de Marseille domine ; elle est identifiable à sa couronne crénelée qui désigne une ville et au blason marseillais situé sur le podium. Sa main gauche repose sur l’épaule d’un seconde allégorie féminine. Nue et coiffée de feuillages, elle figure la Durance ; agenouillée, elle déverse l’eau de son amphore – comme il sied aux représentations de fleuves – aux pieds de Marseille. De l’autre côté, se tient un Amour présentant le portrait en médaillon de l’ingénieur célébré.
L’œuvre est signée et datée sur la plinthe de la terrasse sous le personnage de la Durance : Philippe Poitevin 1882. Cette date semble marquer le retour du sculpteur de son exil londonien après la tourmente de la Commune : Peut-être est-ce le moyen pour l’artiste de susciter une commande importante lui permettant de restaurer sa renommée dans la région. Le projet a-t-il été soumis au Conseil municipal de Marseille ? Quoi qu’il en soit, il n’a pas abouti, la ville se trouvant fort endettée après les travaux somptuaires du Second Empire et en pleine crise immobilière.
Reste cette esquisse de monument qui aurait pu compléter l’hommage à Montricher déjà existant : le buste de l’ingénieur par André Allar qui se trouve dans le nymphée du Palais Lonchamp et que Poitevin connaît bien pour en avoir sculpté le pendant – le maire Consolat (cf. notice du 4 février 2010).

2 commentaires:

Marchal a dit…

bonsoir, je suis une descendante de Montricher, et pour l'instant je m'interesse à sa femme Mathilde Rogers qui a écrit de magnifiques lettres à sa petite fille ne Tunise, mon arrière grand-mère... intéressée par tout ce qui concerne mes aïeux...

je ne connaissais pa scette ébauche de sculpture...

Laurent Noet a dit…

Si vous souhaitez davantage d'informations sur cette sculpture, voyez ma notice du vendredi 7 janvier 2011. D'autre part, cette oeuvre m'appartient : faites-moi savoir si vous souhaitez d'autres photos.