mercredi 29 décembre 2010

Le piédestal du monument à Pierre Puget (Henri Lombard sculpteur)

Henri Lombard, Monument à Pierre Puget, marbre, 1906
Carte postale

Jean-Pierre Cassely qui organise des visites guidées sur le thème de la Provence insolite (cf. son site http://www.provence-insolite.org/) et tient une chronique éponyme sur la radio France Bleu (il en consacrera d’ailleurs une à mon blog en janvier prochain, ce en quoi je le remercie vivement)… Jean-Pierre Cassely donc m’a envoyé des photos du piédestal démembré de l’ancien Monument à Pierre Puget d’Henri Lombard (1855-1929) qui trônait autrefois sur la place de la Bourse (pour l’historique du monument, je vous renvoie à mes notices des 1er et 2 février 2009). Alors que la statue de Pierre Puget a aujourd'hui les honneurs du très chic cours Puget, les trois groupes qui composaient le piédestal ont été éclatés dans divers espaces publics des quartiers Nord (14e arrondissement), notamment dans un parc à proximité du cimetière et de l’autoroute. Bien que vandalisées et taguées, les sculptures semblent en relatif bon état. Je rêve de voir un jour regroupées dans un même lieu les différentes parties du monument afin que l’ensemble retrouve sa cohérence.

Henri Lombard, La Force, marbre, 1906
Allégorie flanquant autrefois le côté gauche du piédestal
Jardin de l’Espérance, 14e arrondissement

Henri Lombard, La Gloire, marbre, 1906
Allégories flanquant autrefois le côté droit du piédestal
14e arrondissement

Henri Lombard, Génies, marbre, 1906
Allégories flanquant autrefois l’arrière du piédestal
Jardin de l’Espérance, 14e arrondissement

samedi 25 décembre 2010

Crèche (Félix Guis sculpteur)

Pour ce jour de Noël, j’ai choisi un sujet de conséquence et fais très court : en 1940, le sculpteur Félix Guis (1887-1972) fonde la société Céramia. Dans ce cadre, il fabrique des santons et de la vaisselle provençale qu’il signe Cera Guis.

Félix Guis, Crèche, terre cuite, après 1940
Ensemble et signature – collection particulière

jeudi 16 décembre 2010

La Paix (Joseph Chinard sculpteur)

Le 25 mars 1802, l’Angleterre signe un traité de paix à Amiens. Le Premier Consul Napoléon Bonaparte ressort grandit de cet événement qui met fin à la deuxième coalition européenne contre la France. À Marseille, le préfet Charles Delacroix veut aussitôt glorifier la paix retrouvée par un monument : on imagine alors une statue sise dans un temple de plan circulaire au sommet de la colline Bonaparte (aujourd’hui Puget) et bien en vue depuis le port. Faute de moyens, le projet se réduit à la seule sculpture achevée en 1810.
La commande est passée au sculpteur lyonnais Joseph Chinard (1756-1813), artiste chéri du Consulat et du 1er Empire. Il représente La Paix sous les traits hiératiques de Cérès, la déesse de l’agriculture, des moissons et de la fécondité. Elle symbolise l’espérance d’une prospérité retrouvée, le négoce phocéen ayant souffert du blocus anglais : la corne d’abondance à sa droite, les ballots sur lesquels est posé son trône et la présence à ses côtés de jeunes génies du commerce (coiffés d’un pétase) abondent en ce sens.
Malgré son état, la statue demeure l’une des plus belles œuvres néoclassiques visible sur une place publique dans le Midi de la France. Au demeurant, Chinard l’estimait suffisamment intéressante pour exposer le modèle en plâtre de la tête de La Paix au Salon de 1812, à Paris.

Joseph Chinard, La Paix, statue en marbre, 1810
Ensemble et signature (Chinard de Lyon)
Place des Capucins, 1er arrondissement

mercredi 8 décembre 2010

Thomas Cartier

Voici la notice d’un nouveau sculpteur animalier sorti de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Cartier Thomas François (Marseille, 21 février 1879 – ?, 1943), sculpteur animalier
Élève de Georges Gardet et de Victor Peter, il se spécialise dans la sculpture animalière. Il fréquente assidûment, de 1904 à 1935, le Salon des Artistes Français où il reçoit plusieurs récompenses : mention honorable en 1908 (Agonie, groupe plâtre, et Chat se léchant, statuette bronze), médaille de 2e classe en 1910 (Agonie, groupe marbre) et une médaille d’or en 1927 (Renard et Panthère, plâtres). On le croise aussi dans la section d’art décoratif avec un Chat persan en céramique en 1912 et des panneaux de Lions en 1930.

