mercredi 14 décembre 2011

Le garage Devoulx (Félix Guis sculpteur)

Durant l’Entre-deux-guerres, la voiture se démocratise et crée de nouveaux métiers tels que garagiste et concessionnaire automobile. Des architectures nouvelles répondent aux besoins générés. À Marseille, le plus célèbre de ces établissements reste le Palais de l’Automobile voulu par Raoul Mattéi (1890-1970), directeur de la Société des Auto-Taxis Marseillais et concessionnaire régional de Citroën. Ce bâtiment, construit sur le Prado en 1924-1925 par l’architecte André Ramasso et décoré par le sculpteur Alphonse Annoi, est détruit en 1989.

Ce destin est malheureusement celui de la majorité des garages édifiés à cette époque. Un cependant a survécu : le garage Devoulx, sis 21-23 rue Terrusse. L’Indicateur marseillais de 1932 le présente comme une agence de Peugeot. Sa façade très géométrique s’orne de deux bas-reliefs identiques dus à Félix Guis (1887-1972) où une procession de véhicules soulève des volutes de poussière et de fumée.

Publicité pour le garage Devoulx, Indicateur Marseillais 1932



Félix Guis, façade du garage Devoulx (ensemble et détail), vers 1930
21-23 rue Terrusse, 5e arrondissement

jeudi 1 décembre 2011

Ferdinand Faivre

Le sculpteur marseillais Ferdinand Faivre (1860-1937) est relativement peu présent sur le marché de l’art, malgré une œuvre importante vouée à l’édition (bronzes, faïences, grès…). Il figure néanmoins dans une vente publique, le 4 décembre prochain à Lille, avec une statuette en bronze sur un socle en marbre rose intitulée La chatte métamorphosée en femme (13,5 x 26,5 x 11 cm). La sculpture dont le sujet s’inspire de Jean de La fontaine (Fables, II, 18) est sans doute contemporaine de sa version en marbre qui figure au Salon de la Société des artistes français de 1906 (n°3083).

Ferdinand Faivre, La chatte métamorphosée en femme, bronze

Le sculpteur est encore plus rare à Marseille. J’ai cependant retrouvé l’été dernier une trace de son talent aux archives municipales, dans le fonds des dessins de l’école municipale des Beaux-Arts (26 Fi). J’ai momentanément égaré mes notes à ce sujet, mais je vous livre un dessin de Faivre qui a été primé vers 1879 si je me souviens bien.

Ferdinand Faivre, dessin d’après la bosse

Archives municipales de Marseille

Rue Clovis Hugues, 3e arrondissement

jeudi 17 novembre 2011

Pascal Liotard de Lambesc

Grâce aux recherches généalogiques de Nicolas Polge sur sa famille, je peux aujourd’hui compléter et corriger la notice de Pascal Liotard de Lambesc (cf. article du 17 novembre 2009) :

Fils et petit-fils de maître maçon, Pascal Liotard naît à Lambesc, dans les Bouches-du-Rhône, le 22 avril 1810 (et non en 1804 comme cela apparaît dans nombre de dictionnaire d’artistes). Orphelin de père le 31 mai 1811, il père ensuite sa mère le 31 juillet 1818. Une vingtaine d’années plus tard, alors qu’il est l’élève de David d’Angers et exerce comme statuaire, il épouse Geneviève Duvivier le 20 avril 1841, à Paris. Hélas, son épouse décède rapidement, le 8 mai 1842. Il se remarie dans la capitale, le 11 septembre 1844, avec Célina Marie Louise Carlier de Weille. Revenu dans les Bouches-du-Rhône, il décède à Marseille où il demeure -11, rue des Petites Maries - le 18 février 1876 (et non 1886 !).

