samedi 20 avril 2013

Colonnes et obélisques 2

Sous le Consulat, Charles Delacroix, 1er préfet des Bouches-du-Rhône de 1800 à 1803, conçoit un vaste programme de fontaines utilitaires, décoratives et commémoratives… qui ne sera que partiellement réalisé. Il reprend l’exemple des chanoines de Saint-Victor et remploie des colonnes antiques avec un double avantage : 1- l’érection se fait à moindre coût ; 2- elle se pare d’un caractère d’ancienneté.

A. Karl, Fontaine Fossati & Fontaine d’Homère, gravure, 1894
Archives départementales des Bouches-du-Rhône 2 Fi 177

Étienne Dantoine, Colonne d’Homère, 1802
Angle des rues Moustier et d’Aubagne, 1er arrontissement
© Xavier de Jauréguiberry

L’une des premières fontaines érigées en 1802 est consacrée à Homère. Ce choix n’est pas innocent : il évoque la haute antiquité de Marseille, comptoir phocéen fondé en –600, et la rattache aux mythes de l’Iliade et de l’Odyssée. Le buste du poète grec, sculpté par Étienne Dantoine (1737-1809), repose lui aussi sur une colonne de Saint-Victor. À la fin du XIXe siècle, le lavoir – source de troubles publics – est supprimé.

Amable Crapelet, Fontaine Puget, gravure parue dans L’Illustration

Étienne Dantoine & Jules Cantini, Colonne de Puget, 1802-1912
Angle des rues de la Palud et de Rome, 1er arrondissement
© Xavier de Jauréguiberry

La Fontaine Puget, également de Dantoine, associe de nouveau une colonne de Saint-Victor et un buste. Asséchée et dégradée au début du XXe siècle, le monument est remanié par Jules Cantini (1826-1916) en 1912 : suppression du bassin et nouvelle colonne taillée dans les ateliers italiens du marbrier.

Anonyme, Colline et colonne Bonaparte, gravure
Collection particulière

La Fontaine Bonaparte repose – elle – sur une colonne offerte par la ville d’Aix. À l’origine, elle se dressait sur le cours Bonaparte (auj. Puget) ; le monument, diminué de son bassin, est par la suite érigé au sommet de la colline Bonaparte (auj. Puget) dans l’axe du cours. Là, le buste de Bonaparte qui couronne la colonne alterne, en fonction des régimes politiques, avec un buste de Pierre Puget sculpté en 1816 par Jean-Joseph Foucou (1739-1821).

Victor Ricaud, Fontaine du Dévouement, aquarelle, 1802
Collection particulière

Colonne du Génie de l’Immortalité
Boulodrome du palais des Arts, 1er arrondissement
© Xavier de Jauréguiberry

La Fontaine du Dévouement, sculptée par Barthélemy Chardigny (1757-1813) en 1802, commémore les héros de la peste de 1720. Élevée sur la place Paradis (auj. Estrangin-Pastré), elle a été déménagée au XIXe siècle – sans son bassin – au jardin de la bibliothèque avec une copie du Génie de l’Immortalité à son sommet.
Ces fontaines, aujourd’hui asséchées, scande donc l’espace public et deviennent des repères urbains.

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