dimanche 21 août 2011

Tombe de la famille Puppi (Antoine Sartorio sculpteur)

Antoine Sartorio, À nos enfants morts pour la France, bronze, 1926
Tombe de la famille Puppi, cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

La grande guerre est terrible pour la famille Puppi qui perd deux fils, Pierre et Félix, l’un dans les Vosges et l’autre à Verdun. Afin de commémorer leur souvenir, elle s’adresse au sculpteur Antoine Sartorio (1885-1988) pour orner leur tombe au cimetière Saint-Pierre de Marseille. En plus d’un bas-relief portraiturant les jeune gens, l’artiste imagine une allégorie : une Victoire ailée, drapée à l’antique, dépose une couronne de laurier sur des épées brisées monumentales évoquant les batailles fatales. Ce beau bronze fondu par le fondeur H. Rouard ou son modèle en plâtre – le matériau n’étant pas spécifié dans la notice du catalogue – figure au Salon des artistes français de 1926 sous l’intitulé Statue pour un monument à deux frères morts à la guerre (n°3691).

samedi 13 août 2011

Sirène (Berthe Girardet sculpteur ?)

Peu de sculptures art déco ont été érigées à Marseille. L’un des très rares exemples est une fontaine : une Sirène coiffée d’un coquillage tient de ses bras levés une coquille Saint-Jacques qu’un jet d’eau craché par un poisson anguilliforme vient éclabousser. Elle se trouve au parc d’enfants du parc Chanot. Ce site municipal est aménagé à partir de novembre 1936 par les architectes Joseph Lajarrige et Louis Poutu. Il s’agit d’un ensemble comprenant divers chalets et aires de jeu, mais aussi une rivière serpentine et un petit lac (aujourd’hui à sec) au milieu duquel trône ladite Sirène.


Berthe Girardet ?, Sirène, fontaine bronze, 1937-1938
Parc Chanot, 8e arrondissement

Ce parc d’enfants a fait l’objet d’un article dans La construction moderne (54e année, n°11 & 12, 1er & 8 janvier 1939). Toutefois, la revue omet de mentionner l’auteur de la sculpture. L’étude du bronze ne se révèle pas plus loquace : aucune inscription n’indique le nom du statuaire. Néanmoins, la tradition veut que l’œuvre ait été sculptée par Berthe Girardet (1861-1948). Cette hypothèse est loin d’être farfelue. D’abord, parce que Berthe Girardet n’est pas l’artiste marseillaise la plus connue ; si l’attribution avait été fantaisiste, elle se serait porté sur un sculpteur plus célèbre. Ensuite, parce que Berthe Girardet s’est déjà confronté au thème de la sirène : Les petites sirènes, vasque de jardin, plâtre (Salon des artistes français de 1914, n°3838).

Berthe Girardet, Les petites sirènes, vasque, modèle plâtre, 1914
Carte postale

Erratum du 22 novembre 2016 : Marie-Noëlle Perrin, des archives municipales de Marseille, m’a communiqué une photographie du fonds Georges Rouard, datée du 15 janvier 1926. Elle représente la Sirène du parc Chanot. L’œuvre est donc antérieure à l’aménagement du jardin d’enfants. Doit-on alors en conclure que le bassin a été aménagé pour l’exposition coloniale de 1922 ?

Georges Rouard, Marseille sous la neige – parc Chanot
Photographie, 15 janvier 1926
©Archives municipales de Marseille 38 Fi 433