Liotard de Lambesc, Honoré Bouche, médaillon plâtre, vers 1868
Escalier d’honneur, Palais des Arts, place Carli, 1er arrondissement

vendredi 4 novembre 2011

Catalogue raisonné de Constant Roux

La monographie que je consacre au sculpteur marseillais Constant Roux vient de paraître aux éditions Mare & Martin. Je vous livre aujourd’hui le texte de la quatrième de couverture :

Le sculpteur Constant Roux (1865-1942) débute et conclut brillamment sa carrière avec une seule et même œuvre : La Colère d’Achille. En effet, elle lui ouvre les portes de la Villa Médicis à l’issue du concours du grand prix de Rome de 1894 et lui octroie une médaille d’honneur au Salon de la Société des artistes français de 1930. De fait, cette statue puissante, abondamment dupliquée en bronze, éclipse souvent l’artiste qui l’a conçue. Cependant, la personnalité attachante et le talent de Constant Roux méritent qu’on s’y intéresse de plus près : soutenu par l’État français et quelques mécènes fidèles au premier rang desquels se trouve le prince Albert 1er de Monaco, il réalise une œuvre peu abondante mais d’une belle qualité plastique répartie en portraits, monuments, décors et objets d’art.

Ce livre, synthèse des travaux universitaires de l’auteur, constitue donc la première monographie, suivie d’un catalogue raisonné, de Constant Roux.

Constant Roux, catalogue raisonné

vendredi 21 octobre 2011

Monument commémoratif pour le fort Saint-Nicolas (Oscar Eichacker sculpteur)

Le 25 janvier 1957, le sculpteur Oscar Eichacker (1881-1961) soumet au maire de Marseille Gaston Defferre (1910-1986) un projet de décoration pour le fort Saint-Nicolas. Il s’agit d’un monument commémoratif : l’allégorie de la France ou de la République se dresse devant le drapeau national ; à ses pieds, un soldat mort gît tandis qu’un olivier s’élance, symbole de la paix retrouvée grâce à ce noble sacrifice. Pour appuyer son projet, l’artiste envoie les photographies d’un dessin de mise en situation et d’une maquette en plâtre. Pour autant, le projet reste lettre morte.

Oscar Eichacker, Monument commémoratif pour le fort Saint-Nicolas, dessin, 1957

Oscar Eichacker, Monument commémoratif pour le fort Saint-Nicolas, plâtre, 1957

samedi 8 octobre 2011

It takes two to tango (David Mach sculpteur)

Depuis le mois de septembre dernier, l’espace urbain marseillais s’est enrichi d’un nouveau monument. Il s’agit d’une œuvre du sculpteur écossais David Mach : né en 1956, il est diplômé du Royal College of Art de Londres en 1982 ; en 1998, il est élu à la Royal Academy of Art (Londres) où il devient professeur de sculpture en 2000. Artiste reconnu dans le monde entier, il réalise des œuvres monumentales en matériaux de récupération (pneus, journaux…) mais aussi des masques humains ou animaliers en allumettes et des bustes fabriqués avec des cintres (His n’Hers,1999 ; Spaceman, 2000).


David Mach, It takes two to tango, 2008
Place Jean Mireur, 3e arrondissement

La sculpture érigée sur la place Jean Mireur, à l’angle des boulevards de Paris et de Dunkerque, est un don de la Fondation CMA-CGM. Ainsi placée, elle fait le lien entre le port de la Joliette et la tour de la CMA-CGM. Elle représente de sumos tenant à bout de bras un conteneur. Spirituellement baptisée It takes two to tango (Il faut être deux pour danser le tango), elle suscite déjà plusieurs interprétations : dynamisme du port de Marseille qui s’ouvre sur l’Asie grâce à Euroméditerranée ; domination du commerce asiatique qui soutient le transport maritime mondial ; opposition de deux forces contraires qui se neutralisent et immobilisent la charge qu’elles transportent… une allégorie des conflits récurrents des dockers marseillais ?

lundi 26 septembre 2011

Adolphe Thiers (Auguste Clesinger sculpteur)