Thomas Cartier, Tigre feulant, bronze à patine verte
En vente aux enchères à Tarbes le 12 décembre 2010

Thomas Cartier, Combat de cerfs, groupe bronze
Collection particulière

Depuis la publication du Dictionnaire en 2006, j’ai trouvé de nouvelles informations concernant cet artiste : Pendant la Grande Guerre, il se fait illustrateur : il réalise alors de nombreuses cartes postales de propagande anti-allemande et de soutien aux poilus.

Thomas Cartier, La dernière lettre, carte postale

Sitôt après la guerre, il s’installe à Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre), dans une ancienne poterie. Il s’intéresse alors beaucoup au grès, créant même quelques vases dénués de décor sculpté. Enfin, il exerce son talent dans la réalisation de plusieurs monuments au morts, notamment celui de sa commune d’adoption et de quelques villages alentours (Ciez, Perroy, Saint-Verain) ; on lui doit également quelques monuments dans le Vaucluse, la Vienne et les Bouches-du-Rhône – si quelqu’un connaît les communes concernées, je suis preneur ! – ainsi que celui de Bône (Annaba) en Algérie.

Thomas Cartier, Monument aux morts de Saint-Amand-en-Puisaye
Carte postale

Thomas Cartier, Monument aux morts de Bône (Algérie)
Carte postale

dimanche 5 décembre 2010

Auguste Vimar

Voici une nouvelle notice de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur. Comme promis, il s’agit d’un artiste animalier :

Auguste Vimar, Autoportrait, dessin, vers 1900-1906

Vimar Auguste Nicolas Stanislas (Marseille, 3 novembre 1851 – Marseille, 21 août 1916), peintre, illustrateur et sculpteur animalier
Il expose au Salon des Artistes Français dès 1885 (Causerie de chiens, musée des Beaux-Arts de Marseille) ainsi que dans de nombreuses expositions en province où ses peintures sont primées (Marseille, Aix, Toulon, Bordeaux, Versailles).

Auguste Vimar, Les critiques, huile/toile
Collection particulière

À l’occasion de l’Exposition Coloniale de Marseille de 1906, il réalise une série de cartes postales publicitaires humoristiques.

Auguste Vimar, L’Algérie et L’océanographie
à l’exposition coloniale de Marseille de 1906, cartes postales

Il montre également, lors de cet événement, son talent de sculpteur ; les fondeurs Barbedienne et Siot-Decauville éditent alors ses petites statuettes : L’Âne qui brait ; Éléphant d’Asie et singe ; L’Ours brun ; Un philosophe, âne

Auguste Vimar, Éléphant d’Asie et singe, bronze , vers 1906-1914
Collection particulière

Il illustre par ailleurs des fables de La Fontaine et de Florian (Le Lion malade et le renard) ainsi que des albums dont il est l’auteur (Nos petits amis de la basse-cour ; L’Arche de Noé) ou le coauteur (avec Henri Signoret, La Légende des bêtes et Le Carnaval des animaux ; avec Léo Claretie, L’Oie du Capitole)…

Henri Signoret et Auguste Vimar, Le Mardi Gras des Animaux
Livre cartonné, vers 1902

Enfin, il collabore au Figaro illustré. Il est, au demeurant, officier du Nicham Ifticar. On trouve ses œuvres dans différents musées des Beaux-Arts : à Béziers (Promenade dans le parc), à Digne (Intérieur d’écurie), à Dijon (Ma Chienne, Salon de 1892), à Marseille (La Leçon de chant).

vendredi 3 décembre 2010

Lionne (Félix Guis sculpteur)

Plusieurs sculpteurs marseillais ont les honneurs des ventes aux enchères en cette fin d’année, certains auxquels j’ai déjà consacré de nombreuses notices et d’autres plus rares comme Félix Guis (1887-1972). Ici, il s'agit d'une oeuvre animalière, domaine dans lequel il excelle.

Félix Guis, Lionne, bronze à patine brune
Cachet ovale LAM Éditeur et signature de l’artiste
H. 16 cm – L. 34 cm

L’œuvre, proposée le 11 décembre prochain à l’hôtel des ventes de La Rochelle, est estimée entre 350 et 500 euros. Cette courte notice m’encourage à parler dans les prochains jours des sculpteurs animaliers marseillais .