mercredi 19 mai 2010

Le Duc d'Aumale (André Allar sculpteur)

L’hôtel des ventes de Morlaix propose aux enchères, le 24 mai prochain, une œuvre de jeunesse d’André Allar (1845-1926) : un portrait d’Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822-1899).

André Allar, Le Duc d’Aumale, 1860
médaillon octogonal en marbres blanc et rouge
H. 60 cm – L. 49 cm

Cette œuvre signée et datée (A. Allard 1860) est peut-être la première sculpture exposée par l’artiste au Salon de Société artistique des Bouches-du-Rhône en septembre 1860 : Portrait, médaillon marbre. Le jeune homme n’a alors que 15 ans et sa signature, pas encore fixée, comprend un D terminal ; les critiques le remarquent cependant. Marius Chaumelin déclare que « sans être aussi remarquables [que d’autres] les portraits exécutés par MM. Chauvet et Allard de Marseille méritent d’être cités »1 ; pour sa part, Étienne Parrocel juge le médaillon « joli [et] finement exécuté. »2
Le choix du modèle peut paraître étrange, le duc d’Aumale vivant en exil en Angleterre depuis 1848. Toutefois, il convient de rappeler que ce prince français – 4e fils du roi Louis-Philippe – se distingua en Algérie, en 1843, où il captura la smala d’Abd-el-Kader… phase importante de la conquête de l’Algérie (1832-1847). Or, l’Algérie est une contrée riche en carrières de marbres blancs et colorés où le marbrier Jules Cantini (1826-1916) investit. Il se trouve par ailleurs qu’à cette époque André Allar, parallèlement à ses études à l’école municipale des Beaux-Arts, gagne sa vie comme metteur aux points et praticien chez différents marbriers dont Cantini.
Le choix de la polychromie (profil en marbre blanc sur un fond de marbre rouge) est sans doute une idée du marbrier afin de valoriser ses marbres de couleur comme il le fera ultérieurement avec les statuaires Henri Lombard (1855-1829) ou Ernest Barrias (1841-1905).

1 Chaumelin (Marius), Le Salon marseillais de 1860, Marseille, 1860, p.51.
2 Parrocel (Étienne), Le Salon marseillais de 1860, Marseille, 1860, p.104.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Votre travail sur les sculptures à Marseille est remarquable. Je ne comprends pas que la ville, la Drac et le patrimoine n'aient pas fait en sorte de publier vos travaux. Qui passionneraient autant touristes qu'érudits. Me répondre par lise.dupas -arobase-numericable.fr