Le 12 mars 2008, j’ai évoqué la genèse du Monument à Adolphe Thiers, réalisé par le sculpteur Auguste Clesinger (1814-1883), que la ville de Marseille, passée à gauche, ne voulu jamais ériger. Aujourd’hui, je reviens sur le devenir de cette sculpture après 1881 :
Le plâtre original et le marbre de 2,70 m de haut demeurent la possession de l’artiste jusqu’à sa mort. La statue en marbre est alors léguée à la cité phocéenne, ce que rappelle un article du Sémaphore de Marseille (5 octobre 1886) : « La statue de M. Thiers exécutée par le sculpteur Clesinger vient d’arriver à Marseille. C'est Mme Courrière, l’exécutrice testamentaire de Clesinger, qui, conformément aux dernières volontés du sculpteur, vient en faire remise à la municipalité. On sait quels débats passionnés a donné lieu le choix de l’emplacement réservé à la statue. On avait primitivement fixé la place de la Bourse ; puis le conseil municipal agissant sous l’inspiration d'un comité électoral avait décidé de refuser tout emplacement. Après la mort de Clesinger, Mme Courrière est venue à Marseille pour s’entendre avec la municipalité. Nous avons fait connaître à l’époque la décision prise. La statue de M. Thiers sera placée au musée de Longchamp dans la salle réservée à la sculpture. La statue a sur socle une hauteur de deux mètres. » Aujourd’hui, la statue se trouve dans la cour de l’école nationale supérieure des arts et métiers d’Aix-en-Provence. Elle y a été érigée vers 1936 ; l’inscription du piédestal en révèle la raison : Adolphe Thiers 1707-1877 / Député d’Aix-en-Provence / fit voter la loi du 13 juin 1843 / créant dans cette ville une école nationale des arts et métiers. Reste à comprendre comment la sculpture a quitté le musée des Beaux-Arts de Marseille pour Aix-en-Provence !

Auguste Clésinger, Adolphe Thiers, statue, marbre, 1879
École nationale des arts et métiers, Aix-en-Provence

PS : Mme Courrière a donné le plâtre original de cette statue au musée des Beaux-Arts de Lille en 1891.

samedi 10 septembre 2011

Jeanne d’Arc (Élie-Jean Vézien sculpteur)

Le samedi 7 mai 1932, l'hebdomadaire L’Éveil provençal – journal d’action catholique, économique et sociale – annonce en grande pompe, à l’occasion de la fête de sainte Jeanne d’Arc qui se tient le lendemain, l’érection prochaine sur le parvis de Notre-Dame-de-la-Garde d’une statue équestre monumentale représentant l’héroïne française, canonisée en 1920. L’auteur du projet, le sculpteur marseillais Élie-Jean Vézien (1890-1982), prévoit une œuvre d’une hauteur de 7,50 m ; le journal en présente la maquette haute d’un mètre. L’ampleur et le coût du monument, prévu en bronze, sont sans doute à l’origine même de son échec. De fait, il faut attendre une dizaine d’années avant qu’un autre Monument à Jeanne d’Arc ne surgisse, plus modeste : il s’érige sur le parvis de l’église des Réformés grâce au ciseau de Louis Botinelly (1883-1962 ; cf. notice du 29 mars 2011).

Élie-Jean Vézien, Jeanne d’Arc, maquette plâtre, 1932

Photographie, collection personnelle

Une de L’Éveil provençal du 7 mai 1932

dimanche 21 août 2011

Tombe de la famille Puppi (Antoine Sartorio sculpteur)

Antoine Sartorio, À nos enfants morts pour la France, bronze, 1926
Tombe de la famille Puppi, cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

La grande guerre est terrible pour la famille Puppi qui perd deux fils, Pierre et Félix, l’un dans les Vosges et l’autre à Verdun. Afin de commémorer leur souvenir, elle s’adresse au sculpteur Antoine Sartorio (1885-1988) pour orner leur tombe au cimetière Saint-Pierre de Marseille. En plus d’un bas-relief portraiturant les jeune gens, l’artiste imagine une allégorie : une Victoire ailée, drapée à l’antique, dépose une couronne de laurier sur des épées brisées monumentales évoquant les batailles fatales. Ce beau bronze fondu par le fondeur H. Rouard ou son modèle en plâtre – le matériau n’étant pas spécifié dans la notice du catalogue – figure au Salon des artistes français de 1926 sous l’intitulé Statue pour un monument à deux frères morts à la guerre (n°3691).

samedi 13 août 2011

Sirène (Berthe Girardet sculpteur ?)

