mardi 23 novembre 2010

Honoré Daumier

Voici une nouvelle notice du Dictionnaire des peintres et sculpteur de Provence Alpes Côte d’Azur :

Honoré Daumier, photographie ancienne

Daumier Honoré Victorin (Marseille, 26 février 1808 – Valmondois, Val-d’Oise, 10 février 1879), lithographe, peintre et sculpteur
Installé avec sa famille à Paris en 1816, il entre comme apprenti chez le graveur Zéphirin Belliard en 1825. Avec la publication de Passe ton chemin cochon ! (La Silhouette, juillet 1830) débute sa carrière réellement de lithographe. Il collabore bientôt à différents journaux satiriques (La Caricature, Le Charivari…). Charles Philipon, directeur de La Caricature, lui commande notamment une série de bustes modelés et coloriés des Célébrités du Juste Milieu (ensemble de terres crues, 1832-1835 – musée d’Orsay). Le 23 février 1832, il est condamné pour la publication d’une lithographie, Gargantua qui croque le roi Louis-Philippe en ogre (Bibliothèque Nationale de France), mais n’est pas incarcéré. La parution de La Cour du roi Pétaud provoque, peu après, l’exécution de la sentence ; il est emprisonné jusqu’au 27 janvier 1833. De 1834 à 1850, il réalise quelques-unes de ses gravures les plus célèbres dont Rue Transnonain, 15 avril 1834 ou Ratapoil et Casmajou (1850). En 1848, il participe au concours d’une figure peinte de La République : son esquisse (musée d’Orsay) est primée, mais il n’en exécute pas de version définitive. Son ami Jean-Philippe Jeanron, alors au gouvernement, lui commandite un tableau religieux qui ne sera jamais achevé. En 1849, il reçoit une seconde commande picturale de l’État : Saint Sébastien (musée de Soisson). L’année suivante, il expose deux toiles au Salon, notamment Silène. En 1860, il est renvoyé du Charivari et connaît une existence difficile. En 1863, il essaie d’obtenir une nouvelle commande de l’État mais n’obtient qu’une mise en demeure : il doit honorer sa commande de 1848 ; il s’en libère en livrant son Silène exposé en 1850. Cette même année, après le décès de Philipon, il réintègre Le Charivari. En 1865, un chapitre entier lui est consacré dans Histoire de la caricature moderne de Champfleury. En 1871, il est élu membre de la Commission pour la sauvegarde des œuvres des musées, menacées par le Siège de Paris. Puis délégué aux Beaux-Arts pendant la Commune, il s’oppose à Gustave Courbet qui souhaite abattre la Colonne Vendôme. En 1872, il publie sa dernière lithographie dans Le Charivari : des problèmes de vue le gênent désormais pour son art ; il devient aveugle. En 1874, il acquiert une maison à Valmondois. En 1877, le gouvernement lui accorde une pension de 1200 francs qui est doublée l’année suivante. En 1878, la galerie Durand-Ruel organise une rétrospective de son œuvre, laquelle se solde par un échec. Enfin, il est frappé d’apoplexie au début de 1879 et meurt peu après. On peut voir au musée des Beaux-Arts de Marseille une série complète des Célébrités du Juste Milieu (bronze).

Deux célébrités du Juste Milieu :
Le ministre de l’Intérieur Gizot ou L’Ennuyeux
L’avocat et homme politique Dupin aîné ou L’Orateur
Bustes en terre crue coloriée, 1832-1835, musée d’Orsay

Bibl. : Daumier 1808-1879, catalogue d’exposition, Paris (Grand Palais), 1999 ; Lévêque (Jean-Jacques), Honoré Daumier, ACR Édition / Poche couleur, 1999 ; Daumier. Les célébrités du ‘Juste Milieu’ 1832-1835, catalogue d’exposition, Paris (musée d’Orsay), 2005 ; Klein (Charles-Armand), Honoré Daumier roi de la caricature, peintre et sculpteur, Mémoire du Sud / Équinoxe, 2005.

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