mardi 17 août 2010

Les statuettes polychromes de Jules Cantini

Jules Cantini (1826-1916) fait fortune dans l’exploitation de carrières de pierres et de marbres blancs ou polychromes tout autour de la Méditerranée. Rapidement, il comprend que leur promotion passe par la réalisation de pièces remarquables. Ainsi, à l’exposition de la Société artistique des Bouches-du-Rhône de 1855, exhibe-t-il dans la section de sculpture deux tables en mosaïques de pierre dures et de marbres : le plateau de la première représente des fleurs, des fruits et des oiseaux tandis que le second se contente de panneaux et de branches de cerisiers.
Par ailleurs, il sait que les statues sont un support publicitaire idéal. De fait, il s’adjoint les services d’artistes renommés, prix de Rome… ce que l’on a vu dans l’article précédent. Vers 1905, Jules Cantini finit par se passer du concours de ces sculpteurs de renom pour donner une œuvre personnelle : à l’Exposition Coloniale de Marseille de 1906 paraît donc Le Bon accueil « qu’il faut bien reconnaître sensiblement inférieur à ses aînés », déclare Charles Delanglade (1870-1952), « […] il est regrettable que, cette fois encore, M. Cantini ne se soit pas adjoint un maître statuaire. »1
Or, à côté de ce Bon accueil grandeur nature, le marbrier réalise de multiples statuettes polychromes valorisant ses marbres. Plusieurs sont parvenues jusqu’à nous grâce au legs Cantini de 1917. Cela permets de confirmer les dires de Charles Delanglade : cette production est d’une qualité artistique moindre, parfois grossière et kitch. En voici quelques-unes pour vous faire une idée.

Jules Cantini, Phryné, statuette en marbre jaune et onyx
Réserves des musées, rue Clovis Hugues, 3e arrondissement
C’est la seule œuvre signée (plaque gravée) de la collection

Jules Cantini, Femme voilée, buste en marbres polychromes
Réserves des musées, rue Clovis Hugues, 3e arrondissement

Jules Cantini, Égyptienne, statuette en marbre rouge
Réserves des musées, rue Clovis Hugues, 3e arrondissement

Jules Cantini, Romaine, statuette en marbres polychromes
Réserves des musées, rue Clovis Hugues, 3e arrondissement

1 Charles Delanglade, « Éloge de M. Jules Cantini », Mémoires de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Marseille, t.1917-1920, Marseille, 1921, p. 281-282.

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