Peu de sculptures art déco ont été érigées à Marseille. L’un des très rares exemples est une fontaine : une Sirène coiffée d’un coquillage tient de ses bras levés une coquille Saint-Jacques qu’un jet d’eau craché par un poisson anguilliforme vient éclabousser. Elle se trouve au parc d’enfants du parc Chanot. Ce site municipal est aménagé à partir de novembre 1936 par les architectes Joseph Lajarrige et Louis Poutu. Il s’agit d’un ensemble comprenant divers chalets et aires de jeu, mais aussi une rivière serpentine et un petit lac (aujourd’hui à sec) au milieu duquel trône ladite Sirène.


Berthe Girardet ?, Sirène, fontaine bronze, 1937-1938
Parc Chanot, 8e arrondissement

Ce parc d’enfants a fait l’objet d’un article dans La construction moderne (54e année, n°11 & 12, 1er & 8 janvier 1939). Toutefois, la revue omet de mentionner l’auteur de la sculpture. L’étude du bronze ne se révèle pas plus loquace : aucune inscription n’indique le nom du statuaire. Néanmoins, la tradition veut que l’œuvre ait été sculptée par Berthe Girardet (1861-1948). Cette hypothèse est loin d’être farfelue. D’abord, parce que Berthe Girardet n’est pas l’artiste marseillaise la plus connue ; si l’attribution avait été fantaisiste, elle se serait porté sur un sculpteur plus célèbre. Ensuite, parce que Berthe Girardet s’est déjà confronté au thème de la sirène : Les petites sirènes, vasque de jardin, plâtre (Salon des artistes français de 1914, n°3838).

Berthe Girardet, Les petites sirènes, vasque, modèle plâtre, 1914
Carte postale

Erratum du 22 novembre 2016 : Marie-Noëlle Perrin, des archives municipales de Marseille, m’a communiqué une photographie du fonds Georges Rouard, datée du 15 janvier 1926. Elle représente la Sirène du parc Chanot. L’œuvre est donc antérieure à l’aménagement du jardin d’enfants. Doit-on alors en conclure que le bassin a été aménagé pour l’exposition coloniale de 1922 ?

Georges Rouard, Marseille sous la neige – parc Chanot
Photographie, 15 janvier 1926
©Archives municipales de Marseille 38 Fi 433

jeudi 21 juillet 2011

L'abus de marbre et la crise de la sculpture

Au début du XXe siècle, la sculpture française connaît une crise sans précédent : une main d'oeuvre italienne, très qualifiée et peu onéreuse, concurrence de façon déloyale les praticiens français, qui du coup se retrouvent au chômage. L'une des raisons principales est assurément la taille à Carrare même de nombreux monuments français en marbre. C'est le cas, par exemple, de la Fontaine Cantini d'André Allar (1911) pour Marseille. La situation prend de telles proportions qu'elle fait la une du Sémaphore de Marseille le vendredi 26 juin 1914 :

Le Sémaphore de marseille, 26 juin 1914

jeudi 14 juillet 2011

L’Ange à la trompette (d’après Giulio Monteverde sculpteur)

