dimanche 21 novembre 2010

Pierre Puget

Je viens de me rendre compte qu’en trois années d’exercice je n’ai jamais donné de notice biographique du plus connu des artistes marseillais. Je me rattrape aujourd’hui avec celle que je lui ai consacrée dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Pierre Puget, Autoportrait, huile sur toile, 1668
Musée Granet, Aix-en-Provence

Puget Pierre (Marseille, 16 octobre 1620 – Marseille, 2 décembre 1694), sculpteur, peintre et architecte
Apprenti de Jean Roman, menuisier et sculpteur sur bois à l’arsenal des galères de Marseille, dès 1634, il parfait son éducation en Toscane, à Livourne puis Florence, en 1638. En 1639, il intègre l’atelier florentin de Pierre de Cortone ; il y reçoit sans doute ses premières leçons de peinture. Il rentre à Marseille en 1644. L’année suivante, il rejoint son frère Gaspard, tailleur de pierre, à Toulon et collabore avec Nicolas Levray, maître sculpteur à l’arsenal, à la réalisation d’une galère. En 1647, il se marie à Toulon et honore plusieurs commandes d’embellissement urbain. En 1649, il signe un contrat pour la décoration d’un retable pour la chapelle de la Confrérie Saint-Joseph de La Valette. La Fronde nuisant à l’activité de l’arsenal à partir de 1648 et ce jusqu’en 1652, il s’adonne davantage à la peinture : ainsi, en 1651, réalise-t-il Sainte Cécile musicienne (musée des Beaux-Arts de Marseille) et apparaît dans les archives comme maître peintre de la ville de Toulon. En 1656, il exécute les Atlantes de l’hôtel de ville de Toulon et reçoit pour la première fois le titre d’architecte. En 1659, Claude Girardin lui commande pour le jardin du château de Vaudreuil en Normandie deux sculptures, dont Hercule terrassant l’Hydre de Lerne (musée des Beaux-Arts de Rouen). Deux ans plus tard, Nicolas Fouquet lui demande un Hercule au repos dit aussi Hercule gaulois (musée du Louvre) pour Vaux-le-Vicomte ; le surintendant disgracié, la statue entre dans les collections de Colbert au château de Sceaux. De 1661 à 1668, il s’installe à Gênes, rejoint par sa famille et son élève Christophe Veyrier. Il honore alors de nombreuses commandes pour les familles Sauli, Lomellini, Brignole et Spinola. Durant ce séjour, sa peinture évolue notamment au contact de l’art de Giovanni Benedetto Castiglione et de Van Dyck. De retour à Toulon en 1668, il entre au service du roi en tant que directeur de l’atelier de sculpture de l’arsenal. Avec le peintre Jean-Baptiste de La Rose, il donne plusieurs esquisses de navires (Le Monarque, Le Soleil Royal, Le Paris, L’Isle-de-France…), décore plusieurs vaisseaux et forme quelques 92 sculpteurs ainsi que 39 peintres. En 1671, il entreprend son Milon de Crotone (achevé en 1689 – musée du Louvre) pour le parc de Versailles ; suivent Alexandre et Diogène (bas-relief, 1676-1689 – musée du Louvre) et Persée et Andromède (groupe, 1678-1684 – musée du Louvre). En 1679, il quitte l’arsenal de Toulon, ayant exaspéré Colbert avec ses projets toujours plus onéreux ; il s’installe à Marseille et entame la construction de la chapelle de La Charité (1679-1707). Il envisage alors la création d’une place royale à Marseille dans le goût du Bernin ; la guerre de la Ligue d’Augsbourg en 1688 anéantit le projet, les échevins offrant au roi les fonds réservés à la construction. En 1692, il débute un Faune (musée des Beaux-Arts de Marseille) destiné au jardin de sa demeure de Fongate ; cette œuvre reste inachevée. Le musée des Beaux-Arts de Marseille conserve de lui de nombreuses sculptures (Les Armes du Roi, haut-relief marbre ; Louis XIV, médaillon marbre ; Louis XIV à cheval, bas-relief marbre ; Salvator Mundi, buste marbre ; Lapidation de saint Étienne, bas-relief terre cuite ; Saint Charles Borromée priant pour la cessation de la peste de Milan, bas-relief marbre) et peintures (Le Baptême de Clovis ; Le Baptême de Constantin ; Le Sacrifice de Noé ; Le Sauveur du Monde ; Portrait de Gaspard Puget ; Le Sommeil de l’Enfant Jésus ; La Vierge apprenant à lire à l’Enfant Jésus ; L’Éducation d’Achille par le centaure Chiron).

Pierre Puget, Le Faune, statue en marbre, 1692-1693
Musée des Beaux-Arts de Marseille

Bibl. : Gloton (Marie-Christine), Pierre et François Puget peintres baroques, Édisud, Aix-en-Provence, 1985 ; Pierre Puget (1630-1694) peintre, sculpteur, architecte, catalogue d’exposition, Marseille (Vieille Charité), 1994 ; Connaissance des arts, hors série n°63 : Puget, 1994 ; Lagrange (Léon), Pierre Puget peintre, sculpteur, architecte, décorateur de vaisseau, Paris, 1868, reprint éditions Jeanne Laffitte, Marseille 1994

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