samedi 1 mai 2010

Louis Botinelly et la pierre de Senozan

La période stylistique la plus intéressante du sculpteur Louis Botinelly (1883-1962) est sans aucun doute sa période Art déco. Aux formes délicatement stylisées s’ajoute une attention très particulière portée au choix de ses pierres, souvent colorées : marbre rose de Milan, marbre bleu turquin, pierre grise de Laroche. Sa préférée reste cependant la pierre de Senezan, un calcaire dur marron-beige extrait près de Macon.
Il l’utilise, entre 1928 (peut-être dès 1925) et 1933, principalement pour des portraits : Mme Lee Ruef (Salon de 1928, n°3154), Mme W. G… (Salon de 1931, n°3487), le président du Conseil Pierre Laval (1883-1945 – Salon de 1932, n°3594), l’empereur d’Annam Bao Daï (1913-1997 – collection particulière, 1932)…

Louis Botinelly, Marthe Hannau, pierre de Senezan, 1928
Collection particulière

Marthe Hanau (1886-1935) est une femmes d’affaires, impliquée dans un important scandale financier qui la conduit à la prison de Fresnes où elle se suicide le 14 juillet 1935. Surnommée la Banquière des années folles, elle a inspirée le film La Banquière avec Romy Schneider. Ce buste en hermès (H. 57 cm –L. 37 cm – P. 23 cm) a été exposé à Marseille, à la Galerie Jouvène en 1928.

Louis Botinelly, Enfant, pierre de Senozan, vers 1928-1930
Collection personnelle

Plus rarement, Botinelly use de ce matériau pour des objets décoratifs comme une statuette du Salon de 1929, Diane endormie (n°3524). Toutefois, son œuvre la plus spectaculaire dans ce domaine est un vase perché sur sa colonne.

Louis Botinelly gravant le vase, photographie, 1928
Collection particulière

Louis Botinelly, Vase et colonne, pierre de Senozan, 1928
Collection particulière (ensemble et détail)

L’ultime œuvre en pierre de Senozan réalisée par Botinelly est un groupe grandeur nature. Il est commandé pour le décor intérieur du Tribunal de Commerce de Marseille érigé par Gaston Castel (1886-1971) entre 1930 et 1933. L’iconographie présente le Droit nu entre deux allégories féminines et drapées qui le protègent ; la Loi porte un flambeau civilisateur tandis que la Vérité tient un miroir. Une colombe, symbole de paix, et un serpent, symbole de la vigilance, complète le groupe.

Louis Botinelly, La Loi et la Justice protégeant le Droit,
groupe en pierre de Senozan, 1933
Salon d’honneur du Tribunal de Commerce,
rue Émile Pollack – 6e arrondissement

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