Les rapports entre Marseille et l’Italie, notamment Carrare et Gênes, sont anciens dans la petite sphère de la sculpture. Au XVIIe siècle, Pierre Puget passe de nombreuses années dans la capitale ligure ; au XIXe siècle, de nombreux sculpteurs transalpins se réfugient dans la cité phocéenne, fuyant la crise économique ou les répressions politiques. Pour autant, des contacts artistiques évidents entre les deux pays subsistent... Et le cimetière Saint-Pierre de Marseille est le meilleur endroit pour s’en rendre compte.
En 1882, le sculpteur italien Giulio Monteverde (1837-1917) réalise un séduisant Ange à la trompette pour la tombe Oneto au cimetière Staglieno de Gênes. Ce modèle est connu et reproduit au cimetière Saint-Pierre. C’est le cas pour la tombe de la famille Pierre Ferrat ; ici, la copie n’est pas signée. Plus intéressante est la tombe de la famille Joseph Frugoni. En effet, Joseph Frugoni est un sculpteur italien actif à Marseille de 1897 à 1923 ; lorsqu’il duplique l’œuvre de Monteverde pour sa sépulture familiale, il assume son emprunt en signant sa copie : Frugoni / d’après Monteverde.

Giulio Monteverde, Ange à la trompette, marbre, 1882
Tombe Oneto, cimetière Staglieno, Gênes, Italie


D’après Giulo Monteverde, Ange à la trompette, marbre
Tombe Pierre Ferrat, cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement


Joseph Frugoni, Ange à la trompette, marbre
Tombe Joseph Frugoni, cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

jeudi 23 juin 2011

Voyage à Rome

Dès le 1er juillet prochain, et ce jusqu'au 18 septembre 2011, la galerie du Conseil général à Aix-en-Provence accueille une exposition à laquelle j'ai participé en tant que prêteur et auteur. On y trouvera entre autres des oeuvres d'artistes qui sont très présents dans mon blogs : Jean-Baptiste Hugues, André Allar, Félix Chabaud ou encore le peintre Henry Pinta. J'espère que vous serez nombreux à la visiter cet été, d'autant plus que l'entrée est gratuite.

dimanche 22 mai 2011

Félix Chabaud

J'admire l'efficacité de Jean-Marc Héry. Quelque temps après la parution de son roman policier Les fantômes de l'opéra ont perdu leurs linceuls (cf. notice du 11 mars 2011), voilà que paraît sa monographie Louis-Félix Chabaud (1824-1902), paradoxes d'un sculpteur oublié. Cet artiste de Venelles, grand prix de Rome en gravure de médaille, a été le principal collaborateur de l'architecte Charles Garnier (1825-1898), bien plus que le célèbre Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875). Pour en savoir plus sur cet artiste, je vous engage à assister à la conférence que donne Jean-Marc Héry dans l'église perchée Notre-Dame de Beauregard mercredi 25 mai, à 17 heures.

jeudi 12 mai 2011

Maurice Mangepan-Flégier 2

La fille du sculpteur Maurice Mangepan-Flégier (1903-1985) m'a aimablement fourni quelques photographies pour mieux connaître l'oeuvre de son père. Je vous en montre une sélection de portraits qui montrent bien une évolution stylistique vers l'abstraction.

Maurice Mangepan-Flégier avec le portrait et le masque funéraire

de son oncle, le compositeur Ange Flégier (plâtre, 1928)


Maurice Mangepan-Flégier, Honoré Daumier, bronze, 1925

Maurice Mangepan-Flégier, Blanche Poupon, buste plâtre, 1931


Maurice Mangepan-Flégier, Une patiente, plâtre, vers 1950-1960

Maurice Mangepan-Flégier, Le Christ, vers 1950-1960

jeudi 28 avril 2011

Maurice Mangepan-Flégier

Maurice Mangepan-Flégier (Plan-de-Cuques, 1903 – Marseille, 1985), sculpteur et médecin


En 1919, il fait son entrée à l’École des Beaux-Arts de Marseille, dans la section de sculpture où il obtient de nombreux prix ; parallèlement, il taille des tombes et des cheminées chez un marbrier afin de payer ses études de médecine. Il commence à montrer ses œuvres au public marseillais à partir de 1925 : buste d’Honoré Daumier exposé à la bibliothèque municipale pour le cinquantenaire de la mort de l’artiste (1925), portrait du poète Elzéard Rougier inauguré sur la façade de son immeuble (1928), buste de M. Brunet, directeur de l’Opéra de Marseille présenté au Salon de l’Union des Artistes de Provence (1929)… Il réalise le masque funéraire de son oncle, le compositeur Ange Flégier, en 1928 ; la municipalité phocéenne lui commande alors un étude pour un monument qui n’aboutit pas.

