dimanche 13 juin 2010

Publicité monumentale

J’ai trouvé hier une carte postale publicitaire amusante qui me sert de prétexte pour parler des savonniers de Marseille.

Au / savon la Girafe / de / renommée universelle / Marseille reconnaissante
Carte postale, éditée vraisemblablement pour l’Exposition coloniale de 1906

Jean-Baptiste Charles Roux fonde sa savonnerie, en 1828, rue Sainte qui est alors le quartier des savonniers à deux pas du port. Son épouse, Marie-Louis Antoinette Arnavon appartient au même milieu : son père, Louis Arnavon, est l’un des premiers industriels de le domaine et son frère, Honoré Arnavon, poursuit dans cette voie. Leur fils Jules Charles Roux fils – dit Jules Charles-Roux – resserre les liens familiaux dans cette branche en épousant Edmonde Canaple, nièce du savonnier et député d’Empire Edmond Canaple et sœur du savonnier Charles Canaple.
Jules Charles-Roux est associé très jeune – il a moins de 25 ans – à l’entreprise familiale en 1866. En 1870, au décès de son père, il en reprend les rênes seul, puis en association avec son beau-frère Charles Canape à partir de 1876. Sous sa direction, la gamme des produits se diversifie sous différents noms dont La Girafe : savons marbrés bleu pâle et bleu vif traditionnels, savons blancs de ménage, savons blancs de teinture pour l’industrie. Les distinctions ne manquent pas : médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris en 1867, médaille du centenaire à l’Exposition internationale de Philadelphie en 1876, médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris en 1878 et hors concours à celle de 1889 ; cette année-là, Jules Charles-Roux est nommé membre du jury et désigné rapporteur pour la savonnerie.


En-tête de lettre (1904) portant les marques de fabrique
de la savonnerie Charles Roux fils – Charles Canape

Élu député de Marseille en 1889 et séjournant très régulièrement à Paris, Jules Charles-Roux confie la direction de ses usines à son beau-frère. L’association perdure jusqu’à la crise qui frappe la savonnerie marseillaise dans les années 1910 ; l’entreprise est alors vendue au groupe anglais Lever à l’orée de la première Guerre mondiale.

Bibliographie : Jules Charles-Roux, le grand Marseillais de Paris, Marines éditions, 2004

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