dimanche 5 septembre 2010

Monument à Frédéric Chevillon (Henri Raybaud sculpteur)

Henri Raybaud, Monument à Frédéric Chevillon, marbre, 1922
Place de la Corderie, 7e arrondissement

Frédéric Chevillon (1879-1915) est le fils du député des Bouches-du-Rhône et maire d’Allauch Joseph Chevillon (1849-1910). Étudiant en histoire (1898-1900) et licencié en lettres, il devient administrateur colonial avant de succéder à son père à la mairie d’Allauch où il est élu le 5 juin 1910. Il entre dans le cabinet du ministre de la Marine Théophile Delcassé (27 juin 1911 au 18 janvier 1913). Par ailleurs, il est élu député lors d’une élection partielle en 1912 (réélu en 1914) ; il siège à la Chambre au sein de la Gauche radicale.
Il part comme simple soldat de l'armée territoriale en 1914. Il écrit : « il est normal que les élus soient à côté des électeurs souffrant leurs misères, courant les mêmes risques, surtout ceux qui ont voté la loi de trois ans et se sont fait les défenseurs de la Patrie en temps de paix... les mots ne sont rien, les actes seuls comptent. Les députés qui auront versé leur sang pour le pays auront mieux servi la République que tous les parleurs en Chambre ». Caporal, puis sergent, il est nommé sous-lieutenant, au bout d'un mois, dans l’infanterie. Il demande à passer dans l'armée d'active et est affecté le 28 septembre 1914, au 132e régiment d'infanterie de Reims. Sorti de la tranchée en criant « Vous allez voir comment on meurt dans le 15e corps », il meurt au champ d’honneur, aux Éparges (Meuse), à l’âge de trente-six ans, le 21 février 1915.
Il est le cinquième député français mort pour la France, mais sa disparition a un retentissement national. La mort de Frédéric Chevillon a eu pour effet de retourner totalement l’opinion publique en faveur des combattants méridionaux, injustement soupçonnés de faiblesse. Alexandre Millerand, ministre de la Guerre et Paul Deschanel, président de la Chambre, ont d’ailleurs en cette occasion solennellement réhabilité le 15e corps d'armée à travers le sacrifice du jeune député-maire.
En 1920, un comité se constitue pour honorer Frédéric Chevillon à Marseille. Il confie l’exécution du monument au sculpteur Henri Raybaud (1879-?). L’iconographie choisie montre l’allégorie de la France, en bonnet phrygien ,apportant un sabre au jeune tribun pour qu’il aille la défendre. La municipalité phocéenne participe à la souscription à hauteur de 1000 francs, le 22 janvier 1921, et s’occupe des travaux d’aménagement (fondations) à partir du 3 novembre 1922. Parallèlement, un autre Monument à la mémoire de Frédéric Chevillon – plus modeste mais également de la main d’Henri Raybaud – est érigé à Allauch.

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