Maurice Magepan Flégier, Elzéard Rougier, bas-relief bronze, 1928
53, cours Franklin Roosevelt – 1er arrondissement

Sans abandonner sa vocation artistique, il devient l’un des premiers directeurs de cliniques privées de Marseille : en 1931, il préside à l’ouverture des clinique Flégier (13e arrondissement), du château La Verdière (13e arrondissement) et du Marin (2e arrondissement). Néanmoins, à la retraite en 1960, il se retrouve sans moyens financiers : il loue alors une ruine au Rove, sans eau ni électricité, qu’il retape. Il se remet à exposer ses sculptures, de plus en plus abstraites : expositions dans son atelier au Rove (1960, 1970), à Fontenaille à Aix-en-Provence (1966), au Concorde-Prado à Marseille (1970)… En 1970, il quitte le Rove et s’installe dans sa famille à Cabriès où il transforme une grange en atelier. En 1981, il souffre des prémices de la longue maladie qui le tuera en 1985. En 1995, sa famille organise une rétrospectives de ses œuvres à l’hôtellerie de la Sainte-Baume. Le modèle plâtre du portrait d’Elzéard Rougier est alors offert à l’écomusée de la Sainte-Baume.

PS : Yvane Besson, la fille de Maurice Mangepan-Flégier qui m’a fourni la biographie de son père, me signale qu’elle possède encore quelques œuvres originales dont elle souhaite se défaire (le masque funéraire d’Ange Flégier notamment). Si quelqu’un est intéressé, qu’il n’hésite pas à prendre contact avec moi, je transmettrai la demande.

jeudi 21 avril 2011

Rencontre inattendue (Ary Bitter sculpteur)

Mercredi 27 avril prochain, le commissaire-priseur parisien Guillaume Le Floch mettra en vente une œuvre du sculpteur marseillais Ary Bitter (1883-1973). Des sculptures de cet artiste se vendent régulièrement, mais celle-ci, outre le fait que je la trouve séduisante, est caractéristique de sa production de l’entre-deux-guerres. Il s’agit donc d’une terre cuite patinée, signée sur la base, représentant un faune endormi près de son thyrse et de sa cornemuse découvert par un chevreau ; le titre original de ce petit groupe (H. 24 cm - L. 78 cm - P. 19 cm) est Rencontre inattendue. Son estimation se situe dans une fourchette de 300 à 500 €.

Ary Bitter, Rencontre inattendue, groupe en terre cuite patinée, vers 1926


Cette sculpture a été éditée en bronze par la fonderie parisienne Les Neveux de J. Lehmann (ou L.N.J.L.) avec laquelle Ary Bitter signe un contrat en 1926 ; seize œuvres sont alors éditées par le bronzier. De fait, on la retrouve reproduite dans le catalogue de l’entreprise en 1927 (n°330).


Ary Bitter, Rencontre inattendue, groupe en bronze, 1926
Planche du catalogue du fonderie L.N.J.L.

dimanche 17 avril 2011

Monument des Mobiles (Jean Turcan sculpteur)

Je n’ai pas beaucoup de temps pour m’occuper de mon blog en ce moment. Je vous livre juste une découverte que j’ai faite récemment : je me suis rendu compte que le Monument des Mobiles des Bouches-du-Rhône était signé et daté (pour l’historique de l’œuvre, cf. notice du 29 février 2008). Comme quoi, on peut travailler depuis quinze ans sur certaines œuvres et se laisser encore surprendre !


Jean Turcan (1846-1895), Monument des Mobiles, pierre et bronze, 1893

Ensemble et signature

Angles des allées Gambetta et de La Canebière – 1er arrondissement

mercredi 6 avril 2011

Les sept péchés capitaux (Antoine Sartorio sculpteur)

Mémo, le magazine historique dérivé du mensuel Ça m’intéresse, consacrera cinq pages à Marseille dans son numéro de juin 2011. L’objectif est de mettre le projecteur sur huit lieux de la région, originaux et chargé d’histoire, commentés par des Marseillais. Une journaliste m’a donc contacté pour m’interviewer sur le décor de la prison des Baumettes. J’en profite donc pour revenir sur ce décor.

