dimanche 6 février 2011

Monument Jean Bouin (Constant Roux sculpteur)

Voici la notice issue de mon prochain livre, Constant Roux (1865-1942) sculpteur à la force tranquille, consacrée au Monument Jean Bouin :


Jean Bouin au collège des athlètes
Carte postale

Athlète marseillais de petite taille (1,67 m pour 70 kg), Jean Bouin (1888-1914) remporte quatre titres consécutifs de champion de France de cross de 1909 à 1912 et gagne trois fois le Cross des Nations à Derby (de 1911 à 1913). Il améliore, en 1911, le record de France du 10 000 mètres avec un titre de champion de France à la clé et un record du monde, puis, l’année suivante, celui du 5 000 mètres avec un nouveau titre de champion de France. En 1912, il bat aussi le record du monde du 3 miles (4837 m), peu avant les Jeux Olympiques de Stockholm. L’épreuve du 5 000 mètres reste la grande course de cette olympiade : à 400 mètres de l'arrivée, Jean Bouin qui a mené toute la course accélère et tente de lâcher le Finlandais Hannes Kolehmainen, mais celui-ci le coiffe sur le fil pour 2/10 au terme d'un dernier virage d'anthologie. Un an plus tard, le 6 juillet 1913, il bat le record du monde de l'heure (19,219 Km) à Stockholm, face à trente autres concurrents dont Hannes Kolehmainen. Ce record augure d'un avenir radieux pour Jean Bouin, qui veut sa revanche sur le coureur finlandais lors des prochains Jeux Olympiques : il arrête de fumer et se livre à un entraînement intensif dans une nouvelle structure, le Collège d’Athlètes du Parc Pommery à Reims. Hélas, la Grande Guerre met un terme aux rêves de Jean Bouin. Il meurt au champ d'honneur le 29 septembre 1914 comme soldat du 163e régiment d'infanterie lors de l'attaque du Mont Sec, non loin de Saint-Mihiel, dans la Meuse.

Constant Roux, Monument Jean Bouin, statue bronze, 1922
Parvis du Stade Vélodrome, 8e arrondissement

La sculpture est commandée par le comité du Monument Jean Bouin en 1921 pour perpétuer le souvenir du champion mort sur le front. La mairie prend en charge les fondations du monument (600francs), le reste relevant du comité. L’œuvre est fondue à cire perdue par le bronzier Gatti. Finalement, le monument est inauguré le 5 juin 1922 au parc Borély. Sauvée en 1943 de la récupération des bronzes, l’œuvre est transférée après guerre dans la cour d’honneur du Stade Vélodrome.
Constant Roux qui connaissait la famille de Jean Bouin a certainement vu l’athlète courir. Il le représente dans l’action, la jambe droite portante et le bras gauche en avant. Il n’est vêtu que d’un slip évoquant la tenue d’entraînement du Collège d’Athlètes : la quasi-nudité était censée endurcir le corps dans la rigueur du climat rémois. Il tient dans chacune de ses mains serrées une poignée d’effort.

Constant Roux, Monument Jean Bouin, modèle plâtre, 1922
Réserves des musées de Marseille, 4e arrondissement

Quant au modèle en plâtre, il est offert au musée en 1924 par le comité du Monument Jean Bouin, alors présidé par le fondateur du Musée du Vieux-Marseille Marius Dubois, après avoir figuré au Salon des artistes français de 1922 (n°3681).

Constant Roux, Jean Bouin, réduction bronze (60 cm), 1922
Musée National du Sport, Paris

Enfin, la fonderie parisienne Susse frères édite en deux tailles (103 cm et 60 cm) des réductions du monument. Constant Roux en présente un exemplaire à l’Exposition coloniale de Marseille de 1922 (n°229), puis au Salon des artistes français de 1924 (n°3877).

Aucun commentaire: