jeudi 16 décembre 2010

La Paix (Joseph Chinard sculpteur)

Le 25 mars 1802, l’Angleterre signe un traité de paix à Amiens. Le Premier Consul Napoléon Bonaparte ressort grandit de cet événement qui met fin à la deuxième coalition européenne contre la France. À Marseille, le préfet Charles Delacroix veut aussitôt glorifier la paix retrouvée par un monument : on imagine alors une statue sise dans un temple de plan circulaire au sommet de la colline Bonaparte (aujourd’hui Puget) et bien en vue depuis le port. Faute de moyens, le projet se réduit à la seule sculpture achevée en 1810.
La commande est passée au sculpteur lyonnais Joseph Chinard (1756-1813), artiste chéri du Consulat et du 1er Empire. Il représente La Paix sous les traits hiératiques de Cérès, la déesse de l’agriculture, des moissons et de la fécondité. Elle symbolise l’espérance d’une prospérité retrouvée, le négoce phocéen ayant souffert du blocus anglais : la corne d’abondance à sa droite, les ballots sur lesquels est posé son trône et la présence à ses côtés de jeunes génies du commerce (coiffés d’un pétase) abondent en ce sens.
Malgré son état, la statue demeure l’une des plus belles œuvres néoclassiques visible sur une place publique dans le Midi de la France. Au demeurant, Chinard l’estimait suffisamment intéressante pour exposer le modèle en plâtre de la tête de La Paix au Salon de 1812, à Paris.

Joseph Chinard, La Paix, statue en marbre, 1810
Ensemble et signature (Chinard de Lyon)
Place des Capucins, 1er arrondissement

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