En 1930, Marseille compte trois établissements pénitentiaires en centre-ville : l’ancien couvent des Présentines, les prisons Chave et Saint-Pierre. Il est alors décidé de regrouper ces trois pénitenciers en un seul lieu, la prison de Baumettes. La construction, réalisée par l’architecte départemental Gaston Castel (1886-1971), s’échelonne de 1931 à 1940.

En 1930, Marseille compte trois établissements pénitentiaires en centre-ville : l’ancien couvent des Présentines, les prisons Chave et Saint-Pierre. Il est alors décidé de regrouper ces trois pénitenciers en un seul lieu, la prison de Baumettes. La construction, réalisée par l’architecte départemental Gaston Castel (1886-1971), s’échelonne de 1931 à 1940.

La Colère qui s’arme d’un couteau et projette le meurtre.


Antoine Sartorio, La Colère, haut-relief en pierre, 1938


La Paresse qui vie repliée sur elle-même.


Antoine Sartorio, La Paresse, haut-relief en pierre, 1938


L’Avarice qui, comme l’Harpagon de Molière, ne songe qu’à l’or de sa cassette.


Antoine Sartorio, L’Avarice, haut-relief en pierre, 1938


La Gourmandise qui est figurée par un ivrogne ; Monseigneur Delay, évêque de Marseille de 1937 à 1956, ironisera auprès de l’architecte sur la substitution de l’Alcoolisme à la Gourmandise : « Auriez-vous l’ambition de revoir la théologie catholique ? »


Antoine Sartorio, La Gourmandise, haut-relief en pierre, 1938

L’Orgueil qui se mire dans un miroir auprès d’un paon, symbole de la vanité.

Antoine Sartorio, L’Orgueil, haut-relief en pierre, 1938

L’Envie qui se ronge les ongles.

Antoine Sartorio, L’Envie, haut-relief en pierre, 1938


La Luxure qui cueille le fruit du péché, nouvelle Ève tentée par le serpent à ses pieds.



Antoine Sartorio, La Luxure, haut-relief en pierre, 1938

Mur d’enceinte de la prison des Baumettes

213, chemin de Morgiou – 9e arrondissement

mercredi 30 mars 2011

Importante vente d'oeuvres d'Élie-Jean Vézien

Le 9 avril prochain, l’hôtel des ventes Méditerranée (11/13 rue de Lorgues – 13008 Marseille) va disperser un ensemble important d’œuvres du sculpteur et médailleur marseillais Élie-Jean Vézien (1890-1982), grand prix de Rome de sculpture en 1921.

On y trouve des archives photos … des œuvres achevées

Élie-Jean Vézien, L’Éveil, 1924, plâtre doré, H 59 cm

Élie-Jean Vézien, Porteuse de fruits, plâtre teinté, H 74 cm

… des esquisses de sculptures

Élie-Jean Vézien, Cléopâtre et le serpent, 1948, terre cuite, L 17 cm

… des médailles et leurs moules


Élie-Jean Vézien, médaille officielle de la ville d’Arles à l’occasion de son bimillénaire,1954, bronze à patine noire, Ø 6,5 cm Élie-Jean Vézien, moule en plâtre pour une pièce de 10 francs (Travail, Famille, Patrie et profil du Maréchal Pétain au revers), 1941, Ø 10 cm

… des esquisses dessinées

Élie-Jean Vézien, Porteuse de fruits, 1940, sanguine, 38 x 24 cm


… des peintures

Élie-Jean Vézien, Le Mistral, 1950, huile sur panneau, 46 x 82 cm Palette de l'artiste


Voici une vente qu'il sera intéressant de suivre pour connaître la côte du sculpteur.