dimanche 5 août 2012

Jeanne d’Arc sculptée à Marseille 7 et fin

Comme pour effacer ce passé douloureux, de nouvelles festivités grandioses sont organisées en mai 1945 pour célébrer la capitulation de l’Allemagne. La coïncidence de l’événement avec la fête de Jeanne d’Arc, pour les catholiques français et méridionaux, apparaît comme un signe divin. De fait, dans la foulée, en 1947, Louis Botinelly modèle une version en terre cuite de sa Jeanne d’Arc écoutant ses voix pour l’église Saint-Ferréol-les-Augustins, sur le Vieux-Port. Il s’agit-là de la dernière sculpture érigée en l’honneur de la sainte…

Louis Botinelly, Jeanne d’Arc écoutant ses voix
Statue en terre cuite, 1947
Église Saint-Ferréol-les-Augustins, quai des Belges
1er arrondissement

Quoiqu’il faille, en conclusion, évoquer un dernier monument possédant un lien indirect avec la Pucelle d’Orléans, comme un écho lointain. En août 1944 se déroulent les derniers combats pour la libération de Marseille. Les troupes allemandes se sont retranchées à Notre-Dame-de-la-Garde. Au matin du 25 août, les blindés alliés montent à l’assaut de la colline guidés par le char Jeanne d’Arc. Celui-ci débouche sur la montée de l’Oratoire lorsqu’une grenade incendiaire s’abat sur lui. Le char est projeté contre la résidence épiscopale. Deux des cinq occupants s’en extirpent ; les trois autres brûlent vifs à l’intérieur. Restauré dans la foulée, le char est laissé sur place comme monument commémoratif : l’inauguration solennelle se déroule le 25 août 1946, un an jour pour jour après les événements. Le Jeanne d’Arc rend ainsi un ultime hommage aux trois soldats morts brûlés pour libérer la France à l’instar de la jeune sainte et, plus largement, aux troupes de Libération de la cité phocéenne.

Marcel de Renzis, Le char Jeanne d’Arc frappé en plein cœur au moment de l’assaut de la colline, photographie, fin août 1944
Char Jeanne d’Arc
Place du Colonel Eydon – 7e arrondissement

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