dimanche 16 décembre 2012

Les architectures de l’eau à Marseille du XVIIIe siècle à nos jours

Le 8 décembre dernier, l’exposition Les architectures de l’eau à Marseille du XVIIIe siècle à nos jours s’est achevée aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône. J’ai décidé , ce matin, de publier les photographies de Xavier de Jauréguiberry pour en garder une trace sur mon blog.
1- l’entrée

2- l’espace 1 : De l’ouvrage utilitaire à la fontaine d’agrément

3- l’espace 2 : Et l’eau vint à Marseille. Comment la montrer ?

4- le couloir sensoriel

5- l’espace 3 : Les fontaines du Second Empire et de la Troisième République

6- l’espace 4 : L’eau dans la ville du XXe siècle : le temps des métamorphoses

7- l’espace ludique

8- l’espace audio-visuel

9- la sortie et une des fontaines du boulevard Longchamp

lundi 3 décembre 2012

Les fontaines du Second Empire et de la Troisième République 6 (fin)

Suivant ce premier exemple, Henriette Albrand décide, en 1904, commémorer le souvenir de son père – l’armateur Joseph Étienne – par une fontaine. Elle s’adresse alors au sculpteur Auguste Carli (1868-1930) qui imagine le Triomphe d’Amphitrite. D’un projet en marbre et bronze, on évolue bientôt vers un groupe complètement en marbre de Carrare dans lequel la donatrice investit 50000 francs. Le monument est inauguré en 1906.

Fontaine Amphitrite, carte postale
Archives départementale des Bouches-du-Rhône, 6 Fi 5994

Mais, nul n’égale le marbrier Jules Cantini dans la démesure. L’industriel décide, en 1908, d’offrir une fontaine grandiose à la Ville de Marseille, en lieu et place de l’obélisque de Castellane (auj. au rond-point de Mazargues). La maquette et les modèles des statues sont réalisés dans l’atelier d’André Allar. Les plâtres partent ensuite pour Carrare afin d’y être reproduits en marbre par des praticiens italiens. Enfin, les différents éléments, transportés par bateau depuis l’Italie, sont assemblés sur le chantier, à Marseille. La fontaine, à l’iconographie foisonnante magnifiant le matériau qui fait la fortune de Cantini, est finalement consacrée le 12 novembre 1911.

Anonyme, Maquette de la fontaine Cantini dans l’atelier d’André Allar, photographie, vers 1909-1910, Archives Nationales, F/21/4360

Anonyme, Figure d’Amphitrite dans l’atelier d’André Allar, photographie, vers 1909-1910, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (Paris), PH 14367

Anonyme, La Fontaine Cantini en chantier, photographie,
1911, Musée d’Histoire de Marseille 2004.6.11.1

En conclusion, que son traitement soit naturel ou monumental, l’eau apparaît avant tout décorative sous le Second Empire et la Troisième République. La fonction utilitaire se révèle donc marginale… mais pas inexistante. Dans la foulée de Paris qui installe sa première Fontaine Wallace en août 1872, la cité phocéenne adopte ce mobilier qui met gratuitement eau potable et gobelets à la disposition des passants dès la fin des années 1870. Au demeurant, des distributeurs mobiles nommés « bock automatique » surgissent opportunément au tournant du XXe siècle pour désaltérer les promeneurs sur les sites les plus fréquentés.

Anonyme, Appareil placé à Marseille aux allées de Meilhan, photographie, s.d., Archives municipales de Marseille, 2 Fi 37