vendredi 5 novembre 2010

Tombe de Louis Rouffe (Émile Aldebert sculpteur)

L’une des tombes les plus originales du cimetière Saint-Pierre est, à mon sens, la stèle funéraire aux formes tarabiscotées du mime Louis Rouffe (1849-1885). En juin 1874, à l’Alcazar, le public décerne à ce jeune artiste de 25 ans une palme d’or et le sacre « roi des Pierrots ». En une vingtaine de créations, il donne à son personnage fétiche une dimension tragique inédite, l’effroi devenant un ressort du burlesque. Atteint de phtisie, il meurt à seulement 36 ans tout auréolé de gloire.

Émile Aldebert, Tombe de Louis Rouffe, stèle en marbre, 1886
Cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

Émile Aldebert (1828-1924) qui sculpte la tombe en 1886 réalise un double portrait du défunt. Il le représente d’abord de façon traditionnelle, de profil en médaillon ; mais il le représente également de face, au sommet de la composition, grimé en Pierrot (bonnet et collerette) avec la devise de la pantomime : « Tout dire sans parole ». Une palme et un rameau de laurier rappellent les succès du mime.
Pour finir, il convient de signaler que la tombe accueille une autre artiste : Alida Rouffe (1874-1949), fille de Louis Rouffe, meneuse de revue, chanteuse comique et créatrice du rôle d’Honorine dans la trilogie marseillaise de Marcel Pagnol (1895-1974) Marius-Fanny-César.

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