mercredi 1 mai 2013

Colonnes et obélisques 3

Projeté dès 1808, l’obélisque de la place Castellane est érigé en 1811 par l’architecte François Michaud – directeur des Travaux Publics de la Ville de 1808 à 1813 – et non par Michel-Robert Penchaud (1772-1833) comme le prétend la tradition. Ses dimensions, jusqu’alors inusitées pour une fontaine à Marseille, en font un monument exceptionnel à la hauteur de l’événement qu’il commémore : la naissance du roi de Rome, fils de Napoléon 1er et de l’impératrice Marie-Louise.

François Michaud, Projet d’obélisque pour la place Castellane, 1808
Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 1 Fi 192

La place Castellane, carte poste, avant 1910

Toutefois, près d’un siècle après son édification, il faillit disparaître, Jules Cantini (1826-1916) convoitant son emplacement pour l’érection sa propre fontaine. Sa destruction revenant plus cher que son transfert, on le déplace alors au rond-point de Mazargues, en 1909, à l’emplacement d’un bassin (avec colonne) conçu sous le 2nd Empire. Mais il y perd sa fonction de fontaine.

Colonne et bassin du rond-point de Mazargues, dessin
vers 1860-1865
Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 7 O 17-3

François Michaud, Obélisque
rond-point de Mazargues, 9e arrondissement
© Xavier de Jauréguiberry

Sous Louis XVI, le projet d’un arc de triomphe à Marseille avait germé sans aboutir. Il se concrétise finalement en 1823. Le chantier, mené par Michel-Robert Penchaud, débute en 1825 et s’achève en 1839… trois ans après celui de la place de l’Étoile à Paris. Plus encore qu’avec la colonne ou l’obélisque, il s’agit ici de recréer l’antiquité qui manque tant au paysage urbain de la plus vieille ville de France : l’arc s’inspire directement de celui de Titus, à Rome. L’iconographie des bas-reliefs évoque les grandes batailles menées sous la 1ère République et sous le 1er Empire. Le décor se complète par 8 allégories couronnant les colonnes corinthiennes de l’Arc et symbolisant les vertus militaires : Dévouement, Résignation, Valeur et Prudence au nord ; Force, Tempérance, Vigilance et Clémence au sud sculptées par Pierre-Jean David d’Angers (1788-1856) et Étienne-Jules Ramey (1796–1852).

L’Arc de triomphe de la place d’Aix, carte postale

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