dimanche 7 octobre 2012

Les fontaines du Second Empire et de la Troisième République 2

L’eau naturelle
Au milieu du XIXe siècle, toute l’Europe succombe à la mode des parcs à l’anglaise. Il s’agit alors d’imiter la nature dans sa conception irrégulière. Dans la capitale française, le paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873), jardinier en chef du Service des Promenades et Plantations de la Ville de Paris, impose un type de jardin caractérisé par des pelouses vallonnées ainsi que les formes sinueuses des allées, rivières et lacs artificiels. Dans ce contexte, la cascade de rocailles se substitue de façon pittoresque à la fontaine traditionnelle et devient une pièce maîtresse du décor.

Anonyme, La cascade (Jardin zoologique), estampe, vers 1852-1857
Archives municipales de Marseille, 79 Fi 9

Marseille ne découvre pas le jardin anglais à cette époque – la colline Bonaparte (auj. Puget) est en effet paysagée dès le Premier Empire – mais suit l’engouement général. La Ville crée d’abord, dans les années 1850, le jardin zoologique puis, en 1862-1864, le majestueux parc Borély. On trouve d’ailleurs pour ce dernier aménagement des maîtres d’œuvre du Paris haussmannien : l’ingénieur Jean-Charles Alphand (1817-1891) et Barillet-Deschamps. Ici, une grotte à la voûte constellée de stalactites, dissimulée par une chute d’eau, ajoute un élément de surprise à un motif désormais attendu. L’ensemble, réalisé par le rocailleur André Chaix, coûte la somme exorbitante de 50000 francs.

Jean-Pierre Barillet-Deschamps, Parc Borély, projet de cascade, plan, 1863
Archives municipales de Marseille 49 Fi 28

Adolphe Terris, Grand travaux, cascade du parc Borély, photographie, 1864
Archives départementales des Bouches-du-Rhône 13 Fi 12~1

Dans la foulée, de fortunés particuliers importent dans leurs bastides le goût en vogue. Le château du roi René aux Aygalades ou encore la villa André à La Rose se dotent à leur tour d’une cascade de rocailles. Il en va de même pour de vastes propriétés intra muros comme la villa La Lyria au Roucas Blanc. Quant au jardin de la Préfecture, malgré un espace restreint, il adopte un agencement à l’anglaise avec tous les éléments caractéristiques du genre… en miniature, et notamment une cascatelle.

Auguste Gassend, Jardin de la préfecture, profil en long suivant l’axe de la cascade et du lac (détail), 1865
Archives départementales des Bouches-du-Rhône 4 N 299

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