vendredi 4 juin 2010

Les Joueuses d'osselets (Charles Delanglade sculpteur)

Le samedi 26 juin prochain, l’hôtel des ventes de Montpellier propose aux enchères une œuvre de Charles Delanglade (1870-1952) : Les Joueuses d’osselets, terre cuite (grès ?), H. 35,5 cm – L. 49 cm – P. 40 cm (estimation : 400-500 euros).

Charles Delanglade, Les Joueuses d’osselets, terre cuite, vers 1910-1919

Cette œuvre représente trois femmes vêtues à l’antique, jouant aux abords d’un édifice à peine esquissé. Elle a été éditée en grès par Delanglade lui-même dans ses fours des Aygalades, actifs à partir de 1898 et durant la première décennie du XXe siècle. Le choix du matériau relève du goût de la Belle Époque comme il le révèle dans son essai Sur les céramiques marseillaises : « J’essayais les fabrications les plus diverses, et particulièrement celle du grès, alors très à la mode. » Un exemplaire figure au Salon de l’Association des artistes marseillais de 1919 (n°314). Par la suite, il édite également cette pièce en bronze.

Charles Delanglade, Massilia, groupe bronze, vers 1922
H. 50 cm- L. 105 cm – P. 60 cm, fondeur Jabœuf & Rouard
Collection privée

Plus tard, il insère ses Joueuses d’osselets dans un ensemble plus vaste intitulé Massilia et présenté à l’Exposition coloniale de Marseille de 1922 (n°205). Le titre renvoie aux origines grecques de la cité phocéenne. L’œuvre se compose de différents petits groupes de femmes. En cela, elle se réfère incontestablement au chef-d’œuvre de Pierre Puvis de Chavannes (1824-1896) conçu pour l’escalier du Palais Longchamp : Marseille colonie grecque (1869). Les Joueuses d’osselets – mais aussi la jeune Massaliote qui se tient derrière, tendant le bras vers le temple – évoquent les figures féminines qui inspectent une étoffe sur la droite du tableau.

Pierre Puvis de Chavannes, Marseille colonie grecque, 1869
Escalier du Palais Longchamp, aile du musée des beaux-arts
4e arrondissement

Aucun commentaire: